Le réseau Selectour, qui fédère 1 000 agences de voyages en France, enregistre un recul marqué des réservations pour la période estivale. Selon BFM Business, les prises de commandes entre mars et mai 2026 ont reculé de 24 %, effaçant ainsi les gains enregistrés depuis le début de l’année. Cette baisse reflète un climat d’incertitude persistante parmi les consommateurs, exacerbé par un contexte géopolitique tendu.

Ce qu'il faut retenir

  • Une chute de 24 % des réservations chez Selectour entre mars et mai 2026, selon BFM Business.
  • Les Français reportent leurs choix de destinations en raison de tensions géopolitiques et sanitaires.
  • Seuls 68 % des Français prévoient de partir au moins une semaine cet été, soit 9 points de moins qu’en 2025.
  • 71 % des vacanciers privilégient la France comme destination, contre 23 % pour l’Europe et 9 % pour les destinations lointaines.
  • Les professionnels du secteur évoquent une « crise psychologique » plutôt qu’une baisse du pouvoir d’achat.

Un climat d’incertitude qui pèse sur les réservations

Le président du directoire de Selectour, Laurent Abitbol, qualifie la situation de « grave ». Interrogé par L’Écho Touristique et rapporté par BFM Business, il souligne que « plus le temps passe, plus l’activité baisse ». « Que devons-nous faire ? Le dos rond et se battre pour chaque client », déclare-t-il. Selon lui, cette frilosité des consommateurs ne s’explique pas par des contraintes financières, mais par un contexte anxiogène. « Notre ennemi, ce sont les chaînes d’informations en continu », ajoute-t-il, évoquant l’impact des conflits au Moyen-Orient et la résurgence de l’hantavirus.

Ce phénomène d’attentisme n’épargne pas les compagnies aériennes. Pascal de Izaguirre, président de la Fnam (Fédération nationale de l’aviation marchande) et patron de Corsair, confirme un « report » vers des destinations perçues comme sûres, sans pour autant constater une baisse globale de la demande. « Nous sommes quand même assez confiants », assure-t-il, évoquant une « dynamique robuste » pour l’été 2026.

Des destinations sécurisées privilégiées par les vacanciers

Selon une étude de l’Alliance France Tourisme, 68 % des Français prévoient de partir au moins une semaine cet été, contre 77 % en 2025. Parmi eux, seulement 37 % se déclarent « certains » de partir, contre 50 % l’an dernier. Cette montée de l’incertitude se traduit par un repli vers des destinations jugées accessibles et sûres. Ainsi, 71 % des vacanciers optent pour la France (+3 points par rapport à 2025), 23 % pour l’Europe, et seulement 9 % pour des destinations lointaines.

Pascal de Izaguirre précise que les Français devraient « se détourner de certaines zones géographiques » en raison de tensions persistantes. Il anticipe un report vers des pays comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, où les prix restent compétitifs. « Vous avez des zones où les prix ont pas mal augmenté, donc vous aurez un report sur l’Hexagone, un report sur les grandes destinations touristiques », explique-t-il.

Une crise psychologique plutôt que financière

Laurent Abitbol insiste sur le caractère psychologique de cette crise. « Ce n’est pas une question de prix, nos clients ne sont pas touchés par la baisse du pouvoir d’achat », rappelle-t-il. Pour lui, la résolution des tensions géopolitiques, notamment au niveau du détroit d’Ormuz, pourrait relancer l’activité. « Le jour où le détroit d’Ormuz sera libéré, même si la guerre continue, l’activité va repartir », estime-t-il.

Cette analyse est partagée par une partie du secteur, qui mise sur une reprise dès que les incertitudes seront levées. En attendant, les professionnels adaptent leurs stratégies commerciales pour capter une clientèle de plus en plus prudente.

Et maintenant ?

Si le secteur mise sur une amélioration d’ici l’été, tout dépendra de l’évolution des tensions internationales. Les professionnels appellent à une levée des incertitudes géopolitiques pour relancer la demande. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel sur la saison touristique.

Reste à voir si les Français parviendront à surmonter leur inquiétude d’ici le début des vacances. Pour l’heure, le secteur reste en alerte, prêt à ajuster ses offres en fonction des annonces et de la conjoncture.

Selon BFM Business, les consommateurs sont freinés par un contexte géopolitique tendu, notamment au Moyen-Orient et en raison de la résurgence de l’hantavirus. Cette incertitude se traduit par un attentisme marqué, bien que le pouvoir d’achat ne soit pas directement impacté.