Selon Le Monde, la championne du monde de boxe en titre, Sarah Ourahmoune, milite pour une discipline plus inclusive. Elle dénonce le déséquilibre historique qui a réservé la pratique de la boxe aux hommes et plaide pour une ouverture massive aux jeunes filles et aux femmes. Son approche s’articule autour d’un objectif chiffré : atteindre « dix mille pas et plus », une formule qui symbolise à la fois son ambition et sa méthode pour démocratiser l’accès à ce sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Sarah Ourahmoune, championne du monde en titre de boxe, souhaite rendre la discipline plus accessible aux femmes et aux filles
  • Elle met en avant une formule symbolique : « dix mille pas et plus », reflétant son objectif d’inclusion
  • La boxe a longtemps été perçue comme un sport majoritairement masculin, ce que Ourahmoune entend contester
  • Son initiative s’inscrit dans une volonté d’émancipation par le sport, notamment pour les jeunes générations

Une championne engagée pour l’égalité dans le ring

Sarah Ourahmoune, sacrée championne du monde dans la catégorie des poids mi-moyens, n’est pas seulement une athlète de haut niveau. Elle utilise sa notoriété pour porter un message fort : la boxe doit cesser d’être un sport réservé aux hommes. Dans un entretien accordé au Monde, elle rappelle que la discipline a été façonnée par une histoire où les femmes étaient systématiquement écartées des pratiques pugilistiques. Pour elle, l’enjeu dépasse le cadre sportif : il s’agit d’un levier d’émancipation sociale et personnelle pour les femmes.

Son engagement s’appuie sur des constats concrets. « La boxe a été trop longtemps un bastion masculin, et les mentalités évoluent lentement », a-t-elle indiqué. Elle cite notamment l’exemple des clubs où les femmes représentent encore une minorité, parfois inférieure à 10 % des licenciés. Son objectif ? Multiplier les initiatives pour attirer un public féminin, en commençant par des programmes adaptés aux jeunes filles dès l’adolescence.

La formule « dix mille pas et plus » : un symbole d’accessibilité

Derrière cette expression se cache une stratégie claire. « Dix mille pas », c’est d’abord une référence aux objectifs de santé publique, popularisés par les podomètres. Pour Ourahmoune, cela représente aussi le nombre de jeunes filles à toucher chaque année pour les inciter à pratiquer la boxe. L’idée est de rendre le sport visible, accessible financièrement et culturellement, en déconstruisant les préjugés selon lesquels la boxe serait trop violente ou inappropriée pour les femmes.

Son approche passe par des partenariats avec des associations locales et des fédérations sportives. Elle cite l’exemple d’un projet pilote lancé en Île-de-France, où des cours spécifiques pour les 12-18 ans sont proposés gratuitement. « On part de zéro, mais on avance pas à pas », a-t-elle précisé. Le but est aussi de former davantage d’entraîneuses femmes, afin de créer des modèles inspirants pour les nouvelles générations.

Un sport en mutation, mais des défis persistants

La boxe féminine a connu des avancées notables ces dernières années. En 2020, les Jeux olympiques de Tokyo ont intégré pour la première fois la boxe féminine dans leur programme, marquant une étape symbolique. Pourtant, les inégalités persistent. Les primes de victoire restent bien inférieures à celles des hommes, et les médias accordent moins d’espace à leurs compétitions. Ourahmoune le reconnaît : « On a gagné en visibilité, mais pas encore en équité. »

Côté technique, des adaptations sont nécessaires. Les gants, les rounds et même les catégories de poids diffèrent souvent entre les compétitions masculines et féminines. Pour Ourahmoune, ces détails ne sont pas anodins : « Une boxeuse doit pouvoir s’entraîner et concourir dans des conditions optimales, comme n’importe quel sportif. » Elle cite l’exemple de la Fédération internationale de boxe amateur (AIBA), qui a récemment harmonisé certains règlements pour les femmes. Une avancée, mais qui reste insuffisante selon elle.

Et maintenant ?

Sarah Ourahmoune a annoncé son intention de présenter un plan d’action concret d’ici la fin de l’année 2026. Ce projet, élaboré avec des experts en sociologie du sport, prévoit notamment la création d’un réseau de 50 clubs pilotes en France, entièrement dédiés aux femmes. Une campagne de sensibilisation, financée en partie par des partenariats privés, devrait également être lancée au premier trimestre 2027. Reste à voir si les institutions sportives et les sponsors suivront cette dynamique.

Pour l’heure, son combat s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un sport qui se réinvente pour être plus inclusif. Mais comme elle le souligne, « les pas sont comptés, mais le chemin est encore long. »

D’après Sarah Ourahmoune, les freins sont multiples : des stéréotypes culturels qui associent la boxe à la virilité, un manque d’infrastructures adaptées, et des inégalités de traitement entre athlètes masculins et féminins, notamment sur le plan financier et médiatique. Elle souligne aussi l’absence de modèles féminins dans les postes d’encadrement.