Depuis le 31 mars 2026, le Sénégal applique une loi renforçant drastiquement les sanctions contre l’homosexualité, selon France 24. Les peines pour « actes contre nature » ont été doublées, passant de cinq à dix ans de prison ferme, assorties d’amendes pouvant atteindre 15 000 euros. La législation cible également la « promotion » ou le « financement » de l’homosexualité, passibles de trois à sept ans d’emprisonnement.
Ce qu'il faut retenir
- Peines alourdies : les « actes contre nature » sont désormais sanctionnés par cinq à dix ans de prison ferme et des amendes de 3 000 à 15 000 €.
- Cibles élargies : la loi punit aussi la « promotion » ou le « financement » de l’homosexualité, avec des peines de trois à sept ans d’emprisonnement.
- Date d’entrée en vigueur : ces mesures sont applicables depuis le 31 mars 2026.
- Contexte régional : cette réforme s’inscrit dans un durcissement des législations anti-LGBT+ en Afrique de l’Ouest.
Une législation parmi les plus répressives au monde
La nouvelle version du Code pénal sénégalais place le pays parmi les États les plus répressifs à l’égard des personnes LGBT+, selon les organisations de défense des droits humains. Les « actes contre nature » étaient déjà illégaux avant cette réforme, mais les peines étaient moins sévères. Désormais, la simple incitation ou aide financière à l’homosexualité devient un délit passible de plusieurs années de prison. « Ces mesures visent clairement à éradiquer toute visibilité LGBT+ dans l’espace public », a souligné un militant des droits humains sous couvert d’anonymat.
Des risques accrus pour les personnes LGBT+
Les associations locales craignent une augmentation des violences et des lynchages ciblant les personnes perçues comme homosexuelles. « Avant, les arrestations étaient rares, mais aujourd’hui, le moindre soupçon peut entraîner une condamnation », a expliqué une source au sein d’une ONG sénégalaise. Les militants redoutent aussi une chasse aux sorcières dans les milieux associatifs et artistiques, où la répression pourrait s’étendre aux alliés des communautés LGBT+.
Selon Human Rights Watch, au moins trois affaires ont déjà été recensées depuis l’entrée en vigueur de la loi, impliquant des personnes arrêtées lors de rassemblements ou sur la base de dénonciations anonymes. Les peines prononcées restent à confirmer, mais les avocats redoutent des condamnations systématiques en l’absence de preuves tangibles.
Un durcissement qui s’inscrit dans une tendance régionale
Le Sénégal n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à renforcer sa législation anti-LGBT+ ces dernières années. En Ouganda, une loi de 2023 prévoit la peine de mort pour « homosexualité aggravée ». Au Ghana, un texte similaire, adopté en 2024, criminalise l’identité de genre et impose des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour les personnes transgenres. « Ces réformes reflètent une montée des discours anti-LGBT+ dans la région, souvent instrumentalisés à des fins politiques », analyse une chercheuse spécialiste de l’Afrique subsaharienne.
Sur le terrain, les associations locales appellent à la prudence et conseillent aux personnes LGBT+ de limiter leurs déplacements et leurs interactions en ligne. « La peur est devenue un outil de contrôle social », confie un militant basé à Dakar. La communauté internationale, elle, reste divisée sur les moyens d’action à privilégier pour faire reculer cette répression.
Oui, la législation sénégalaise s’applique à toute personne présente sur le territoire, quel que soit son statut. Aucun accord d’extradition spécifique n’a été signalé à ce stade, mais les autorités pourraient invoquer cette loi en cas de besoin.