Selon Courrier International, l’idée de faire le tour du monde se heurte souvent à deux préjugés tenaces : attendre d’avoir assez d’argent, ou au contraire, considérer qu’il est trop tard pour se lancer. Pourtant, plusieurs témoignages récents, notamment issus de la presse allemande et américaine, montrent que ce projet est réalisable à tout âge et avec des moyens variés, à condition d’y mettre de l’organisation.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux Allemands de 24 ans génèrent plus de 100 000 euros de revenus annuels grâce à leur voyage en van, en publiant des récits en ligne.
  • Deux octogénaires, Sandra Hazelip et Eleanor Hamby, voyagent depuis trois ans en préparant leurs itinéraires avec soin, prouvant que l’âge n’est pas un frein.
  • Un burn-out menace les voyageurs trop ambitieux : Kelly Benthall, une quinquagénaire américaine, a dû ralentir pour profiter pleinement de son expérience.
  • Les voyageurs soulignent l’importance de bien préparer son budget et de s’adapter aux cultures locales pour éviter les mauvaises surprises.

Un projet rentable… à condition de travailler

Pour Jason et Alida Heibel, un couple allemand de 24 ans, faire le tour du monde est devenu une véritable entreprise. À bord d’un minivan de seulement 5 m², ils parcourent la planète tout en générant des revenus supérieurs à ceux de nombreux employés sédentaires. Selon un article du Die Zeit, leur budget annuel dépasse les 100 000 euros pour deux, grâce à la publication de récits en ligne et à des collaborations avec des entreprises.

Mais cette réussite a un prix : leur rythme de travail est intense. « Le cliché selon lequel nous sommes en vacances toute l’année est faux », explique Alida Heibel. « Nous passons plus de temps à travailler qu’à la plage. » Elle gère Instagram, les partenariats et les relations avec les marques, tandis que son mari s’occupe de YouTube, de la comptabilité et des impôts. Tous deux travaillent soixante heures par semaine, réparties entre tâches administratives et création de contenu.

L’âge n’est pas un obstacle, mais la préparation est essentielle

Sandra Hazelip et Eleanor Hamby, deux amies octogénaires, ont prouvé que l’âge n’était pas un frein à l’aventure. Veuves et âgées de plus de 80 ans, elles se sont lancées en 2023 dans un tour du monde inspiré de Jules Verne, qu’elles ont raconté sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, à quelques semaines de leurs 85 ans, elles continuent leur périple.

Leur secret ? Une préparation rigoureuse, tant sur le plan financier que culturel. « On dit toujours : on ne fait pas un voyage, on vit une aventure », résume Sandra Hazelip. « On ne veut pas aller à la plage, c’est ennuyeux », ajoute Eleanor Hamby avec malice. Leur âge avancé leur vaut même une attention particulière de la part des locaux : « On est toujours les plus âgées, que ce soit lors d’une descente de l’Amazone ou d’une balade à dos de chameau. Les gens font particulièrement attention à nous », explique-t-elle.

En septembre 2025, elles ont publié un livre intitulé Here We Go – Lessons for Living Fearlessly from Two Traveling Nanas (« C’est parti – Leçons pour une vie sans peur de deux mamies voyageuses »), où elles partagent leurs conseils pour voyager sereinement à tout âge.

Le burn-out guette les voyageurs trop ambitieux

Si les récits de voyage inspirent souvent l’enthousiasme, l’expérience peut aussi tourner au cauchemar. Kelly Benthall, une Américaine quinquagénaire, en a fait les frais. Après un an de voyage à travers le monde avec son mari, elle a réalisé que quelque chose n’allait pas. « Chaque jour impliquait des dizaines de petits choix : itinéraires, météo, distances, moment où un court séjour devenait trop long », confie-t-elle au Business Insider.

Elle avoue avoir ressenti une pression constante pour optimiser chaque moment, au point que même le repos devait être « justifié ». Ce n’est qu’en ralentissant et en acceptant de ne pas tout contrôler qu’elle a pu retrouver du plaisir à voyager. « Ne pas accumuler des listes de choses à faire absolument m’a permis de profiter à nouveau de ces voyages si longtemps attendus », souligne-t-elle.

Des conseils pratiques pour réussir son tour du monde

Quelle que soit la situation, plusieurs enseignements émergent de ces témoignages. D’abord, il est possible de financer son voyage grâce à des contenus en ligne, comme le montrent les Heibel. Mais cela demande une organisation rigoureuse et un investissement en temps important. Ensuite, l’âge n’est pas un critère de sélection : Sandra Hazelip et Eleanor Hamby prouvent qu’il suffit de bien préparer son itinéraire et de s’intéresser aux cultures locales.

Enfin, Kelly Benthall rappelle un point crucial : « Un voyage ne doit pas devenir une source de stress. » Elle conseille de laisser une place à l’imprévu et de ne pas chercher à tout optimiser. Les voyageurs doivent aussi anticiper les dépenses imprévues, comme les visas ou les frais médicaux, et prévoir un fonds d’urgence.

Et maintenant ?

Avec l’essor des réseaux sociaux et du télétravail, le tour du monde pourrait devenir une tendance plus accessible dans les années à venir. Des plateformes comme Workaway ou Trustroots facilitent déjà les échanges de services contre l’hébergement, tandis que des applications comme Nomad List aident à trouver des destinations abordables. Reste à voir si cette pratique se démocratise ou si elle reste réservée à une minorité motivée par des revenus alternatifs.

Un point semble certain : l’important n’est pas la durée du voyage, mais la manière dont on le prépare. Que l’on ait 20, 50 ou 80 ans, le monde reste à portée de main – à condition d’accepter de sortir de sa zone de confort.

Non. Comme le montrent Jason et Alida Heibel, il est possible de financer son voyage grâce à des revenus générés en ligne, comme des blogs ou des vidéos. Mais cela demande un travail intensif avant et pendant le voyage. D’autres options existent, comme le woofing, le travail saisonnier ou les échanges de services contre l’hébergement.

Il n’existe pas de statistique officielle, mais les exemples récents montrent une grande diversité : des jeunes de 20 ans comme les Heibel, des quinquagénaires comme Kelly Benthall, et des octogénaires comme Sandra Hazelip et Eleanor Hamby. L’important n’est pas l’âge, mais la préparation et l’adaptation au voyage.