Anne-Claire Legendre, originaire de Brest et figure de la diplomatie française, a pris officiellement la direction de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, succédant ainsi à l’ancien ministre Jack Lang. Comme le rapporte Ouest France, cette nomination marque un tournant dans la gestion de l’institution, désormais perçue comme un « cadre apaisé » pour aborder les questions sensibles liées aux cultures et aux sociétés arabes, loin des tensions politiques et médiatiques.
Ce qu'il faut retenir
- Anne-Claire Legendre, diplômée de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), succède à Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe.
- Son objectif affiché est de transformer l’institution en un espace de dialogue et de réflexion, à l’abri des polémiques.
- L’IMA, créé en 1980, est un lieu culturel et scientifique dédié aux échanges entre la France et les pays arabes.
- Legendre a occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment en Asie et au Moyen-Orient.
Une diplomate expérimentée aux commandes
Née à Brest, Anne-Claire Legendre a bâti une carrière de plus de vingt ans au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle a notamment été ambassadrice de France au Koweït entre 2017 et 2020, puis directrice de l’Institut français de Grèce jusqu’en 2024. Son profil, marqué par une expertise des enjeux méditerranéens et moyen-orientaux, correspond aux ambitions de l’IMA, institution qui joue un rôle clé dans la diffusion des savoirs sur le monde arabe en France.
Selon Ouest France, sa nomination a été saluée par plusieurs responsables culturels, qui y voient une volonté de stabiliser et de professionnaliser la gestion de l’institut. « Anne-Claire Legendre apporte une légitimité indiscutable, tant par son parcours que par sa connaissance des réalités régionales », a déclaré un proche du dossier sous couvert d’anonymat.
L’Institut du monde arabe, un acteur culturel et scientifique sous tension
Fondé en 1980 sous l’impulsion de François Mitterrand et de dirigeants arabes, l’IMA est installé sur les bords de la Seine, à Paris, dans un bâtiment emblématique conçu par l’architecte Jean Nouvel. L’institution a pour mission de promouvoir les échanges culturels, artistiques et intellectuels entre la France et les pays arabes, à travers des expositions, des conférences et des programmes de recherche. Cependant, ces dernières années, elle a été régulièrement critiquée pour son positionnement perçu comme trop proche des pouvoirs politiques, voire comme un outil de soft power.
« Nous devons faire de l’Institut un lieu où l’on débat sans se laisser emporter par les clivages », a expliqué Anne-Claire Legendre à la presse. « Mon ambition est de recentrer l’action de l’IMA sur son cœur de métier : la culture, la science et l’éducation, sans céder aux logiques partisanes. » Une déclaration qui reflète la volonté de l’institution de retrouver une crédibilité indépendante, selon Ouest France.
« L’Institut du monde arabe doit redevenir un espace de dialogue apaisé, où les différences culturelles et politiques peuvent s’exprimer sans violence. »
— Anne-Claire Legendre
Un mandat sous le signe de la réconciliation et de l’innovation
Parmi les priorités annoncées par la nouvelle directrice figure la modernisation des outils numériques de l’IMA, afin d’élargir son audience et de toucher un public plus large, notamment les jeunes. Une réflexion est également engagée sur la programmation, avec l’objectif d’équilibrer les thématiques traditionnelles (histoire, art) et des sujets plus contemporains (écologie, droits des femmes, transitions démocratiques dans le monde arabe).
Par ailleurs, l’IMA devrait renforcer ses partenariats avec les universités et centres de recherche français, afin de consolider son rôle de référence en matière d’études arabes et islamiques. « Nous ne sommes pas un lobby, mais un institut au service du savoir et de la compréhension mutuelle », a précisé Legendre.
L’avenir de l’Institut du monde arabe s’écrit donc sous le signe du dialogue, mais aussi sous la pression d’un environnement international où les représentations culturelles sont de plus en plus instrumentalisées. À Anne-Claire Legendre de démontrer que la diplomatie culturelle peut encore offrir des espaces de paix.
Parmi les défis immédiats figurent la réorganisation de la programmation pour éviter les polémiques, la modernisation des outils numériques et la recherche de nouveaux financements, dans un contexte budgétaire contraint. Elle devra également apaiser les tensions internes liées à des années de gestion parfois contestée.