Avec seulement 31 000 abonnés sur Facebook et 17 000 sur Instagram, le Zalaegerszeg TE FC (ZTE) n’était pas, jusqu’à récemment, un club attirant. Pourtant, depuis l’arrivée de deux propriétaires argentins à l’été 2025, le club hongrois connaît une véritable métamorphose. Battant désormais les cadors du championnat et visant les places européennes, le ZTE mise sur un projet audacieux : recruter de jeunes talents, notamment en provenance d’Amérique du Sud, pour en faire une référence en matière de développement. Selon RMC Sport, cette stratégie porte déjà ses fruits, même si la finale de Coupe de Hongrie perdue face au Ferencvaros (0-1 après prolongation) le 10 mai 2026 rappelle que l’ambition dépasse les seuls résultats immédiats.

Ce qu'il faut retenir

  • Un projet inédit en Hongrie : deux Argentins, Damian Pedrosa et Andrés Jornet, ont repris le ZTE en 2025 pour en faire un vivier de jeunes talents internationaux.
  • Une montée en puissance rapide : après une dixième place en 2024-2025, le club termine cinquième en 2025-2026, en lice pour une qualification européenne jusqu’à la dernière journée.
  • Un recrutement ciblé : l’effectif est composé à 50 % de Hongrois et pour le reste de joueurs sud-américains (Vénézuéliens, Paraguayens, Mexicains, Argentins) ou africains (Nigérians, Moldaves).
  • Une méthode éprouvée : le club mise sur le scouting pour dénicher des joueurs sous-estimés et leur offrir du temps de jeu, comme l’a illustré le Brésilien Diego Borges, transféré à Kansas City après seulement six matchs.
  • Un entraîneur adapté : Nuno Campos, ancien assistant de Paulo Fonseca et multilingue, a été choisi pour incarner la philosophie du club et développer les jeunes.

Deux Argentins à la tête d’un club hongrois en pleine révolution

Damian Pedrosa et Andrés Jornet, amis depuis des années, ont quitté l’Argentine pour reprendre le ZTE FC à l’été 2025. Leur objectif ? Transformer ce club, habituellement en lutte pour le maintien, en une structure capable de former et de révéler de jeunes talents. « Fonder un club et mener notre propre projet était une idée que nous avions en commun depuis plusieurs années », a déclaré Andrés Jornet à RMC Sport, quelques jours avant la finale de Coupe de Hongrie. Leur choix de la Hongrie s’est imposé pour deux raisons principales : l’opportunité qui s’offrait à eux et la qualité des infrastructures disponibles.

À 37 ans, Andrés Jornet dispose d’une expérience internationale en tant que scout, ayant travaillé en Argentine, au Mexique, aux États-Unis et en Croatie. Cette diversité lui a permis d’affiner sa vision : « Toute cette expérience m’a aidé à avoir cette vision pour notre projet », résume-t-il. Leur approche se veut novatrice pour la Hongrie, où les projets similaires restent rares. « On ne dit pas que ça va être mieux ou moins bien, mais juste différent », explique-t-il. « Peut-être qu’on pourra se démarquer ou construire quelque chose d’unique dans le pays. »

Une stratégie centrée sur les jeunes talents et un recrutement international

Le ZTE mise sur une politique de recrutement ambitieuse, ciblant des joueurs sous-estimés ou en quête de temps de jeu. « On a la conviction qu’avec un bon scouting, on peut compenser les différences de budget », souligne Andrés Jornet. L’effectif actuel reflète cette stratégie : sur les 25 joueurs de l’équipe, la moitié sont hongrois, le reste venant d’Amérique du Sud (Vénézuéliens, Paraguayens, Mexicains, Argentins) et d’Afrique (Nigérians, Moldaves). « C’est une bonne manière pour eux de faire un premier pas en Europe », estime-t-il, précisant que le club recherche des profils « dynamiques, avec une bonne intensité et agressifs, avec ou sans le ballon ».

Un exemple marquant est celui de Diego Borges, un Brésilien de 21 ans transféré à Kansas City lors du mercato hivernal après seulement six matchs avec le ZTE. « C’était un talent évident », se souvient Andrés Jornet. « Tout juste après ses débuts, on recevait déjà des appels. La stratégie n’est pas d’essayer de les vendre le plus vite possible, mais c’était une bonne manière d’envoyer un message fort sur notre projet. » Ce transfert a aussi renforcé la crédibilité du club auprès d’autres joueurs et agents.

Un défi humain et sportif pour convaincre les talents étrangers

Convaincre des jeunes joueurs sud-américains de rejoindre un club hongrois n’a pas été une tâche aisée. « C’était assez étrange pour les joueurs et leurs agents d’entendre parler de la Hongrie, car ce n’est pas un endroit commun où aller », confie Andrés Jornet. Pour pallier ce scepticisme, le club a misé sur une approche personnalisée, insistant sur les conditions d’accueil (logement, nutrition, apprentissage de l’anglais) et sur l’environnement familial proposé. « On leur a parlé du projet, de la manière dont on allait les aider pour leur adaptation », détaille-t-il.

Les relations humaines sont au cœur de cette stratégie. Le ZTE cherche à être proactif dans sa communication, en participant à des compétitions et événements pour étendre ses réseaux. « On essaie d’être plus présents physiquement pour avoir plus de visibilité », résume Andrés Jornet. Cette méthode a progressivement porté ses fruits, même si les premiers mois ont été difficiles. « Après les premiers résultats, les gens disaient qu’on allait échouer. Ce n’était pas facile de vendre le projet. Mais tout nouveau projet a besoin de temps. »

Nuno Campos, l’entraîneur au cœur de la transformation du ZTE

Le choix de l’entraîneur a été déterminant. Nuno Campos, 51 ans, a été sélectionné pour incarner la philosophie du club et développer les jeunes talents. Ancien assistant de Paulo Fonseca à Rome et ayant officié au Mexique, au Portugal, en Ukraine et au Brésil (où il s’occupait des moins de 20 ans de Flamengo), Campos cochait toutes les cases. « Il a travaillé dans des top clubs et s’est adapté à plusieurs cultures », souligne Andrés Jornet. « Il a aussi l’expérience d’entraîner et d’apprendre à des jeunes joueurs. Il sait s’y faire. »

Campos, polyglotte (anglais, portugais, espagnol), a également l’avantage de comprendre les enjeux multiculturels d’un vestiaire aussi diversifié. Son arrivée a coïncidé avec un tournant dans la saison, notamment après la victoire surprise contre le Ferencvaros, septuple champion de Hongrie en titre, le 26 octobre 2025. « Ils sentaient déjà qu’on pouvait avoir de meilleurs résultats, mais après les avoir battus, ils se sont vraiment dit ‘ok, on peut affronter n’importe quelle équipe et bien figurer’ », raconte Andrés Jornet.

Et maintenant ?

Avec une cinquième place au classement final du championnat hongrois 2025-2026, le ZTE FC a validé sa progression. Reste à savoir si le club parviendra à confirmer cette dynamique lors de la prochaine saison, notamment en Ligue Conférence. Pour Andrés Jornet, l’objectif reste clair : « On ne veut pas changer notre projet et notre manière de faire les choses juste à cause de nos bons résultats. » Le club vise désormais à laisser une empreinte durable dans la ville de Zalaegerszeg et en Hongrie, tout en continuant à attirer des talents internationaux.

Cette stratégie pourrait inspirer d’autres clubs européens en quête d’innovation. Le ZTE FC montre qu’avec une vision claire, un recrutement ciblé et une gestion humaine, il est possible de concilier développement des jeunes talents et performances sportives. Pour l’heure, le club hongrois a prouvé qu’une approche atypique peut payer, même dans un championnat aussi compétitif que celui de Hongrie.

Le choix de la Hongrie s’explique par deux raisons principales : l’opportunité qui s’est présentée et la qualité des infrastructures disponibles. Selon Andrés Jornet, « ce n’est pas facile de trouver un pays avec ce genre de stades et d’infrastructures d’entraînement, qui sont une bonne base pour notre projet ». Le pays offrait aussi un cadre propice pour tester un modèle innovant, encore peu répandu en Hongrie.

Le ZTE FC recherche des jeunes talents sous-estimés ou en quête de temps de jeu, avec une préférence pour des profils dynamiques, intenses et agressifs. Le club mise sur des joueurs sud-américains (Vénézuéliens, Paraguayens, Mexicains, Argentins) et africains (Nigérians, Moldaves), tout en maintenant une base de joueurs hongrois. L’objectif est de leur offrir un tremplin en Europe avant, éventuellement, de les transférer vers des clubs plus importants.