Le 28 avril 2026, le Parlement européen a officiellement adopté sa position sur le budget de l’Union européenne pour la période 2028-2034, selon Euronews FR. Cette décision intervient après un vote marqué par 370 voix pour, 201 contre et 84 abstentions, et s’inscrit dans le cadre des négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP).

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement réclame une augmentation de 10 % du budget proposé par la Commission, portant les dépenses à près de 2 200 milliards d’euros pour 2028-2034.
  • Les priorités incluent une hausse des financements pour la cohésion et l’agriculture (385,12 milliards d’euros pour la PAC), la compétitivité et l’action extérieure.
  • Le Parlement exclut de financer le remboursement de NextGenerationEU (149,3 milliards d’euros) dans ce budget.
  • Les négociations avec le Conseil sont prévues les 18 et 19 juin 2026, après un nouveau vote des eurodéputés le 18 mai.
  • Les eurodéputés demandent aussi de nouvelles sources de recettes, comme une taxe sur les services numériques.

Une hausse de 10 % pour un budget de 2 200 milliards d’euros

Le Parlement européen a adopté, le 28 avril dernier, sa position sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034, selon les données publiées en avril 2026 par les services de recherche du Parlement. Les eurodéputés ont voté en faveur d’une augmentation de 10 % par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne, déposée le 16 juillet 2025. Ce budget révisé avoisine ainsi les 2 200 milliards d’euros, contre environ 2 000 milliards initialement prévus.

Cette position reflète une volonté de renforcer les moyens alloués aux politiques européennes, dans un contexte marqué par des défis géopolitiques et économiques majeurs. Les discussions sur le CFP doivent désormais s’engager avec le Conseil de l’UE, qui devrait arrêter sa propre position lors du sommet des 18 et 19 juin 2026.

Trois grandes priorités pour un budget équilibré

Le Parlement européen propose une répartition équilibrée des crédits entre trois volets principaux : la cohésion et l’agriculture, la compétitivité et l’action extérieure. Il exclut en revanche de financer, dans ce cadre, le remboursement du plan NextGenerationEU, dont le coût s’élève à 149,3 milliards d’euros (en prix 2025).

Parmi les mesures phares, les eurodéputés soutiennent l’attribution de 385,12 milliards d’euros à la politique agricole commune (PAC), ainsi qu’un budget de 274,34 milliards d’euros pour la politique de cohésion. Ces enveloppes visent à préserver le rôle central des autorités régionales et locales dans la mise en œuvre de ces politiques.

Compétitivité et action extérieure : des enveloppes en forte hausse

Pour la compétitivité, les eurodéputés réclament un effort supplémentaire de 62,08 milliards d’euros, s’ajoutant aux 522,2 milliards proposés par la Commission. Parmi les dispositifs concernés figure le Fonds européen de compétitivité, doté de 26,6 milliards d’euros. D’autres programmes, comme Horizon Europe ou le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, bénéficieraient également de financements renforcés, tout comme les programmes EU4Health et LIFE.

Côté action extérieure, le Parlement souhaite une augmentation de 21,24 milliards d’euros par rapport aux 190 milliards proposés par la Commission. Ces crédits supplémentaires seraient notamment consacrés à l’élargissement de l’UE, à l’aide à l’Ukraine, à la coopération multilatérale et à l’aide humanitaire. Cette priorité s’inscrit dans un contexte de tensions internationales persistantes et de besoins accrus en matière de solidarité.

De nouvelles sources de recettes pour financer le budget

Les eurodéputés se disent favorables à l’idée, portée par la Commission, de créer un « panier » de différentes sources de recettes pour financer le budget. Cependant, ils plaident pour l’ajout de nouvelles pistes, parmi lesquelles figure une taxe sur les services numériques. Cette proposition s’inscrit dans la volonté de moderniser le système de financement de l’UE, tout en répondant aux enjeux liés à la transition numérique.

Ces négociations budgétaires s’annoncent complexes, d’autant que les positions du Parlement et du Conseil pourraient diverger sur plusieurs points clés. Les prochaines étapes seront cruciales pour aboutir à un compromis avant la finalisation du cadre financier pluriannuel.

Et maintenant ?

Les négociations entre le Parlement et le Conseil devraient s’ouvrir dans les semaines à venir, une fois que les deux institutions auront arrêté leurs positions définitives. Le Parlement se prononcera à nouveau sur le budget lors de sa session plénière prévue le 18 mai 2026. Si les discussions aboutissent, le nouveau cadre financier pluriannuel pourrait entrer en vigueur début 2028. Reste à voir dans quelle mesure les demandes des eurodéputés seront intégrées, notamment sur les nouvelles sources de recettes et la répartition des crédits.

Ce budget, s’il est adopté, marquera une étape importante pour l’Union européenne, alors qu’elle fait face à des défis économiques, sociaux et géopolitiques sans précédent. Il pourrait aussi servir de levier pour renforcer la souveraineté européenne dans des domaines stratégiques, comme la transition écologique, la santé ou la défense.

Les eurodéputés justifient cette augmentation par la nécessité de renforcer les politiques européennes dans un contexte de crises multiples, comme la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques ou les défis liés à la transition écologique et numérique. Ils estiment que les 2 000 milliards d’euros initialement proposés par la Commission ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des besoins.

NextGenerationEU est un plan de relance européen de 750 milliards d’euros (en prix 2020) adopté en 2020 pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19. Le Parlement européen propose de ne pas inclure son remboursement dans le cadre financier 2028-2034, ce qui permettrait de réserver ces fonds à des dépenses exceptionnelles ou à des investissements ciblés.