Près d’un salarié du secteur privé sur trois a été contraint de s’absenter au moins une fois en 2025, un chiffre qui illustre l’ampleur prise par l’absentéisme dans les entreprises françaises. Selon une étude annuelle publiée par Malakoff Humanis, cette tendance s’accompagne d’un allongement significatif de la durée des arrêts maladie, avec une progression marquée des arrêts de plus de deux mois. Autant dire que le phénomène, déjà préoccupant, s’aggrave d’année en année.
Ce qu'il faut retenir
- 30 % des salariés du privé ont connu au moins un arrêt maladie en 2025, selon Malakoff Humanis.
- Les arrêts de plus de 60 jours ont augmenté de 4,9 % en un an.
- La durée moyenne des arrêts s’allonge, avec une hausse des absences prolongées.
- Les cadres, traditionnellement moins touchés, sont désormais concernés par cette hausse.
- L’absentéisme dépasse de 25 % son niveau de 2019.
L’enquête annuelle de Malakoff Humanis, groupe de protection sociale mutualiste, dresse un constat sans appel. Alors que l’absentéisme s’installe durablement à un niveau élevé, les entreprises peinent à enrayer cette dynamique. « Les leviers existent, mais leur mise en œuvre reste inégale », a souligné un porte-parole de l’organisme, sans pour autant préciser quels outils pourraient être mobilisés pour inverser la tendance.
Une hausse généralisée, touchant tous les profils
Si l’absentéisme concernait historiquement davantage les ouvriers et les employés, les données de 2025 révèlent une progression notable chez les cadres. « On observe une hausse des arrêts chez les salariés en poste depuis plusieurs années, quel que soit leur niveau hiérarchique », indique le rapport. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où les raisons des absences se diversifient, allant des troubles musculo-squelettiques aux problèmes de santé mentale.
Côté durée, l’allongement des arrêts est particulièrement marqué pour les absences prolongées. Les arrêts de plus de 60 jours, qui représentaient déjà une part significative des absences, ont progressé de près de 5 % en un an. « Cela reflète une complexification des situations de santé, où les arrêts courts deviennent de plus en plus rares au profit de périodes de convalescence plus longues », explique Malakoff Humanis. Une tendance qui pèse sur les entreprises, confrontées à des coûts accrus et à des réorganisations fréquentes.
Un phénomène qui dépasse le cadre des grandes entreprises
Contrairement à une idée reçue, l’absentéisme ne touche pas uniquement les grands groupes ou les secteurs industriels. Les PME et les entreprises de services sont également concernées, même si les modalités de gestion des absences y diffèrent souvent. « Les petites structures, moins armées pour absorber les absences, subissent de plein fouet cette hausse », précise l’étude. Les secteurs comme la santé, le commerce ou encore la restauration, où les effectifs sont parfois précaires, sont particulièrement vulnérables.
Par ailleurs, les données de Malakoff Humanis révèlent une corrélation entre la taille de l’entreprise et la fréquence des arrêts. Les salariés des grandes entreprises (plus de 250 salariés) sont ainsi moins souvent absents que ceux des structures de moins de 50 salariés. « Les grandes entreprises disposent généralement de services de santé au travail plus développés, ce qui peut contribuer à une meilleure prévention », analyse l’organisme.
En attendant, les entreprises sont appelées à adapter leurs politiques de gestion des ressources humaines. L’enjeu ? Limiter l’impact de l’absentéisme sur la productivité, tout en préservant la santé des salariés. Une équation complexe, dans un contexte où les tensions sur le marché du travail persistent.
Selon Malakoff Humanis, les causes sont multiples : troubles musculo-squelettiques, problèmes de santé mentale, maladies chroniques ou encore accidents du travail. La diversification des motifs reflète une dégradation globale de l’état de santé des salariés, mais aussi des conditions de travail parfois plus exigeantes.