Sony a dévoilé le Xperia 1 VIII, un smartphone qui se distingue radicalement des tendances actuelles du marché. Selon Frandroid, ce modèle mise sur une approche technique volontairement décalée, en réintroduisant des fonctionnalités abandonnées par la plupart de ses concurrents. Une stratégie audacieuse, qui interroge sur l’avenir des standards industriels dans le secteur des téléphones haut de gamme.

Ce qu'il faut retenir

  • Un téléobjectif XXL de 60 mm, une rareté sur les smartphones modernes, fait son retour sur le Xperia 1 VIII
  • Sony opte pour un format 19,5:9, un ratio d’écran ultra-long souvent délaissé depuis plusieurs années
  • Le bloc photo est repensé avec un nouveau capteur principal, mais sans flou artistique sur les choix techniques
  • Le constructeur assume un positionnement « anti-iPhone », en s’écartant des conventions du marché
  • Les dimensions du téléphone (162 x 77 x 8,2 mm) et son poids de 185 grammes le classent parmi les modèles les plus encombrants du moment

Un retour en grâce du téléobjectif sur smartphone

Le Xperia 1 VIII se démarque d’abord par son téléobjectif de 60 mm, une focale rare sur les smartphones actuels. Alors que la plupart des constructeurs privilégient des capteurs grand-angle ou ultra-grand-angle pour couvrir un maximum de situations, Sony réintroduit un module dédié à la téléphotographie. Selon Frandroid, ce choix technique permet de capturer des sujets éloignés avec une netteté remarquable, une fonctionnalité que l’on retrouvait autrefois sur des modèles comme le Xperia 1 III ou certains appareils photo compacts. Autant dire que le constructeur prend le contre-pied des tendances actuelles.

Le capteur principal, d’une résolution de 48 mégapixels, est également repensé. Il s’accompagne d’un ultra-grand-angle de 12 mégapixels et d’un téléobjectif de 12 mégapixels, offrant une polyvalence accrue. Cette configuration rappelle les configurations « triple caméra » des années 2019-2020, avant que les fabricants ne se tournent vers des modules plus compacts et moins polyvalents. Le Xperia 1 VIII mise donc sur la diversification des usages photographiques, un pari risqué dans un marché où la simplicité prime souvent.

Un design et des dimensions qui bousculent les codes

Avec des dimensions de 162 x 77 x 8,2 mm et un poids de 185 grammes, le Xperia 1 VIII s’affiche comme un mastodonte dans l’univers des smartphones. Ce gabarit imposant s’explique en partie par l’écran OLED de 6,5 pouces au ratio 19,5:9, une caractéristique que Sony conserve depuis plusieurs générations. Ce format, inspiré des écrans « cinema » des années 2010, permet d’afficher des contenus vidéo dans leur intégralité sans bandes noires, mais il limite considérablement l’ergonomie d’utilisation au quotidien.

Le téléphone conserve également un design minimaliste, avec des bordures fines et une construction en verre et aluminium. Cependant, son épaisseur de 8,2 mm et son format allongé le rendent moins maniable que la majorité des concurrents actuels. Pour ses défenseurs, cette approche reflète une volonté de se différencier ; pour ses détracteurs, elle rappelle les smartphones des années 2017-2018, avant que les constructeurs ne privilégient la compacité. Bref, Sony assume ici un positionnement clairement niche, loin des standards industriels dominants.

Un positionnement « anti-iPhone » assumé

Le Xperia 1 VIII incarne une philosophie que Sony résume par une formule : « ignorer les codes actuels ». Selon Frandroid, le constructeur japonais mise sur une expérience utilisateur radicalement différente de celle proposée par Apple ou Samsung. Là où ces derniers misent sur des écosystèmes fermés et des interfaces simplifiées, Sony propose un téléphone ouvert, avec des fonctionnalités avancées comme la prise en charge du HDMI 2.1 ou un stockage extensible via microSD. Des atouts qui séduiront probablement les professionnels ou les passionnés de technologie.

Le système d’exploitation reste Android 15, mais Sony y intègre des outils logiciels dédiés à la photo et à la vidéo, comme l’application Cinema Pro pour un contrôle manuel des paramètres. Cette approche rappelle les ambitions historiques de Sony dans le domaine de l’audiovisuel, avant que le groupe ne recentre ses efforts sur le gaming avec sa gamme PlayStation. Aujourd’hui, le constructeur semble vouloir concilier deux univers : celui du smartphone grand public et celui des appareils dédiés aux créateurs de contenu.

Et maintenant ?

La question est désormais de savoir si le Xperia 1 VIII parviendra à séduire un public au-delà des early adopters et des fidèles de la marque. Les prochaines semaines seront déterminantes : les tests indépendants permettront de juger de la qualité réelle de l’appareil photo et de l’autonomie, souvent point faible des Xperia. Si Sony parvient à convaincre sur ces deux critères, il pourrait relancer une dynamique positive après des années de résultats en demi-teinte.

Le constructeur a annoncé une disponibilité prévue pour juin 2026, avec un prix de départ estimé à 1 299 euros. Une somme élevée, qui place le Xperia 1 VIII dans la catégorie des smartphones premium, aux côtés de l’iPhone 17 ou du Samsung Galaxy S26. Reste à voir si les consommateurs seront prêts à payer ce prix pour un téléphone qui bouscule les conventions.

Enfin, ce modèle pourrait servir de laboratoire technologique pour Sony, qui teste ici des fonctionnalités abandonnées depuis des années. Si le pari est réussi, le constructeur pourrait bien inspirer d’autres acteurs à réintroduire des technologies oubliées. Dans le cas contraire, le Xperia 1 VIII restera un objet de curiosité, symbole d’une époque où les smartphones cherchaient encore leur place entre téléphone et ordinateur.

Selon Frandroid, ce choix s’inscrit dans une stratégie de différenciation. Le constructeur mise sur la polyvalence photographique, en proposant un module dédié à la téléphotographie, une fonctionnalité de plus en plus rare sur les smartphones modernes. Ce positionnement vise à attirer les professionnels de l’image et les passionnés de photographie, pour qui la qualité optique prime sur la compacité.