Selon Ouest France, l’affaire du commando armé qui avait agressé Mahammad Mirzali, un blogueur azéri, à Nantes en mars 2021, a connu un nouveau tournant ce mardi 9 juin 2026. À l’ouverture de l’audience, l’avocat général a requis des peines pouvant aller jusqu’à trente ans de réclusion criminelle à l’encontre des neuf accusés. Ce procès, qui s’ouvre près de cinq ans après les faits, doit permettre de déterminer leur rôle dans cette agression qualifiée de « répression d’État » par l’accusation.
Ce qu’il faut retenir
- En mars 2021, Mahammad Mirzali, blogueur azéri résidant en France, est victime d’une agression par un commando armé à Nantes.
- Neuf personnes sont aujourd’hui jugées pour cette attaque, qualifiée de « répression d’État » par l’accusation.
- L’avocat général a requis jusqu’à trente ans de réclusion criminelle contre les accusés lors de l’audience du 9 juin 2026.
- Les faits remontent à cinq ans, mais le procès s’ouvre seulement en 2026 en raison des investigations menées.
- Mahammad Mirzali, dont l’identité et la situation en France restent protégées, était connu pour ses prises de position critiques.
Une agression qualifiée de « répression d’État »
Selon les éléments présentés par l’accusation, l’agression subie par Mahammad Mirzali en mars 2021 à Nantes s’inscrirait dans un contexte plus large de répression ciblée. L’avocat général a souligné que les méthodes employées, notamment l’usage d’un commando armé, témoignaient d’une volonté de faire taire un opposant politique. « Cette attaque n’est pas un fait divers isolé, mais s’inscrit dans une stratégie de contrôle et de dissuasion », a-t-il affirmé lors de son réquisitoire.
Les neuf accusés, dont l’identité n’a pas été dévoilée dans l’immédiat, sont jugés pour leur participation présumée à cette agression. Certains d’entre eux seraient liés à des réseaux connus pour leurs activités controversées, selon les enquêteurs. Les investigations ont permis de reconstituer partiellement les faits, notamment grâce à des témoignages et des preuves matérielles.
Des peines pouvant atteindre trente ans de prison
Dès l’ouverture des débats ce mardi, l’avocat général a demandé des peines lourdes à l’encontre des neuf accusés. Les charges retenues incluent notamment les violences volontaires en réunion, l’usage d’armes prohibées et la tentative d’assassinat. « Les circonstances aggravantes sont réunies », a-t-il déclaré, rappelant que l’agression avait été préméditée et exécutée avec une extrême violence.
Les avocats de la défense ont pour leur part demandé une peine plus clémente, invoquant l’absence de preuve directe de leur implication pour certains accusés. Le procès, qui s’annonce long et complexe, devra trancher sur la culpabilité de chacun et la proportionnalité des peines requises.
Un procès qui s’ouvre cinq ans après les faits
Le délai écoulé entre les faits et le procès s’explique par la complexité des investigations. Les enquêteurs ont dû reconstituer la chaîne de commandement du commando, identifier les complices et rassembler des preuves matérielles dans un contexte international. Mahammad Mirzali, qui résidait en France depuis plusieurs années, avait porté plainte dès les jours suivant l’agression, mais les premières pistes ont mis du temps à se concrétiser.
Selon les éléments recueillis par Ouest France, l’enquête a révélé des liens entre certains accusés et des réseaux transnationaux, ce qui a nécessité des collaborations entre les autorités françaises et azéries. Ces échanges ont permis de lever certains obstacles juridiques et de faire avancer le dossier.
Cette affaire rappelle aussi les tensions persistantes entre certains États et les défenseurs des droits humains, alors que les exils forcés et les pressions à l’étranger restent une réalité pour de nombreux opposants. Le procès de Nantes pourrait ainsi servir de référence pour d’autres dossiers similaires en Europe.
Les investigations ont été longues en raison de la complexité du dossier, notamment pour établir les liens entre les accusés et reconstituer le déroulement précis de l’agression. Des échanges internationaux avec les autorités azéries ont également été nécessaires pour faire avancer l’enquête, retardant ainsi le début du procès.