Depuis le début de l’année, plus de 500 suspensions de permis de conduire ont été enregistrées dans les départements appliquant une tolérance zéro pour l’usage du téléphone au volant. Selon Capital, cette mesure administrative, qui permet aux forces de l’ordre de retirer immédiatement le permis en cas d’infraction, s’étend progressivement à de nouveaux territoires.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 500 suspensions de permis prononcées depuis janvier 2026 dans les départements appliquant la mesure.
  • Huit départements concernés à ce jour : Landes, Pas-de-Calais, Lot-et-Garonne, Charente-Maritime, Ardèche, Vaucluse, Oise et Deux-Sèvres, ce dernier ayant basculé ce 15 juin.
  • La suspension administrative intervient dès la constatation de l’infraction, sans attendre une décision judiciaire.
  • Dans les Landes, près de 400 suspensions ont déjà été enregistrées depuis novembre 2025, date du lancement du dispositif.
  • Les autorités estiment que le téléphone au volant est impliqué dans près d’un accident sur dix en France.
  • Certains départements pionniers enregistrent une baisse de 10 à 25 % des infractions depuis l’application de la mesure.

Cette mesure, initialement testée dans cinq départements en mai 2026, gagne du terrain. Depuis ce lundi 15 juin, les Deux-Sèvres rejoignent la liste des territoires appliquant la suspension immédiate du permis pour usage du téléphone au volant. Un huitième département s’ajoute ainsi aux Landes, au Pas-de-Calais, au Lot-et-Garonne, à la Charente-Maritime, à l’Ardèche, au Vaucluse et à l’Oise.

Contrairement à d’autres départements où la mesure est entrée en vigueur sans transition, les autorités des Deux-Sèvres ont choisi une approche progressive. « Nous avons fait le choix de démarrer par une période de 15 jours de prévention », explique Tony Chesnier-Lloyd, directeur de cabinet du préfet, auprès de RMC et rapporté par Capital. Cette phase de sensibilisation vise à informer les automobilistes sur les risques encourus avant l’application stricte de la suspension administrative.

Pour les pouvoirs publics, l’objectif est double : pédagogique et répressif. « On se doute que la suspension d’un permis ce n’est pas neutre, notamment pour les gens qui travaillent », souligne Tony Chesnier-Lloyd. « L’objectif est de faire prendre conscience aux automobilistes que la route est un espace partagé et qu’il est impératif d’être concentré et de ne pas être distrait par le téléphone », ajoute-t-il.

« La route est un espace partagé. Il est impératif d’être concentré et de ne pas être distrait par le téléphone. »
Tony Chesnier-Lloyd, directeur de cabinet du préfet des Deux-Sèvres

Les chiffres recueillis dans les départements déjà concernés par la mesure illustrent son impact. Les Landes, pionnières depuis novembre 2025, concentrent à elles seules près de 400 suspensions. D’autres territoires enregistrent également des volumes significatifs : 21 suspensions dans le Pas-de-Calais, 38 dans le Lot-et-Garonne ou encore 55 en Charente-Maritime, toutes depuis le printemps 2026. Malgré les campagnes de prévention répétées, le téléphone reste un danger persistant au volant.

Selon les autorités, l’usage du téléphone en conduisant serait impliqué dans près d’un accident sur dix en France. Les conséquences de cette distraction sont bien documentées. Jean-Yves Lamant, président de la Ligue contre la violence routière, rappelle que le téléphone au volant multiplie par deux le temps de réaction, double les distances d’arrêt et réduit le champ de vision de 35 %, tout en diminuant l’attention de 30 %.

Cette généralisation des suspensions semble déjà porter ses fruits. Dans certains départements pionniers, les infractions auraient reculé de 10 à 25 % depuis la mise en place de la mesure. Une tendance encourageante, alors que la sécurité routière reste une priorité nationale. En 2025, les accidents de la route ont causé 3 260 morts en France, selon les dernières statistiques de la Sécurité routière.

Et maintenant ?

La mesure pourrait s’étendre à d’autres départements d’ici la fin de l’année, si les résultats observés se confirment. Pour l’heure, aucune liste officielle n’a été publiée par le ministère de l’Intérieur, mais plusieurs sources locales évoquent des discussions en cours dans des territoires comme la Gironde, l’Isère ou encore la Savoie. Une généralisation nationale n’est cependant pas envisagée à court terme, la suspension administrative restant un dispositif expérimental.

Les automobilistes sont donc invités à redoubler de vigilance. Depuis le 1er juillet 2024, l’usage du téléphone tenu en main est passible d’une amende de 135 euros et d’un retrait de 3 points sur le permis. Avec la suspension administrative, le coût de l’infraction prend une nouvelle dimension.

Face à cette montée en puissance des sanctions, les associations de sécurité routière appellent à une prise de conscience collective. « Le téléphone au volant tue », rappelle Jean-Yves Lamant. « Chaque année, des milliers d’accidents pourraient être évités si les conducteurs rangeaient leur smartphone », ajoute-t-il.

Pour rappel, les forces de l’ordre peuvent désormais, dans les départements concernés, procéder à une suspension immédiate du permis en cas d’infraction. Une procédure qui s’ajoute aux sanctions traditionnelles et qui vise à renforcer l’efficacité de la lutte contre l’usage du téléphone au volant.

À ce jour, huit départements appliquent cette mesure : les Landes, le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne, la Charente-Maritime, l’Ardèche, le Vaucluse, l’Oise et les Deux-Sèvres, qui ont rejoint la liste le 15 juin 2026.

Dès la constatation de l’infraction, les forces de l’ordre peuvent retirer immédiatement le permis. Le conducteur doit alors le remettre aux autorités et ne peut plus conduire jusqu’à la régularisation de sa situation, généralement après un délai de 7 à 15 jours.