En 2015, évoquer le Bitcoin devant un public professionnel suffisait souvent à vider une salle de formation. Dix ans plus tard, la donne a radicalement changé : l’Iran impose désormais le paiement du transit maritime par le détroit d’Ormuz en Bitcoin, tandis que les États-Unis, sous l’administration Trump, accumulent des réserves stratégiques en cryptomonnaie. En Europe, le débat persiste encore : le Bitcoin est-il vraiment une monnaie ?

Ce qu'il faut retenir

  • En 2015, mentionner le Bitcoin en public provoquait des départs massifs de salles de formation, selon Cryptoast.
  • En 2025, l’Iran exige le paiement en Bitcoin pour le passage du détroit d’Ormuz, une première mondiale.
  • Les États-Unis, sous Trump, ont constitué une réserve stratégique en Bitcoin, malgré les conflits d’intérêts familiaux.
  • En Europe, la question de la reconnaissance du Bitcoin comme monnaie légale reste un sujet de débat politique.
  • Le cours du Bitcoin a atteint 81 069,40 dollars à la date du 13 mai 2026.
  • Alexandre Stachtchenko, directeur de la stratégie de Bitstack, défend l’idée que « Bitcoin est une monnaie » dans un entretien exclusif avec Cryptoast.

Le Bitcoin, d’une curiosité marginale à une réalité géopolitique

Il y a dix ans, le Bitcoin était souvent perçu comme une expérience technique réservée à une poignée d’initiés. Pourtant, son adoption progressive a fini par s’imposer comme un sujet incontournable pour les États. L’Iran, soumis à de strictes sanctions internationales, a trouvé dans cette cryptomonnaie un moyen de contourner les restrictions financières. Depuis 2025, Téhéran impose désormais le paiement en Bitcoin pour tout navire empruntant le détroit d’Ormuz, une artère maritime cruciale pour le commerce mondial.

Aux États-Unis, l’administration Trump a franchi une étape supplémentaire en constituant une réserve stratégique en Bitcoin, une décision qui s’inscrit dans une logique de diversification des actifs souverains. Cette initiative s’accompagne cependant d’une série de conflits d’intérêts impliquant des membres de la famille présidentielle, un détail qui a alimenté les critiques des opposants politiques.

En Europe, le débat sur la nature monétaire du Bitcoin persiste

Alors que l’Iran et les États-Unis intègrent le Bitcoin dans leurs stratégies économiques et géopolitiques, l’Europe reste divisée sur sa nature. Pour certains, il s’agit d’une monnaie à part entière, tandis que d’autres, notamment au sein des institutions européennes, continuent de le qualifier d’actif spéculatif. Cette divergence d’opinions freine une adoption plus large sur le continent, malgré l’essor des initiatives locales en matière de cryptomonnaies.

Dans ce contexte, des acteurs comme Bitstack, une application française d’épargne en Bitcoin, tentent de démocratiser son usage. L’entreprise propose notamment un bonus de 5 euros en Bitcoin pour les nouveaux utilisateurs, via un code parrainage (« CRYPTOAST5 »), comme l’indique Cryptoast. Une stratégie marketing qui s’inscrit dans un marché où l’investissement dans les actifs numériques reste risqué, rappelle la plateforme.

Alexandre Stachtchenko : « Bitcoin est une monnaie »

« Bitcoin est une monnaie », a affirmé Alexandre Stachtchenko, directeur de la stratégie de Bitstack, lors d’un entretien accordé à Cryptoast. Il souligne ainsi la transformation du Bitcoin, passé d’un outil spéculatif à un moyen de paiement et de réserve de valeur reconnu par certains États et entreprises.

Cette déclaration s’inscrit dans une tendance plus large : celle de l’institutionnalisation des cryptomonnaies. Avec un cours qui a dépassé les 81 000 dollars en mai 2026, le Bitcoin attire désormais l’attention des investisseurs institutionnels et des gouvernements, malgré les risques inhérents à ce marché volatile.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient redéfinir l’avenir du Bitcoin dans les mois à venir. D’abord, la prochaine réunion de la Banque centrale européenne, prévue en juin 2026, devrait préciser la position de l’UE sur la régulation des cryptomonnaies. Ensuite, l’impact des réserves stratégiques américaines en Bitcoin pourrait se mesurer d’ici la fin de l’année, notamment sur les marchés financiers. Enfin, l’Iran pourrait étendre l’usage du Bitcoin à d’autres transactions commerciales, si son expérience avec le détroit d’Ormuz s’avère concluante.

Une chose est sûre : le Bitcoin a définitivement quitté le statut de niche technologique pour s’imposer comme un acteur à part entière de l’économie mondiale. Reste à savoir si les institutions traditionnelles parviendront à s’adapter à cette révolution monétaire, ou si elles continueront de la subir.

À ce jour, le Bitcoin n’est pas légalement reconnu comme une monnaie par l’ensemble des pays européens. Certains États, comme Malte ou la Suisse, ont adopté des cadres réglementaires favorables, mais l’Union européenne n’a pas encore tranché définitivement sur son statut monétaire. La question reste donc un sujet de débat politique et juridique.