Une consommation d’alcool même modérée pourrait accroître significativement le risque de développer dix types de cancers différents. C’est ce que révèle une étude récente menée par l’Université de Washington, publiée et relayée par Top Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude de l’Université de Washington conclut qu’une consommation modérée d’alcool augmente le risque de dix cancers.
  • Les chercheurs ont analysé 843 études pour établir ce lien.
  • Les cancers concernés incluent notamment ceux de la bouche, du foie, du sein ou de l’œsophage.
  • Cette conclusion remet en cause l’idée selon laquelle une consommation occasionnelle serait sans danger.

L’équipe de recherche de l’Université de Washington a passé au crible 843 études scientifiques publiées sur le sujet. Leurs conclusions, rapportées par Top Santé, montrent qu’il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool considéré comme totalement inoffensif. Même une consommation dite « modérée » — souvent définie comme un à deux verres par jour — pourrait suffire à augmenter le risque de développer certains cancers.

Les cancers les plus concernés par cette association sont ceux de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie, du côlon, du rectum, du sein, de l’ovaire et de l’estomac. « Les preuves sont désormais suffisamment solides pour établir un lien direct entre la consommation d’alcool et l’apparition de ces cancers », a expliqué le Dr. Sarah Lewis, épidémiologiste à l’Université de Washington et auteure principale de l’étude.

« Nous avons constaté que même une consommation modérée d’alcool était associée à une augmentation du risque de dix types de cancers différents. Cela suggère que les recommandations actuelles en matière de consommation d’alcool pourraient être trop permissives. »

Dr. Sarah Lewis, épidémiologiste à l’Université de Washington, selon Top Santé

Cette étude s’ajoute à un corpus scientifique déjà conséquent qui met en garde contre les effets néfastes de l’alcool sur la santé. Pourtant, en France, la consommation régulière de vin, par exemple, reste souvent perçue comme une habitude culturelle sans risque majeur. Cette perception pourrait évoluer avec les nouvelles données disponibles.

Les chercheurs soulignent également que l’alcool agit comme un cancérigène avéré en endommageant l’ADN des cellules et en favorisant l’inflammation des tissus. Ce mécanisme est particulièrement marqué dans les organes directement exposés à l’alcool, comme la bouche ou l’œsophage, mais aussi dans des organes plus éloignés comme le sein.

Et maintenant ?

Ces résultats devraient inciter les autorités sanitaires à réviser leurs recommandations en matière de consommation d’alcool. Une mise à jour des guidelines pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon les observateurs du secteur. Pour l’heure, l’étude ne propose pas de seuil de consommation considéré comme sans risque, ce qui laisse les consommateurs dans une zone d’incertitude.

Les spécialistes appellent désormais à une meilleure information du public sur les risques liés à l’alcool, y compris en cas de consommation modérée. Une campagne de sensibilisation pourrait être lancée dès l’automne 2026 pour alerter sur ces nouveaux éléments.

En attendant, les autorités sanitaires recommandent déjà de limiter sa consommation à moins de 10 verres standard par semaine, avec au moins deux jours sans alcool. Une règle qui pourrait devenir encore plus stricte à l’avenir.

Selon les critères internationaux, une consommation modérée correspond généralement à 1 à 2 verres standards par jour pour les femmes, et 2 à 3 verres standards par jour pour les hommes, sans dépasser 14 verres par semaine pour les femmes et 21 pour les hommes.