Depuis l'été 2025, le Zalaegerszeg TE FC, modeste club hongrois, attire les projecteurs grâce à une gestion atypique portée par deux Argentins, Andrés Jornet et son ami Damian Pedrosa. Leur ambition ? Faire de cette équipe un tremplin pour de jeunes talents sud-américains, tout en révolutionnant les méthodes de recrutement et de développement des joueurs en Hongrie. Une stratégie qui porte déjà ses fruits cette saison, où le club se positionne comme prétendant aux compétitions européennes, selon RMC Sport.

Rachat du club, recrutement ciblé, adaptation culturelle et communication proactive : l’expérience menée par le duo argentin marque une rupture avec les standards locaux. Pourtant, le projet, aussi ambitieux soit-il, n’a pas toujours fait l’unanimité. Retour sur une aventure footballistique qui dépasse les frontières européennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Andrés Jornet et Damian Pedrosa, amis depuis 2014, ont racheté le Zalaegerszeg TE FC à l’été 2025, un club hongrois jusqu’alors peu connu du grand public.
  • Leur objectif : attirer de jeunes talents sud-américains et en faire des joueurs de football professionnels, une approche inédite en Hongrie.
  • Malgré un début de saison difficile (trois défaites et quatre matchs nuls), l’équipe s’est progressivement imposée comme un prétendant aux compétitions européennes.
  • Jornet, ancien scout en Amérique du Sud, en Europe et aux États-Unis, mise sur le scouting pour compenser un budget limité et offrir un encadrement personnalisé aux joueurs recrutés.
  • Le projet vise à créer un environnement familial et structuré, incluant hébergement, nutrition et apprentissage de l’anglais, pour faciliter l’intégration des jeunes joueurs.

Un pari audacieux : deux Argentins en Hongrie pour révolutionner le football local

En 2024, Andrés Jornet et Damian Pedrosa, deux passionnés de football ayant partagé une décennie de collaborations dans le scouting, décident de se lancer dans une aventure entrepreneuriale commune. Leur choix s’arrête sur la Hongrie, un pays qu’ils connaissent déjà pour ses infrastructures de qualité et son cadre de travail attractif. « On avait cette idée en commun de mener notre propre projet depuis plusieurs années », explique Jornet à RMC Sport. Après avoir étudié des options en Amérique du Sud, en Italie ou au Portugal, c’est finalement en Hongrie que le duo voit une opportunité idéale, notamment grâce à un contact établi avec l’ancien propriétaire du club lors d’un déplacement au Mexique.

Le rachat finalisé à l’été 2025 marque le début d’une nouvelle ère pour le Zalaegerszeg TE FC. Contrairement aux modèles traditionnels hongrois, Jornet et Pedrosa souhaitent instaurer une approche différenciée, inspirée des pratiques observées au Portugal ou en Belgique. « On ne dit pas que ça va être mieux ou moins bien, mais juste différent », précise l’Argentin. Leur ambition ? Construire quelque chose d’unique dans le pays, en misant sur l’innovation et une vision à long terme.

Un modèle centré sur les jeunes talents sud-américains, une première en Hongrie

Le cœur du projet repose sur le recrutement de très jeunes joueurs, majoritairement issus d’Amérique du Sud, un marché que les deux dirigeants maîtrisent parfaitement. « On veut être un club qui aide les joueurs à se développer, qui leur permet de se faire connaître et de montrer leur potentiel », souligne Jornet. L’idée est de proposer à ces talents une première expérience européenne, dans un environnement sécurisé et encadré. « C’est une bonne manière, pour ces joueurs, de faire un premier pas en Europe, pour s’adapter, comprendre une culture et une langue différentes. »

Le duo mise sur un encadrement complet pour faciliter cette transition. Au-delà des aspects footballistiques, le club s’engage à prendre en charge le logement, la nutrition et l’apprentissage de l’anglais des jeunes recrues. « Ils sentent l’approche personnelle que l’on a avec eux et qu’ils peuvent trouver un environnement familial ici, ce qui peut être une bonne première expérience en dehors de leur pays », ajoute Jornet. Une méthode qui se veut à l’opposé des pratiques souvent critiquées dans le milieu, où les joueurs étrangers sont parfois laissés à eux-mêmes une fois sur place.

Une intégration progressive, entre curiosité et scepticisme

L’arrivée des deux Argentins n’a pas manqué de susciter des réactions contrastées au sein de la communauté footballistique hongroise. Si certains observateurs ont salué le vent de fraîcheur apporté par ce projet, d’autres sont restés sceptiques, voire critiques, en raison des difficultés initiales rencontrées par l’équipe. « Dans les pronostics de la saison, on était l’une des équipes les plus susceptibles à être reléguées », rappelle Jornet. Après un départ difficile (trois défaites et quatre matchs nuls), les doutes se sont multipliés, avant que les résultats ne s’améliorent progressivement. « Certaines personnes étaient contentes d’avoir un vent de fraîcheur et de renouveau au sein de la Ligue », confie-t-il. « Voir différentes manières de faire les choses est toujours bien. Il n’y a pas qu’une seule formule pour gagner. »

Malgré les critiques, le duo a su gagner en crédibilité au fil de la saison. Leur capacité à communiquer et à rendre visible leur projet a joué un rôle clé dans cette évolution. « On essaie d’être proactifs, de communiquer sur notre projet mais aussi nos joueurs », explique Jornet. Leur méthode repose sur une présence accrue lors des compétitions et des événements, ainsi que sur le développement de réseaux de contacts solides, aussi bien avec les clubs qu’avec les agents de joueurs. « Je suis convaincu qu’avoir des relations humaines aide beaucoup pour rendre le projet plus puissant. »

Un club en pleine ascension, mais des ambitions inchangées

Contre toute attente, le Zalaegerszeg TE FC s’est imposé cette saison comme l’une des surprises du championnat hongrois. Longtemps considéré comme un candidat à la relégation, le club se retrouve désormais en position de prétendant aux compétitions européennes. Pourtant, malgré ce succès inattendu, Jornet et Pedrosa refusent de modifier leur stratégie. « Quoique qu’il se passe, on restera sur la même longueur d’onde en termes de stratégie et d’ambitions », assure Jornet. « On ne veut pas changer notre projet et notre manière de faire les choses juste à cause de nos résultats. »

Pour les deux dirigeants, il s’agit avant tout d’un projet de vie, visant à laisser une empreinte durable dans la ville, la communauté et, pourquoi pas, dans tout le pays. « On prend étape après étape. On souhaite faire des avancées solides et le reste viendra », explique-t-il. « En foot, tu ne peux pas planifier comment devenir champions. Tu peux faire en sorte d’être un club organisé, avec de la cohérence, et ensuite, les résultats viendront tout seuls, je pense. » Une philosophie qui reflète leur vision à long terme, loin des promesses de succès immédiats souvent entendues dans le milieu.

L’expérience du scouting, un atout majeur pour le projet

La carrière d’Andrés Jornet dans le scouting, qui l’a mené du Mexique à l’Argentine, en passant par les États-Unis et la Croatie, constitue un socle essentiel pour le projet hongrois. « J’ai commencé au Mexique, à Pachuca, puis je suis retourné en Argentine à Talleres, où j’ai créé un pôle de scouting dont je suis devenu directeur », détaille-t-il. Son passage aux États-Unis, à Orlando entre 2020 et 2021, lui a également permis de découvrir une approche différente du football, marquée par la diversité des profils recrutés, des jeunes talents aux stars en fin de carrière. « La MLS est un monde différent, avec une approche différente. C’est aussi un gros challenge de faire du scouting. »

Ces expériences variées ont forgé sa conviction : « Je crois vraiment au scouting. Je pense que l’une des clés pour qu’un club ait du succès est de bâtir un effectif équilibré. » Une philosophie qu’il applique désormais au Zalaegerszeg TE FC, où chaque recrutement est pensé pour compléter un puzzle complexe, en misant sur des profils sous-estimés mais prometteurs. « Toute cette expérience m’a aidé à avoir cette vision pour notre projet avec Damian », conclut-il.

Et maintenant ?

La saison 2025-2026 du Zalaegerszeg TE FC devrait permettre de mesurer la pérennité de ce projet ambitieux. Si les résultats actuels confirment la viabilité du modèle, le club pourrait devenir un acteur incontournable du recrutement européen d’ici quelques années. Pour autant, Jornet et Pedrosa restent prudents : « On va essayer de faire du mieux qu’on peut et espérer que ça nous donne une chance dans le futur. » La Coupe du monde 2026, qui débutera dans quelques semaines, pourrait également influencer les prochaines décisions du club, notamment en matière de visibilité internationale.

Quoi qu’il en soit, le Zalaegerszeg TE FC incarne désormais une nouvelle manière de concevoir le football, loin des sentiers battus. Un modèle qui, s’il parvient à se consolider, pourrait inspirer d’autres clubs européens à repenser leur approche du jeu et du recrutement.

Selon Andrés Jornet, la Hongrie offrait des « excellentes conditions de travail, avec de grands stades et de bonnes infrastructures d’entraînement ». De plus, le pays était moins saturé que d’autres marchés européens comme le Portugal ou la Belgique, où des projets similaires existent déjà, offrant ainsi une opportunité unique de se démarquer. Le contact établi avec l’ancien propriétaire du club lors d’un déplacement au Mexique a également joué un rôle décisif dans ce choix, d’après RMC Sport.

Le Zalaegerszeg TE FC vise à offrir une première expérience européenne à ces jeunes joueurs, souvent sous-estimés dans leur pays d’origine. « On veut être un club qui aide les joueurs à se développer, qui leur permet de se faire connaître et de montrer leur potentiel », explique Andrés Jornet. Le club s’engage à les accompagner dans leur adaptation, notamment sur les plans linguistique, culturel et logistique, pour faciliter leur intégration.