Depuis le 1er septembre 2025, Clément Hervieu-Léger a pris la succession d’Éric Ruf à la tête de la Comédie-Française. Dans un entretien accordé au Monde, le nouvel administrateur de l’institution théâtrale évoque sa vision pour renforcer le rayonnement de la troupe, notamment en développant des activités hors de Paris et en nouant des partenariats avec des lieux emblématiques, comme le musée du Louvre.

Selon Le Monde, Hervieu-Léger insiste sur la résilience de la Comédie-Française, une institution qu’il présente comme un pilier culturel malgré les défis rencontrés. « Je crois à la force de la Comédie-Française, elle a pu tanguer mais elle n’a jamais sombré », a-t-il affirmé lors de cet échange.

Ce qu'il faut retenir

  • Nouveau leadership : Clément Hervieu-Léger succède à Éric Ruf depuis le 1er septembre 2025.
  • Feuille de route territoriale : Développer l’activité de la troupe en région pour élargir son public.
  • Partenariats culturels : Créer des collaborations avec des institutions comme le musée du Louvre.
  • Résilience institutionnelle : L’institution a surmonté les crises sans jamais perdre son ancrage.

Un projet ancré dans la continuité et l’innovation

Clément Hervieu-Léger, qui occupait précédemment le poste de metteur en scène à la Comédie-Française, a été nommé administrateur pour succéder à Éric Ruf. Dans les colonnes du Monde, il explique que sa priorité consiste à ancrer davantage l’institution dans les territoires, en organisant des représentations en région et en développant des résidences artistiques. « Il s’agit de montrer que le théâtre public peut être un acteur clé du lien social », précise-t-il.

Côté partenariats, l’accent sera mis sur des collaborations avec des lieux culturels majeurs. Le musée du Louvre, par exemple, pourrait accueillir des spectacles ou des lectures, offrant ainsi une nouvelle visibilité à la troupe. « Ces alliances permettent de croiser les publics et de créer des dialogues entre les arts », souligne-t-il.

La Comédie-Française, une institution qui résiste

L’administration précédente, menée par Éric Ruf, avait déjà engagé des réformes pour moderniser la gestion de la Comédie-Française. Hervieu-Léger, qui a connu l’institution de l’intérieur, insiste sur sa solidité malgré les aléas. « Elle a pu tanguer, mais elle n’a jamais sombré », rappelle-t-il. Cette résilience s’explique en partie par son modèle unique : une troupe permanente, composée de comédiens engagés à vie, et un répertoire classique qui attire un public fidèle.

Le nouvel administrateur reconnaît toutefois que les défis sont nombreux. La baisse des subventions publiques et la concurrence des nouvelles formes de divertissement obligent l’institution à se réinventer. Pour lui, la clé réside dans une approche à la fois ambitieuse et pragmatique : « Il faut trouver un équilibre entre tradition et modernité, sans trahir l’âme de la Comédie-Française. »

Un dialogue renforcé avec les publics

Pour toucher de nouveaux spectateurs, Hervieu-Léger mise sur des formats innovants et une présence accrue en région. Des tournées seront organisées dans des villes moins desservies par les grandes institutions culturelles, avec des tarifs accessibles. « Le théâtre doit être un bien commun, pas un privilège », insiste-t-il. Les partenariats avec des lieux comme le Louvre s’inscrivent dans cette logique : ils permettent de toucher un public plus large et diversifié.

Autre axe fort de sa stratégie : la formation. La Comédie-Française accueillera davantage de jeunes talents en résidence, tout en maintenant son engagement envers la transmission du répertoire classique. « Former la prochaine génération de comédiens et de spectateurs est une mission essentielle », rappelle-t-il.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, Clément Hervieu-Léger prévoit de finaliser plusieurs partenariats culturels, dont celui avec le musée du Louvre. Une première série de représentations en région sera également lancée au printemps 2027, avec pour objectif d’évaluer l’impact de ces nouvelles initiatives. Reste à voir si ces mesures suffiront à compenser les tensions budgétaires qui pèsent sur les institutions culturelles.

Avec cette feuille de route, la Comédie-Française se tourne vers l’avenir en misant sur son héritage tout en osant des audaces. Comme le souligne Hervieu-Léger, « l’enjeu n’est pas de sauver la Comédie-Française, mais de lui permettre de continuer à rayonner ».

Le premier partenariat concret évoqué par l’administrateur concerne le musée du Louvre, avec lequel des collaborations artistiques devraient être lancées d’ici la fin 2026. D’autres institutions culturelles pourraient suivre, notamment des opéras et des centres dramatiques régionaux.