Une opération pour le moins originale a été menée ce lundi 8 juin 2026 par une équipe d’étudiants en ingénierie spatiale de l’Université de Technologie de Compiègne. Ces derniers ont envoyé un kebab dans la stratosphère, à environ 35 kilomètres d’altitude, dans le cadre d’un projet pédagogique visant à étudier les conditions de conservation des aliments dans l’espace. Selon Franceinfo - Sciences, cette initiative s’inscrit dans une série d’expériences destinées à préparer de futures missions habitées de longue durée.
Ce qu'il faut retenir
- Une équipe d’étudiants de l’Université de Technologie de Compiègne a envoyé un kebab à 35 km d’altitude.
- L’expérience visait à analyser la conservation des aliments dans des conditions extrêmes, proches de celles de l’espace.
- Le projet s’inscrit dans un cadre pédagogique et scientifique, soutenu par des enseignants-chercheurs en ingénierie spatiale.
- Le kebab a été transporté par une sonde équipée de capteurs de température, de pression et d’humidité.
- Les résultats pourraient avoir des applications pour les missions spatiales futures, notamment en vue de voyages vers Mars.
Une expérience mêlant gastronomie et science
Le projet, baptisé « Kebab Stratosphérique », a été imaginé par six étudiants en dernière année de master d’aérospatial. Leur objectif ? Tester la résistance d’un kebab classique – pain, viande, sauce et accompagnements – aux conditions extrêmes de la haute atmosphère. « On voulait voir si un aliment aussi fragile pouvait survivre à un voyage dans la stratosphère, où les températures chutent à -60°C et où la pression est quasi nulle », a expliqué l’un des porteurs du projet, Thomas Leroy, lors d’une conférence de presse organisée ce matin.
Pour mener à bien cette expérience, les étudiants ont conçu une sonde légère et résistante, équipée de multiples capteurs. Ces derniers ont enregistré en temps réel les variations de température, d’humidité et de pression, tout en filmant l’évolution du kebab à chaque étape de son ascension. « Côté pratique, le kebab a été choisi pour son côté emblématique de la culture française, mais aussi parce qu’il représente un défi : c’est un aliment qui se conserve mal sur Terre, autant dire que dans l’espace, c’est encore pire », a précisé M. Leroy.
Un vol de près de trois heures et des données exploitables
Le lancement a eu lieu à 10h15 ce matin depuis le plateau de Millevaches, en Corrèze, une zone choisie pour ses conditions météorologiques stables et son faible trafic aérien. La sonde, accrochée à un ballon-sonde rempli d’hélium, a mis près de deux heures pour atteindre son altitude maximale avant de redescendre, freinée par un parachute. « Le vol a duré environ 2h45, avec une phase d’ascension à 5 m/s et une descente à 4 m/s », a détaillé Thomas Leroy. « Pendant tout ce temps, nos capteurs ont fonctionné sans faille. »
Une fois récupéré par l’équipe, le kebab a été analysé en laboratoire. Selon les premiers constats, la viande et la sauce ont résisté de manière surprenante, bien que le pain se soit légèrement désagrégé sous l’effet du froid. « Les données sont encore en cours d’exploitation, mais on peut déjà dire que certaines parties du kebab ont conservé leur structure initiale », a souligné l’étudiant. Les résultats complets seront présentés lors d’un colloque prévu en septembre 2026 à l’université.
Cette opération, bien que ludique en apparence, s’inscrit dans une démarche scientifique sérieuse. Elle rappelle que l’innovation peut prendre des formes inattendues, même en partant d’une idée aussi simple qu’un kebab envoyé dans le ciel.
D’après les étudiants, le kebab a été choisi pour son caractère emblématique et sa fragilité relative. « C’est un aliment qui se conserve mal sur Terre, donc autant voir comment il réagit dans des conditions encore plus extrêmes », a expliqué Thomas Leroy. L’objectif était de tester la résistance d’un repas typiquement français, tout en rendant l’expérience accessible et médiatique.