À Vancouver, où sept matchs de la Coupe du monde 2026 sont prévus, les associations locales et les personnes sans-abri redoutent une opération de « nettoyage » des espaces publics du centre-ville, à l’image de ce qui s’était produit lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010. Selon Le Monde, cette crainte s’appuie sur des précédents où les autorités municipales avaient mené des politiques de « place nette » pour préparer les grands événements internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- Vancouver accueillera sept matchs de la Coupe du monde 2026 dans un stade situé en centre-ville.
- Les associations locales et les sans-abri craignent un déplacement forcé des populations vulnérables, comme lors des Jeux d’hiver de 2010.
- En 2010, des opérations de « nettoyage » avaient visé à dégager les rues avant l’arrivée des touristes et des médias.
- La métropole canadienne, connue pour sa politique sociale progressiste, pourrait renforcer ses mesures répressives à l’approche du Mondial.
Un précédent qui alimente les craintes
Lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, les autorités municipales avaient mis en place des politiques visant à « assainir » les espaces publics du centre-ville. Ces opérations, officiellement destinées à améliorer l’image de la ville, s’étaient traduites par des arrestations massives de sans-abri, des expulsions de campements et une augmentation des contrôles policiers dans les quartiers populaires. « À l’époque, les autorités avaient justifié ces mesures par la nécessité de montrer une ville propre et accueillante », rappelle un rapport de l’ONG Pivot Legal Society publié en 2011.
Pourtant, ces actions avaient été vivement critiquées par les associations de défense des droits humains, qui avaient dénoncé une criminalisation de la pauvreté. « Les Jeux de 2010 ont servi de laboratoire pour des politiques répressives qui ciblent les plus vulnérables », explique Anna Koebel, coordinatrice de l’association Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU). Le Monde indique que cette expérience reste dans les mémoires des acteurs sociaux locaux.
Un Mondial qui pourrait accentuer les tensions sociales
La Coupe du monde 2026, dont Vancouver est l’une des villes hôtes, s’annonce comme un événement majeur pour le Canada. Avec sept matchs prévus au BC Place Stadium, situé en plein cœur de la métropole, les autorités municipales pourraient être tentées de reproduire certaines des mesures prises en 2010. Le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, dont Vancouver est la capitale, n’a pour l’instant pas communiqué sur d’éventuelles mesures spécifiques liées au Mondial.
Cependant, des indices laissent craindre une politique similaire. Depuis plusieurs mois, la municipalité a renforcé les arrêtés anti-camping dans les parcs et les rues du centre-ville. En mars 2026, une opération menée dans le quartier de Downtown Eastside avait conduit à la dispersion de plusieurs campements, provoquant l’indignation des associations. « On nous dit que c’est pour la sécurité des habitants, mais en réalité, ce sont les touristes et les visiteurs qui comptent », dénonce un militant anonyme de Pivot Legal Society.
Les associations appellent à la vigilance
Face à ces craintes, plusieurs collectifs locaux se mobilisent pour empêcher une répétition des erreurs de 2010. La coalition « Housing Now! », qui regroupe une vingtaine d’associations, a lancé une pétition exigeant des garanties contre les expulsions forcées. « Nous ne voulons pas que la Coupe du monde serve de prétexte à une nouvelle vague de répression », déclare Sarah Beuhler, porte-parole du groupe. La pétition, lancée en janvier 2026, avait déjà recueilli plus de 15 000 signatures à la mi-avril.
Parallèlement, des représentants des communautés autochtones, souvent surreprésentées parmi les sans-abri à Vancouver, ont alerté sur le risque de discrimination accrue. « Les politiques de nettoyage ciblent systématiquement nos frères et sœurs autochtones », explique un membre de l’association Downtown Eastside Response Society. Selon les dernières données du recensement municipal, les Autochtones représentent près de 30 % de la population sans-abri de la ville, alors qu’ils ne constituent que 2 % de la population totale.
En conclusion, la Coupe du monde 2026 à Vancouver cristallise les tensions autour de la gestion des populations précaires en période de grands événements. Entre les craintes d’un nouveau « nettoyage » social et les promesses des autorités de préserver les droits des plus vulnérables, la question reste entière. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la métropole canadienne saura concilier accueil des touristes et respect des droits fondamentaux.
Lors des Jeux de 2010, les autorités municipales avaient mis en place des opérations de « place nette » incluant des arrestations massives de sans-abri, des expulsions de campements et une augmentation des contrôles policiers dans les quartiers populaires. Ces mesures avaient été critiquées pour avoir ciblé de manière disproportionnée les populations vulnérables, notamment les Autochtones et les personnes en situation de précarité.