Un an après une grave blessure et un mois après la disparition de son père, Magda Wiet-Hénin a réalisé un retour remarqué sur la scène internationale. Selon RMC Sport, la championne du monde 2023 en taekwondo a remporté la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 73 kg lors de l’Euro de Munich, disputé du 9 au 11 mai 2026. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle a concouru avec une fracture à la main et en hommage à son père, décédé moins d’un mois plus tôt.

Ce qu'il faut retenir

  • Magda Wiet-Hénin a remporté le bronze à l’Euro de taekwondo de Munich en catégorie moins de 73 kg, malgré une fracture à la main.
  • Cette compétition marquait son retour après une rupture des ligaments croisés survenue un an plus tôt et une première compétition officielle depuis.
  • Elle a dédié sa médaille à la mémoire de son père, décédé moins d’un mois avant l’événement.
  • Avec une mère championne pieds-poings, Magda Wiet-Hénin incarne une lignée de sportives de haut niveau.

Un retour sous le signe de la détermination

Magda Wiet-Hénin, originaire de Lorraine, a retrouvé les tatamis de l’Euro de Munich avec un objectif clair : prouver qu’elle pouvait retrouver son niveau après deux épreuves majeures. Selon ses déclarations rapportées par RMC Sport, sa première compétition officielle depuis plus d’un an « était un énorme challenge rempli ». La Française, sacrée championne du monde en 2023, a choisi de s’aligner dans une catégorie qui n’est pas la sienne, celle des moins de 73 kg, où les athlètes pèsent généralement 5 à 10 kg de plus qu’elle. « J’avais vraiment envie d’aller à la bagarre. J’ai aimé cette journée », a-t-elle confié après sa victoire en bronze.

Son retour s’inscrit dans un contexte difficile. En mai 2025, elle avait subi une rupture des ligaments croisés, une blessure souvent rédhibitoire dans un sport aussi exigeant que le taekwondo. À 30 ans, elle a dû adapter son entraînement et son style de combat pour compenser ces contraintes physiques. « Je n’avais pas peur. J’avais envie de tout donner, quitte à y laisser le corps s’il le fallait », a-t-elle expliqué, ajoutant : « Je me suis dit que j’étais la fille d’un guerrier ».

Une médaille dédiée à son père

Le décès de son père, survenu moins d’un mois avant l’Euro, a renforcé sa détermination. Magda Wiet-Hénin a puisé dans l’héritage familial pour surmonter cette épreuve. Sa mère, Valérie Hénin, est elle-même une ancienne championne de sports pieds-poings, une lignée qui semble se transmettre de génération en génération. « Ma mère est aussi une guerrière », a-t-elle souligné, précisant que sa famille a toujours cru en elle, malgré les doutes légitimes après une longue absence des compétitions.

Lors de la cérémonie de remise des médailles, elle a tenu à rendre hommage à son père, disparu le 14 avril 2026. « Peu importe ce qui se passait aujourd’hui, je voulais être championne d’Europe, mais je suis contente de cette médaille. Je ne pouvais pas faire plus », a-t-elle déclaré. Une performance qui dépasse le cadre sportif et s’inscrit dans une quête de résilience personnelle.

Un parcours marqué par la persévérance

Magda Wiet-Hénin a débuté sa carrière internationale en 2014 lors des championnats d’Europe en catégorie des moins de 62 kg. Près de dix ans plus tard, elle a su se réinventer, en s’entraînant notamment avec des partenaires masculins pour améliorer sa puissance et sa technique. « Mon implication, mon travail, mon envie d’innover, mes entraînements avec les garçons, ça paye », a-t-elle résumé. Cette victoire à Munich confirme que son parcours, jalonné de défis physiques et personnels, reste une source d’inspiration pour le taekwondo français.

Son staff médical et son kinésithérapeute ont joué un rôle clé dans ce retour. « Ils ont toujours cru en moi en me laissant aller à Munich », a-t-elle remercié. Une confiance qui a été récompensée par une médaille synonyme de renaissance sportive.

Et maintenant ?

Magda Wiet-Hénin n’a pas caché son ambition de poursuivre sa carrière, malgré les aléas physiques. « Je veux continuer à me battre », a-t-elle indiqué. Son prochain objectif pourrait être les championnats du monde 2026 ou les Jeux européens prévus en juin à Katowice, en Pologne. Reste à savoir si sa main fracturée, soignée en urgence avant la compétition, lui permettra de tenir la distance sur la durée. Une chose est sûre : son mental et son expérience pourraient faire d’elle une prétendante sérieuse pour les podiums à venir.

Le taekwondo français en pleine reconstruction

Ce résultat s’inscrit dans une dynamique plus large pour le taekwondo français, qui cherche à retrouver son éclat après plusieurs années de résultats en demi-teinte. Magda Wiet-Hénin, avec son palmarès et son charisme, incarne cette nouvelle génération déterminée à hisser le niveau de la discipline. Son parcours rappelle que le succès en sport de haut niveau ne se limite pas à la performance physique, mais inclut aussi la capacité à surmonter les épreuves personnelles.

Alors que les championnats d’Europe 2027 se profilent, la question se pose : cette médaille de bronze n’est-elle qu’un point de départ ou le signe d’un retour durable au plus haut niveau pour la Lorraine ? Une chose est certaine, son histoire résonne bien au-delà des tatamis.

Propos recueillis par Morgan Maury, selon RMC Sport.

Aucune date officielle n’a été communiquée pour l’instant, mais elle pourrait viser les championnats du monde 2026 ou les Jeux européens de juin à Katowice. Son staff et elle-même ont évoqué une volonté de poursuivre la saison en fonction de son état physique.

Elle a modifié ses appuis et ses enchaînements pour limiter l’impact sur sa main fracturée, en privilégiant des techniques de contre et de mobilité plutôt que des coups puissants. Son expérience et ses entraînements avec des partenaires masculins lui ont permis de compenser physiquement.