Alors que la première édition des Enhanced Games, une compétition controversée autorisant officiellement le dopage, doit s’ouvrir ce dimanche 24 mai à Las Vegas, la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Amélie Oudéa-Castéra, alerte sur les risques liés à cet événement. Selon RMC Sport, l’ancienne ministre des Sports dénonce une « banalisation du dopage » sous couvert d’innovation, qualifiant cette compétition de « dégradante pour les sportifs » et de « mauvais calcul économique ».

Ce qu'il faut retenir

  • Les Enhanced Games autorisent et encouragent le dopage via des « protocoles médicaux », selon leur organisateur.
  • L’ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, dénonce une « pharmacie en ligne » proposant des substances interdites par l’Agence mondiale antidopage (AMA).
  • Un athlète français, le sprinteur Mouhamadou Fall, suspendu pour dopage jusqu’en juillet 2026, participera à ces jeux malgré sa retraite sportive annoncée.
  • L’objectif affiché des organisateurs inclut une dimension transhumaniste, visant à « augmenter » les performances humaines via des substances dopantes.

Une compétition qui contrevient aux valeurs du sport, selon la présidente du CNOSF

Pour Amélie Oudéa-Castéra, les Enhanced Games représentent une « négation des valeurs du sport », où des athlètes en fin de carrière ou ayant déjà été suspendus pour dopage sont incités à battre des records sous l’effet de substances interdites. « Ce n’est pas du sport, c’est un business de la triche », a-t-elle affirmé. Selon elle, ces jeux exploitent la vulnérabilité des athlètes en leur promettant des primes mirobolantes, tout en sapant l’intégrité des compétitions sportives traditionnelles. « Quand on bat des records en étant dopé, ce ne sont pas des records : c’est une tricherie », a-t-elle souligné, qualifiant l’événement de « dégradant » pour les participants.

L’ancienne ministre des Sports a également mis en garde contre le projet politique sous-jacent, décrit comme transhumaniste. « On rabaisse le sportif en l’appâtant avec de l’argent pour se doper, tout en promettant un rêve sportif à moindre effort », a-t-elle déclaré. Pour elle, cette compétition vise à « banaliser le dopage » au nom d’un prétendu progrès, ce qui menace directement les efforts de prévention menés auprès des jeunes générations. « Il faut combattre cette initiative avec fermeté », a-t-elle insisté, tout en rappelant l’importance de renforcer la lutte contre le dopage en France et à l’international.

Un site internet proposant des substances interdites par l’AMA

Comme le rapporte RMC Sport, le site des Enhanced Games fonctionne comme une « pharmacie en ligne », mettant à disposition des athlètes des produits explicitement interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Parmi les substances proposées figurent la testostérone de synthèse, les stéroïdes anabolisants, l’EPO, l’hormone de croissance, des peptides et du modafinil. Cette commercialisation en ligne inquiète particulièrement les autorités sportives françaises, alors que la lutte contre le dopage cible de plus en plus les jeunes, principaux consommateurs de ces produits.

Amélie Oudéa-Castéra a jugé « très préoccupant » que ces jeux ciblent des athlètes vulnérables, alors que les fédérations internationales et les institutions publiques s’efforcent de protéger les sportifs des dérives du dopage. « Nous devons tirer la sonnette d’alarme », a-t-elle déclaré, soulignant que les Enhanced Games n’ont « aucun intérêt sportif ». La présidente du CNOSF s’est également félicitée que les chaînes de télévision aient pour l’instant refusé de retransmettre l’événement, tout en insistant sur la nécessité de rester vigilant : « Ce n’est pas un événement anodin ».

Mouhamadou Fall, un exemple « désastreux » pour le sport français

Parmi les athlètes engagés dans ces jeux, un nom français ressort : celui du sprinteur Mouhamadou Fall, champion de France à plusieurs reprises. Suspendu pour deux violations consécutives des règles antidopage par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), sa suspension court jusqu’en juillet 2026. Pourtant, il participera à ces jeux malgré son retrait officiel de la compétition et sa retraite sportive annoncée. Pour Amélie Oudéa-Castéra, son cas illustre « la déchéance à laquelle peuvent mener ces compétitions ».

« C’est profondément triste de voir un athlète de son niveau réduit à cela », a-t-elle commenté. Elle a rappelé que le mérite sportif repose sur le dépassement de soi par des moyens naturels, et non sur l’utilisation de substances prohibées. « Ce qui émeut les gens dans le sport, c’est la résilience, l’attitude face à l’adversité, la capacité à surmonter ses peurs », a-t-elle ajouté. Selon elle, les athlètes ont un rôle exemplaire à jouer auprès des jeunes générations, en valorisant l’effort, l’entraînement et l’intégrité.

Des conséquences sportives et juridiques pour les participants

Bien que l’AMA ne dispose pas du pouvoir de radier à vie les athlètes ayant participé aux Enhanced Games, les fédérations internationales et nationales disposent de marges de manœuvre pour sanctionner ces comportements. Amélie Oudéa-Castéra a confirmé que les athlètes impliqués pourraient se voir refuser toute licence pour participer à des compétitions officielles après leur suspension. « Les fédérations ont la capacité de ne pas leur redonner une licence », a-t-elle expliqué, en citant l’exemple de la Fédération internationale de natation, qui a déjà annoncé qu’elle ne réintégrerait pas les athlètes ayant participé à ces jeux.

Pour la présidente du CNOSF, cette position est essentielle pour préserver l’intégrité du sport. « Un athlète qui s’engage dans ces jeux envoie un mauvais signal », a-t-elle conclu, rappelant que la réussite d’un sportif passe avant tout par des valeurs de probité et de fair-play.

Et maintenant ?

La première édition des Enhanced Games s’ouvre donc ce dimanche 24 mai à Las Vegas, sous haute surveillance des autorités sportives internationales. Si l’événement ne semble pas susciter l’engouement médiatique pour l’instant, ses organisateurs pourraient tenter de capitaliser sur sa couverture médiatique pour en faire un modèle alternatif au sport traditionnel. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces jeux sur les fédérations sportives et les athlètes, ainsi que pour mesurer la réponse des instances antidopage. Une question reste en suspens : les sponsors et partenaires commerciaux oseront-ils s’associer à une compétition aussi controversée ?

D’ici là, la mobilisation des institutions sportives, comme celle d’Amélie Oudéa-Castéra, pourrait jouer un rôle clé pour limiter la portée de cet événement. Reste à savoir si les athlètes participants, souvent en fin de carrière, privilégieront les gains financiers immédiats au détriment de leur héritage sportif à long terme.

Selon les informations rapportées par RMC Sport, le site des Enhanced Games propose à la vente plusieurs substances interdites par l’Agence mondiale antidopage (AMA), dont la testostérone de synthèse, les stéroïdes anabolisants, l’EPO, l’hormone de croissance, des peptides et du modafinil. Ces produits sont présentés comme des « protocoles médicaux » permettant d’améliorer les performances des athlètes.

Bien que l’AMA ne puisse pas radier à vie les athlètes ayant participé aux Enhanced Games, les fédérations internationales et nationales ont la possibilité de leur refuser toute nouvelle licence pour participer à des compétitions officielles. Par exemple, la Fédération internationale de natation a déjà indiqué qu’elle ne réintégrerait pas les athlètes concernés. Les contrôles antidopage pourraient également entraîner des suspensions supplémentaires si les athlètes sont testés positifs.