À l’occasion de la Journée mondiale des océans, célébrée chaque 8 juin, une coalition internationale de 29 chercheurs issus de 14 pays a rendu public la seconde édition du baromètre Starfish, un outil inédit d’évaluation de la santé des fonds marins. Selon France 24, ce rapport met en lumière une dégradation généralisée des indicateurs de santé océanique et souligne une intensification des pressions exercées par les activités humaines sur ces écosystèmes fragiles.

Parmi les principaux enseignements de cette étude, les scientifiques soulignent une baisse significative des indices de biodiversité dans plusieurs régions océaniques, ainsi qu’un accroissement des menaces liées à la pollution plastique, à la surpêche et au réchauffement climatique. L’édition 2026 du baromètre Starfish, présentée lors d’une conférence à Nice l’an dernier, confirme une tendance alarmante : les océans, essentiels à la régulation du climat, subissent des dégradations structurelles qui pourraient compromettre leur rôle écologique à long terme.

Ce qu'il faut retenir

  • Publication de la 2ᵉ édition du baromètre Starfish, un outil d’évaluation de la santé des fonds marins créé en 2025.
  • 29 chercheurs de 14 pays ont contribué à ce rapport, selon France 24.
  • La détérioration des indices de santé océanique est confirmée, avec une baisse de la biodiversité et une augmentation des pressions humaines.
  • Les chercheurs s’inquiètent des réductions des outils de surveillance océaniques par l’administration américaine, tant dans l’Atlantique que dans le Pacifique.

Les scientifiques pointent du doigt plusieurs facteurs aggravants. D’abord, la politique environnementale des États-Unis, qui a récemment décidé de restreindre les programmes de surveillance des océans, notamment en supprimant des bouées et des satellites dédiés à l’étude des courants marins et de la température des eaux. « Ces outils sont indispensables pour anticiper les événements climatiques extrêmes et protéger les écosystèmes marins », a rappelé le Dr Elena Vasquez, océanographe au Scripps Institution of Oceanography et co-autrice du rapport. « Leur suppression est une régression majeure dans la lutte contre le changement climatique. »

Par ailleurs, les auteurs du baromètre Starfish alertent sur l’augmentation de 30 % des zones marines surexploitées depuis 2020, principalement en raison de la pêche intensive et de l’expansion des activités industrielles côtières. Les récifs coralliens, véritables nurseries pour de nombreuses espèces, affichent un taux de blanchiment record, avec une mortalité de 45 % des coraux dans certaines zones de l’océan Indien et du Pacifique Sud.

Un outil conçu pour alerter, mais aussi pour agir

Créé lors de la conférence de Nice en 2025, le baromètre Starfish vise à fournir aux décideurs politiques et aux organisations internationales des données fiables et actualisées sur l’état des océans. Contrairement aux rapports génériques, cet outil se base sur des indicateurs précis : taux de plasticité dans les sédiments, acidification des eaux, densité des populations de poissons, ou encore couverture des herbiers marins.

« Notre objectif n’est pas seulement de constater la dégradation, mais d’identifier les leviers d’action », a expliqué le Pr Jean-Michel Cousteau, président de l’ONG Oceana et membre de l’équipe de recherche. « Avec ce baromètre, nous voulons que les gouvernements et les entreprises prennent des mesures concrètes avant qu’il ne soit trop tard. » Le rapport insiste notamment sur la nécessité de renforcer les zones marines protégées, qui ne couvrent actuellement que 8 % des océans, alors que les scientifiques recommandent un minimum de 30 %.

Les océans, un enjeu climatique et économique majeur

Les océans jouent un rôle clé dans la régulation du climat : ils absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur dû aux émissions de gaz à effet de serre et stockent près de 30 % du CO₂ émis par les activités humaines. Leur dégradation menace directement la sécurité alimentaire de millions de personnes, notamment dans les pays insulaires et les zones côtières densément peuplées.

Selon les dernières projections, si rien n’est fait, la production halieutique pourrait chuter de 20 % d’ici 2050, entraînant une crise alimentaire sans précédent. « Les océans ne sont pas une ressource inépuisable, a martelé le Dr Vasquez. Les choix que nous faisons aujourd’hui détermineront l’état des écosystèmes marins pour les siècles à venir. »

Et maintenant ?

La publication de ce baromètre intervient à quelques semaines de la COP27 sur les océans, prévue en octobre 2026 à Lisbonne. Les chercheurs appellent à une mobilisation internationale pour adopter un traité mondial de protection des océans, incluant des engagements concrets en matière de réduction des émissions de CO₂ et de lutte contre la pollution plastique. Reste à voir si les États membres, dont les États-Unis, prendront enfin des mesures à la hauteur des alertes scientifiques.

Pour les scientifiques, l’heure n’est plus aux constats, mais aux actions. « Nous avons les outils, les connaissances et les solutions, a conclu le Pr Cousteau. Ce qui manque, c’est la volonté politique. » La Journée mondiale des océans, ce 8 juin 2026, rappelle ainsi à la communauté internationale que le sort des océans n’est pas une question secondaire, mais un pilier de la survie de la planète.

Le baromètre Starfish est un outil d’évaluation de la santé des fonds marins créé en 2025 lors de la conférence de Nice. Il compile des indicateurs précis (biodiversité, pollution, acidification) pour mesurer l’état des océans et alerter sur les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes.