Le 13 mai 2026, la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) a procédé au licenciement de 169 de ses agents, une décision qui provoque une vive polémique au sein de l’audiovisuel public béninois. Comme le rapporte RFI, cette restructuration s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation accompagné d’un volet social et d’un audit de compétences. Pourtant, les syndicats dénoncent un processus expéditif et dépourvu de concertation, révélant ainsi les tensions autour de cette réforme.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 13 mai 2026, 169 agents de la SRTB ont été licenciés dans le cadre d’un plan de modernisation.
  • La SRTB, créée en novembre 2023 pour remplacer l’ORTB, a justifié ces licenciements par un audit de compétences et un volet social.
  • Les syndicats critiquent un manque de concertation et un processus jugé expéditif.

Une restructuration controversée dans l’audiovisuel public

La Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB), née de la transformation de l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB) en novembre 2023, a engagé une réforme ambitieuse visant à moderniser ses structures. Ce projet, présenté comme une nécessité pour adapter l’institution aux enjeux actuels, s’accompagne d’un plan de modernisation incluant un audit des compétences des salariés. Pourtant, les licenciements massifs de 169 agents, annoncés le 13 mai 2026, ont immédiatement suscité l’incompréhension et la colère des représentants du personnel.

Les syndicats dénoncent un processus opaque et précipité

Selon les syndicats, la procédure de licenciement aurait été menée sans réelle concertation préalable, violant ainsi les principes de dialogue social. « Les décisions ont été prises de manière expéditive, sans tenir compte des conséquences humaines et sociales », a déclaré un représentant syndical à RFI. Les organisations professionnelles dénoncent également l’absence de transparence dans la mise en œuvre de l’audit de compétences, qui servirait de prétexte à ces licenciements. Ces critiques soulèvent des questions sur la légitimité des méthodes employées par la direction de la SRTB.

Un plan de modernisation contesté

Si la direction de la SRTB défend son plan de modernisation comme une étape indispensable pour améliorer l’efficacité de l’institution, les syndicats y voient une stratégie déguisée de réduction des effectifs. L’audit de compétences, présenté comme un outil d’évaluation, est perçu par les salariés comme un moyen de justifier des licenciements ciblés. Par ailleurs, le volet social annoncé dans le cadre de cette réforme reste flou pour une partie des agents concernés, alimentant les craintes d’un traitement inéquitable.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être marquées par des négociations entre les syndicats et la direction de la SRTB, afin de clarifier les modalités de la restructuration et les garanties offertes aux agents licenciés. Une réunion prévue le 25 mai 2026 pourrait permettre d’avancer sur ce dossier. Reste à voir si un compromis sera trouvé, ou si les tensions actuelles conduiront à d’autres formes de mobilisation.

Cette affaire met en lumière les défis liés à la modernisation des médias publics en Afrique, où les réformes structurelles se heurtent souvent à des réalités sociales complexes. Elle interroge également sur le rôle de l’État dans la gestion de ces institutions, alors que le secteur audiovisuel béninois cherche à se repositionner dans un paysage médiatique en pleine mutation.