Le niveau de préoccupation des entreprises françaises concernant l’absentéisme n’a jamais été aussi élevé, et pourtant, plus d’une sur deux n’a mis en place aucune mesure pour y remédier. C’est ce que révèle une étude publiée ce mardi 9 juin 2026 par le cabinet Malakoff Humanis, confirmant une tendance persistante depuis la crise sanitaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 50 % des entreprises françaises n’ont déployé aucune action pour lutter contre l’absentéisme, malgré l’augmentation des arrêts maladie.
  • L’étude, publiée le 9 juin 2026 par Malakoff Humanis, souligne une préoccupation record des employeurs face à ce phénomène.
  • Les arrêts maladie ont fortement augmenté chez les salariés depuis la pandémie de Covid-19, sans retour à la normale.

Un phénomène enraciné depuis le Covid-19

Selon Libération, les arrêts maladie chez les salariés français connaissent une hausse significative depuis la crise sanitaire. Si certains secteurs avaient pu observer un retour à une relative stabilité après 2022, la situation globale reste marquée par une augmentation durable des absences. Les causes de cette tendance sont multiples : séquelles physiques ou psychologiques liées au Covid-19, réorganisation du travail, ou encore une sensibilité accrue aux conditions de santé.

Les données recueillies par Malakoff Humanis montrent que les entreprises, malgré leur inquiétude croissante, peinent à adapter leurs politiques. Le cabinet d’études rappelle que le taux d’absentéisme a atteint des niveaux inédits ces dernières années, sans signe de ralentissement.

Des entreprises en alerte, mais peu actives

L’étude met en lumière un paradoxe : alors que 90 % des dirigeants interrogés considèrent l’absentéisme comme un enjeu majeur, seulement 45 % d’entre eux ont mis en place des dispositifs pour y faire face. Les mesures les plus citées incluent des aménagements temporaires, des entretiens de retour après un arrêt, ou encore des campagnes de prévention santé. Pourtant, ces initiatives restent insuffisantes pour inverser la tendance.

Certains secteurs, comme la santé ou l’industrie, sont plus touchés que d’autres en raison de conditions de travail exigeantes ou d’une exposition accrue aux risques. Les entreprises de ces branches sont aussi celles qui peinent le plus à recruter, un cercle vicieux qui aggrave la situation.

Un coût économique et social difficile à ignorer

L’absentéisme pèse lourdement sur l’économie française. Selon les estimations de Malakoff Humanis, le coût direct pour les entreprises s’élève à plusieurs milliards d’euros par an, sans compter les répercussions sur la productivité et la cohésion des équipes. En 2025, le nombre moyen de jours d’arrêt par salarié a progressé de 12 % par rapport à 2019, une hausse qui reflète à la fois des problèmes de santé persistants et une modification des comportements face au travail.

Les experts soulignent également un changement dans la perception des arrêts maladie. Une partie des salariés, notamment les plus jeunes, n’hésitent plus à recourir à un arrêt pour des raisons liées au bien-être mental ou à un déséquilibre vie professionnelle-vie privée. Une évolution qui interroge sur l’adaptation nécessaire des entreprises.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour inverser cette tendance. Les entreprises pourraient investir davantage dans la prévention, en proposant des bilans de santé réguliers ou des programmes de soutien psychologique. Une réflexion sur l’organisation du travail, notamment le télétravail ou la flexibilité, est aussi envisagée par certains acteurs. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer l’absentéisme, ou si les entreprises devront attendre une baisse spontanée des arrêts maladie, sans garantie de calendrier.

Pour l’heure, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux pourraient être appelés à jouer un rôle plus actif, en incitant les entreprises à agir. Une concertation est attendue dans les prochains mois, alors que la pression sur le marché du travail reste forte.

Les causes sont multiples : séquelles physiques ou psychologiques liées au Covid-19, réorganisation du travail (télétravail, charge mentale accrue), et une sensibilité renforcée aux questions de santé et de bien-être. Certaines études pointent aussi un changement des comportements, avec une utilisation plus fréquente des arrêts pour des raisons liées au stress ou à un déséquilibre vie professionnelle-vie privée.