Alors que les prix de l’essence restent élevés pour les automobilistes et que l’Europe suffoque sous une canicule précoce, TotalEnergies s’apprête à distribuer des milliards d’euros à ses actionnaires. Ce vendredi 29 mai 2026 à 14 heures, le géant pétrolier tient son assemblée générale annuelle à Paris. Le conseil d’administration y soumettra à vote une distribution exceptionnelle de dividendes, alors que la société civile, les ONG et certains élus réclament une taxe sur ces superprofits, rapporte Reporterre.

Ce qu'il faut retenir

  • TotalEnergies organise son assemblée générale ce 29 mai 2026 à 14h à Paris, où sera votée la distribution de milliards d’euros à ses actionnaires.
  • La flambée des cours du pétrole a permis au groupe de réaliser des superprofits ces dernières années, alimentant les tensions sur les prix à la pompe.
  • Des associations, élus et membres de la société civile plaident pour une taxation de ces profits exceptionnels, jugés indécents en période de crise énergétique.
  • La canicule qui touche une grande partie de l’Europe cet été ajoute une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages.

Un dividende record en pleine crise énergétique

Selon les documents préparatoires consultés par Reporterre, le conseil d’administration de TotalEnergies propose aux actionnaires une distribution exceptionnelle de dividendes. Cette manne financière intervient alors que les cours du pétrole ont fortement augmenté ces derniers mois, dopés par la reprise post-Covid et les tensions géopolitiques. Les marges du groupe ont atteint des niveaux records, tandis que les automobilistes subissent des prix à la pompe toujours élevés.

« TotalEnergies profite de la situation pour se remplir les poches, alors que les Français serrent la ceinture », dénonce un porte-parole d’une association de consommateurs cité par Reporterre. La colère monte chez les usagers, déjà frappés par l’inflation et une facture énergétique en hausse depuis plusieurs années.

Taxer les superprofits : une demande croissante

La question d’une taxation des superprofits des entreprises énergétiques s’invite de plus en plus dans le débat public. Plusieurs ONG, comme Les Amis de la Terre ou Greenpeace France, multiplient les appels en ce sens. « Il est inacceptable que TotalEnergies empoche des milliards tandis que les ménages peinent à payer leur essence », déclare une responsable de Greenpeace à Reporterre.

Du côté des élus, certains maires et députés demandent une intervention législative. « Nous allons déposer une proposition de loi pour taxer ces profits indécents », a annoncé un député écologiste à Reporterre. Une taxe de ce type existe déjà dans plusieurs pays européens, notamment en Espagne ou au Royaume-Uni, où elle a rapporté plusieurs centaines de millions d’euros.

Canicule et pouvoir d’achat : le contexte qui aggrave les tensions

La vague de chaleur qui frappe une grande partie de l’Europe depuis plusieurs jours ajoute une dimension supplémentaire à la crise. Les climatiseurs fonctionnent à plein régime, et la demande en électricité explose. TotalEnergies, comme les autres majors du secteur, en profite pour augmenter ses marges, alors que les prix de l’électricité et du gaz restent élevés.

« Avec la canicule, le débat sur la taxation des superprofits devient encore plus urgent », estime un économiste interrogé par Reporterre. « Les ménages les plus modestes sont les plus touchés, et une partie de ces profits pourrait être réinvestie dans la transition énergétique », ajoute-t-il. Le groupe TotalEnergies, lui, défend sa politique de dividendes, soulignant que ses actionnaires sont aussi des particuliers et des fonds de pension.

Et maintenant ?

L’assemblée générale de ce 29 mai 2026 sera suivie de près par les observateurs. Si la distribution des dividendes est quasi certaine, en revanche, l’adoption d’une taxe sur les superprofits dépendra des décisions politiques à venir. Plusieurs propositions de loi pourraient être examinées à l’Assemblée nationale d’ici la fin de l’année, notamment si la pression médiatique et citoyenne se maintient.

La question dépasse le cadre français : l’Union européenne travaille actuellement sur un mécanisme de taxation des superprofits des entreprises énergétiques, une piste qui pourrait aboutir d’ici 2027. Pour TotalEnergies, l’enjeu sera de concilier rentabilité pour ses actionnaires et acceptabilité sociale dans un contexte de crise climatique et sociale.

Non, la France n’a pas encore instauré de taxe spécifique sur les superprofits des entreprises énergétiques. Plusieurs députés ont déposé des propositions en ce sens, mais aucune n’a encore abouti. Une taxe de ce type existe en revanche au Royaume-Uni et en Espagne, où elle a rapporté plusieurs centaines de millions d’euros à l’État.

Le montant exact des dividendes n’a pas encore été rendu public par TotalEnergies. Les documents préparatoires évoquent une distribution « exceptionnelle » de plusieurs milliards d’euros, mais le chiffre précis sera connu lors de l’assemblée générale de ce 29 mai 2026.