Selon Top Santé, un simple fruit comme le kiwi pourrait devenir un allié inattendu pour les personnes en quête d’un sommeil plus réparateur. Un cardiologue espagnol, le Dr. Miquel Ángel Martínez-González, avance en effet qu’une consommation régulière de kiwi le soir permettrait non seulement de réduire le temps d’endormissement, mais aussi d’améliorer la qualité globale du sommeil. Une affirmation qui, bien que séduisante, suscite des réactions contrastées parmi les experts en santé et en nutrition.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cardiologue espagnol Dr. Miquel Ángel Martínez-González affirme qu’un kiwi consommé le soir réduit le temps d’endormissement.
  • Cette pratique améliorerait également la qualité et la durée du sommeil, selon ses observations.
  • Plusieurs études cliniques ont été citées pour étayer ces conclusions, bien que certains experts restent prudents.
  • Les mécanismes évoqués incluent la présence de sérotonine et d’antioxydants dans le fruit.
  • Les limites de cette méthode sont reconnues, notamment son efficacité variable selon les individus.

Une recommandation issue de recherches scientifiques

Le Dr. Martínez-González, professeur à l’université de Navarre en Espagne, s’appuie sur des travaux cliniques pour étayer ses propos. Selon lui, la consommation d’un ou deux kiwis environ une heure avant le coucher permettrait de raccourcir significativement la durée nécessaire pour s’endormir. « Les résultats montrent une réduction moyenne de 35 à 40 % du temps d’endormissement chez les participants », a-t-il déclaré. Ces observations s’inscrivent dans le cadre d’une étude publiée dans la revue Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition, qui met en lumière les propriétés nutritionnelles du fruit.

Côté mécanismes, le cardiologue évoque notamment la présence de sérotonine, un précurseur de la mélatonine, l’hormone régulatrice du sommeil. Le kiwi contient également des antioxydants et des vitamines C et E, dont les effets bénéfiques sur la santé globale sont reconnus. « Ces composés pourraient favoriser une meilleure récupération nocturne », a-t-il ajouté. Pourtant, malgré ces pistes prometteuses, certains chercheurs appellent à la prudence.

Des avis partagés parmi les experts

Si l’hypothèse du Dr. Martínez-González séduit par son accessibilité, elle divise les spécialistes du sommeil. Certains nutritionnistes saluent une approche naturelle et sans risque, à condition de ne pas négliger les autres facteurs influençant le sommeil, comme l’hygiène de vie ou l’environnement. « Le kiwi est un aliment sain, mais il ne saurait résoudre à lui seul des troubles du sommeil chroniques », tempère le Dr. Sylvie Royant-Parola, psychiatre et spécialiste du sommeil. D’autres, comme le Pr. Joëlle Adrien, neurobiologiste et présidente de l’Institut National du Sommeil, soulignent l’absence de preuves définitives : « Les études disponibles restent limitées en nombre et en portée. »

Les sceptiques pointent également le risque de généralisation abusive. Un fruit ne peut remplacer une approche globale, surtout en cas de pathologies sous-jacentes comme l’apnée du sommeil ou l’insomnie sévère. « On ne peut pas réduire le sommeil à une simple question d’alimentation », rappelle la Pr. Adrien. Malgré ces réserves, l’idée continue de faire son chemin dans le grand public, portée par des témoignages et des articles grand public.

Les limites et précautions à considérer

Si l’expérience mérite d’être tentée, plusieurs nuances s’imposent. D’abord, les bénéfices observés dans les études ne concernent pas tous les profils. Les personnes sensibles aux fibres ou souffrant de troubles digestifs pourraient, au contraire, voir leur sommeil perturbé par une consommation tardive de kiwi. Ensuite, l’effet placebo ne doit pas être sous-estimé : « Le fait de croire en l’efficacité d’un remède peut parfois suffire à améliorer la perception du sommeil », explique le Dr. Royant-Parola.

Autre point important : le contexte. Un fruit seul ne compensera pas des habitudes néfastes, comme l’exposition aux écrans avant le coucher ou un rythme de vie irrégulier. Enfin, la qualité des kiwis consommés joue un rôle. Privilégier des fruits bio et mûrs semble essentiel pour maximiser les apports en nutriments. « Autant dire que cette méthode doit s’inscrire dans une démarche plus large de bien-être », résume la spécialiste.

Et maintenant ?

Pour l’heure, les recherches sur le lien entre kiwi et sommeil se poursuivent. Une nouvelle étude, prévue pour 2027, pourrait apporter des éclairages supplémentaires sur les mécanismes en jeu. En attendant, les autorités sanitaires recommandent de tester cette astuce avec modération, sans attendre de miracle. Pour les plus sceptiques, il reste toujours la possibilité de consulter un professionnel de santé en cas de troubles persistants.

Quoi qu’il en soit, cette recommandation rappelle une évidence souvent oubliée : le sommeil est un pilier de la santé, et les solutions pour l’améliorer passent autant par l’assiette que par le mode de vie.