Plusieurs incidents violents ont marqué le début de la campagne électorale en Zambie, à l'approche des scrutins présidentiel et législatif du 13 août 2026, selon RFI. Mercredi 20 mai, alors que les candidats déposaient leurs dossiers pour les élections législatives, plusieurs cas d'agressions ou d'empêchements ont été signalés, notamment parmi des candidats indépendants souvent proches du parti au pouvoir, l'UPND.

Ce qu'il faut retenir

  • Des candidats indépendants, souvent affiliés à l'UPND, ont fait état d'agressions ou d'empêchements lors du dépôt de leurs dossiers le 20 mai 2026.
  • Ces incidents surviennent à quelques semaines du double scrutin présidentiel et législatif prévu le 13 août 2026.
  • La campagne électorale, officiellement lancée, s'annonce sous haute tension dans le camp du président sortant.

Un scrutin à double enjeu pour l'UPND

Les élections du 13 août 2026 en Zambie s'annoncent cruciales pour le parti au pouvoir, l'Union pour le développement national (UPND), dirigé par le président sortant. Ces scrutins combinent élection présidentielle et législatives, un format qui pourrait renforcer l'influence du parti en place s'il remporte les deux. Pourtant, dès les premières étapes de la campagne, des tensions sont apparues, notamment lors du dépôt des candidatures.

Parmi les candidats concernés par ces violences figurent des indépendants souvent issus de l'UPND. Certains affirment avoir été physiquement agressés ou bloqués dans leur démarche, selon des témoignages recueillis par RFI. Ces incidents rappellent les risques de dérive dans un contexte politique déjà tendu.

Des témoignages accablants

Plusieurs candidats ont décrit des scènes de violence lors de leur arrivée dans les bureaux de dépôt des dossiers. « On m’a empêché d’accéder à la salle sans raison valable », a déclaré un candidat indépendant sous couvert d’anonymat. D’autres ont rapporté avoir subi des pressions ou des menaces de la part d’individus non identifiés. RFI souligne que ces agressions n’ont pas encore fait l’objet d’enquête officielle, mais que les témoignages convergent vers un même constat : une ambiance électrique autour de ce processus électoral.

L’UPND, par la voix de certains de ses membres, a nié toute implication dans ces incidents. « Nous condamnons fermement ces actes et appelons à une enquête transparente », a indiqué un porte-parole du parti, sans pour autant fournir de détails sur les mesures prises pour sécuriser le processus.

Un contexte politique déjà fragile

Ces violences s’inscrivent dans un climat politique zambien déjà marqué par des divisions. L’UPND, au pouvoir depuis 2021, fait face à une opposition renforcée, notamment autour du Parti patriotique (PF), dirigé par l’ancien président Edgar Lungu. Les tensions entre les deux formations pourraient s’exacerber à l’approche du scrutin, d’autant que les règles électorales restent un sujet de débat.

Les observateurs locaux et internationaux surveillent de près la situation. La Commission électorale indépendante de Zambie (ECIZ) a rappelé l’importance de garantir un processus libre et transparent, tout en assurant que des mesures de sécurité avaient été mises en place pour protéger les candidats. Pourtant, les incidents du 20 mai interrogent sur l’effectivité de ces dispositifs.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour la campagne électorale zambienne. Les partis politiques devront redoubler de vigilance pour éviter une escalade des violences, tandis que la Commission électorale pourrait être amenée à renforcer ses mesures de sécurité. Le scrutin du 13 août 2026 devrait attirer une attention particulière, tant les enjeux politiques et économiques du pays sont importants.

Reste à voir si les autorités parviendront à garantir un environnement serein pour ces élections, ou si les tensions actuelles annoncent des troubles plus larges. Les observateurs internationaux, comme les acteurs locaux, attendent des signes concrets d’apaisement dans les prochains jours.

Dans l’immédiat, la priorité pour les candidats sera de sécuriser leur participation au scrutin. Pour les citoyens zambiens, l’enjeu sera de faire entendre leur voix dans un processus démocratique qui, malgré les violences initiales, reste essentiel pour l’avenir du pays.