Libération révèle en exclusivité la carte des projets de chaufferies CSR en France, ces incinérateurs nouvelle génération dont le rendement énergétique reste limité. Ces installations, qui transforment des combustibles solides de récupération (CSR) en énergie, suscitent des débats locaux sur leur implantation.

Ce qu'il faut retenir

  • Libération publie la première carte complète des projets de chaufferies CSR en France
  • Ces incinérateurs, dits « nouvelle génération », affichent un rendement énergétique modeste
  • Les projets sont répartis dans plusieurs régions, avec des annonces récentes en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine
  • Les CSR sont issus de déchets non recyclables, transformés en combustible
  • Les chaufferies visent à réduire la mise en décharge et valoriser énergétiquement certains déchets

Des incinérateurs « nouvelle génération » aux performances limitées

Selon Libération, les chaufferies CSR se présentent comme une solution alternative aux incinérateurs classiques, avec une promesse de valorisation énergétique des déchets non recyclables. Pourtant, leur rendement reste modeste : « On parle d’un rendement énergétique d’environ 20 à 30 %, contre 70 % pour une chaudière à gaz performante », a précisé un expert cité par le quotidien. Autant dire que l’efficacité énergétique de ces installations ne rivalise pas avec celle des systèmes traditionnels.

Ces projets s’inscrivent dans la stratégie française de réduction des déchets envoyés en décharge, conformément à la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020. Les CSR, fabriqués à partir de déchets solides non recyclables, sont censés offrir une seconde vie énergétique à des matériaux autrement destinés à l’enfouissement ou à l’incinération classique.

Une carte des projets pour éclairer les citoyens

Pour la première fois, Libération publie une carte interactive recensant les projets de chaufferies CSR en cours ou prévus sur le territoire. On y découvre que plusieurs régions sont concernées, avec des annonces récentes en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. « La carte permet aux citoyens de savoir si un tel projet est envisagé près de chez eux », explique le quotidien. Parmi les projets identifiés, certains sont déjà en phase de concertation, tandis que d’autres attendent des autorisations préfectorales.

Les régions les plus actives dans ce domaine sont celles où la gestion des déchets est un enjeu majeur, comme l’Île-de-France ou Auvergne-Rhône-Alpes. « Ces projets sont souvent portés par des collectivités locales ou des syndicats de traitement des déchets, qui cherchent à diversifier leurs solutions de valorisation », précise un responsable interrogé par Libération.

Un modèle contesté sur le plan environnemental

Malgré leur promesse de réduction des déchets, les chaufferies CSR font l’objet de critiques. Des associations environnementales, comme Zero Waste France, dénoncent leur impact carbone et leur contribution à la pollution de l’air. « Brûler des CSR émet des particules fines et des gaz à effet de serre, ce qui va à l’encontre des objectifs climatiques », a souligné un porte-parole de l’association. Selon Libération, ces installations pourraient aussi prolonger le modèle de l’incinération, alors que la priorité devrait être donnée au recyclage et à la prévention des déchets.

Côté industriel, certains acteurs défendent le modèle. « Les CSR permettent de traiter des flux de déchets non recyclables, tout en produisant une énergie locale », a indiqué un représentant du secteur. Reste que le débat oppose les partisans d’une solution « pragmatique » et les défenseurs d’une approche plus radicale de l’économie circulaire.

Et maintenant ?

Plusieurs projets de chaufferies CSR devraient être soumis à enquête publique d’ici la fin de l’année 2026, notamment en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Les décisions préfectorales pourraient intervenir courant 2027, avec une mise en service progressive à partir de 2028. Reste à voir si ces installations répondront aux attentes environnementales, alors que les objectifs de recyclage et de réduction des déchets s’intensifient.

Pour suivre l’évolution de ces projets, les citoyens peuvent consulter la carte interactive publiée par Libération, qui sera mise à jour régulièrement. Une chose est sûre : le débat sur l’avenir des déchets en France est loin d’être clos.

Un CSR (Combustible Solide de Récupération) est issu du traitement de déchets non recyclables, comme des plastiques mélangés ou des refus de tri. Ces déchets sont broyés, séchés et transformés en granulés ou en broyat, qui peuvent ensuite être brûlés pour produire de l’énergie. Le processus vise à valoriser énergétiquement des matériaux qui ne peuvent pas être recyclés autrement.