Le maire de Béziers, Robert Ménard, s’est dit « sidéré » jeudi 14 mai 2026 par sa convocation au tribunal correctionnel, prévue le 30 septembre 2026. Selon Franceinfo - Politique, cette affaire remonte à 2023, lorsque l’élu avait refusé d’unir par les liens du mariage une ressortissante française à un citoyen algérien visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les futurs époux ont porté plainte contre lui, l’accusant d’avoir entravé l’exécution de la loi dans l’exercice de ses fonctions. Ménard encourt jusqu’à cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros, ainsi qu’une peine d’inéligibilité.
Ce qu'il faut retenir
- Robert Ménard, maire de Béziers, convoqué au tribunal correctionnel le 30 septembre 2026 pour avoir refusé de marier un couple en 2023.
- Le futur marié était sous OQTF, une obligation de quitter le territoire français délivrée par les autorités compétentes.
- Les plaignants l’accusent d’avoir fait obstacle à l’application de la loi dans l’exercice de ses fonctions de maire.
- Ménard risque jusqu’à cinq ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité.
- Il a été réélu maire de Béziers en 2026 avec plus de 65 % des voix, malgré cette affaire.
Un refus de mariage fondé sur la situation administrative du futur marié
Dans une interview accordée à Franceinfo, Robert Ménard a expliqué sa décision de 2023 en insistant sur le statut irrégulier du futur époux. « Je ne me prononce pas sur son histoire d’amour avec cette dame, ça ne me regarde pas », a-t-il déclaré. « Juste, il était en situation illégale, il faisait l’objet d’une OQTF. Il y a le mot ‘obligation’, ce n’est pas moi qui l’aie délivrée, ce sont les pouvoirs publics. » L’élu a rappelé que l’homme, condamné à huit mois de prison pour vol avec violence en réunion, n’était « pas un saint ». « Et c’est moi qui vais me retrouver devant le tribunal correctionnel, c’est incroyable », a-t-il ajouté, manifestement indigné.
Ménard a également souligné l’absurdité de sa situation actuelle, alors qu’il vient d’être réélu maire de Béziers avec un score confortable de plus de 65 % des suffrages. « De la prison, des amendes et surtout l’inéligibilité : je viens d’être réélu chez moi avec plus de 65 % des voix, allez essayer d’expliquer ça aux Biterrois », a-t-il déploré.
Une plainte pour entrave à l’exécution de la loi
Les deux futurs époux avaient déposé plainte contre Robert Ménard pour avoir, selon eux, pris des mesures visant à faire obstacle à l’application de la loi. Dans l’exercice de ses fonctions de maire, il aurait utilisé ses prérogatives pour empêcher le mariage, alors même que les autorités administratives avaient déjà statué sur la situation du futur marié. La plainte porte ainsi sur un possible détournement de pouvoir ou une obstruction à l’action publique.
Cette affaire soulève des questions sur les limites des prérogatives des maires en matière de célébration des mariages, notamment lorsque l’un des futurs époux est en situation irrégulière. En France, les maires disposent d’un pouvoir discrétionnaire pour refuser de célébrer un mariage, mais celui-ci est encadré par la loi et ne peut être exercé de manière discriminatoire ou arbitraire. Or, dans ce cas précis, le refus de Ménard semble directement lié à la décision administrative d’OQTF, ce qui pourrait être interprété comme une ingérence dans le processus judiciaire.
Des risques juridiques et politiques majeurs pour l’élu biterrois
Les conséquences judiciaires de cette convocation au tribunal correctionnel sont lourdes. Robert Ménard s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison ferme, une amende de 75 000 euros, ainsi qu’une éventuelle peine d’inéligibilité. Si cette dernière était prononcée, elle pourrait avoir un impact significatif sur sa carrière politique, alors même qu’il vient d’être reconduit dans ses fonctions avec un score historique.
Politiquement, cette affaire pourrait aussi alimenter le débat sur la gestion des flux migratoires et l’application des OQTF par les maires. Certains y verront une illustration de la fermeté nécessaire face à l’immigration irrégulière, tandis que d’autres critiqueront une instrumentalisation des prérogatives municipales à des fins politiques. Interrogé sur le sujet, Ménard a réaffirmé sa ligne : « Moi, je fais respecter la loi, et si la loi dit qu’il faut quitter le territoire, je ne vais pas marier un délinquant en situation irrégulière. »
Reste à voir si cette convocation au tribunal correctionnel marquera un tournant dans sa carrière ou, au contraire, renforcera sa posture de maire « anti-système ». Une chose est sûre : l’affaire dépasse le cadre local et interroge sur les frontières entre application de la loi et respect des droits individuels.
L’OQTF, ou obligation de quitter le territoire français, est une décision administrative prise par les autorités pour enjoindre à un étranger en situation irrégulière de quitter le territoire. Dans ce cas précis, elle a été délivrée à un citoyen algérien condamné pour vol avec violence en réunion. Cette mesure intervient généralement après une décision de refus de séjour ou après l’expiration d’un titre de séjour.