Alors que la France connaît un épisode de chaleur précoce ce 22 mai 2026, avec une hausse des températures de 10 à 15 °C en quelques jours selon Météo-France, l’exposition aux rayons ultraviolets s’intensifie. Face à cette évolution du climat, l’utilisation de crème solaire devient un réflexe indispensable, d’autant plus que les indices UV atteignent des niveaux élevés en cette période de l’année. Mais comment décrypter les mentions « SPF 20 », « FPS 50 » ou « indice UV » ? Numerama fait le point sur les bonnes pratiques à adopter.
Ce qu'il faut retenir
- Le FPS (Facteur de Protection Solaire) indique le temps avant l’apparition d’un coup de soleil, mais ne permet pas une exposition plus longue.
- Un FPS 30 signifie qu’il faudrait recevoir 30 fois plus d’UVB pour attraper un coup de soleil qu’en peau nue, selon l’Assurance Maladie.
- Il existe quatre niveaux de protection : faible (FPS 6-10), moyenne (FPS 15-25), haute (FPS 30-50) et très haute (FPS 50+).
- Les crèmes solaires doivent protéger à la fois des UVB (responsables des coups de soleil) et des UVA (liés aux risques de cancers cutanés).
- L’application doit être renouvelée toutes les deux heures, même pour les produits résistants à l’eau, et étalée en couche épaisse.
Le FPS : un indicateur à ne pas confondre avec une garantie de sécurité
Les chiffres affichés sur les tubes de crème solaire – 20, 30, 50 – correspondent au Facteur de Protection Solaire (FPS), aussi appelé SPF (Sun Protection Factor). Selon l’Assurance Maladie, ce chiffre représente « la quantité de soleil qu’il faudrait recevoir pour attraper un coup de soleil après avoir appliqué le produit ». Autrement dit, un FPS 30 indique qu’il faudrait recevoir 30 fois plus d’UVB pour provoquer une rougeur qu’en peau non protégée. Cette valeur ne signifie pas que l’on peut s’exposer deux fois plus longtemps, rappelle l’Assurance Maladie. Autant dire que le FPS ne doit pas inciter à prolonger son temps d’exposition.
Les UVB et les UVA : deux ennemis distincts à combattre
Les UVB sont responsables des coups de soleil, même à l’ombre, tandis que les UVA, présents toute l’année, pénètrent plus profondément dans la peau et sont impliqués dans le vieillissement cutané ainsi que dans la genèse de cancers de la peau. L’UFC-Que Choisir souligne que les deux types de rayons doivent être filtrés. Or, certaines crèmes se concentrent uniquement sur les UVB, laissant les UVA sans protection. Il est donc essentiel de vérifier que le produit mentionne bien la mention « large spectre » ou « anti-UVA/UVB ».
L’indice UV, qui mesure l’intensité des rayonnements, varie entre 1 et 9 en France de mai à août. Plus il est élevé, plus la protection doit être renforcée. Entre 7 et 8, comme annoncé pour ces prochains jours, il est recommandé d’adopter des mesures de protection renforcées.
Comment bien choisir son indice de protection ?
Le choix du FPS dépend avant tout de son phototype. L’Institut national de la consommation (INC) propose un guide pour aider à déterminer son type de peau : les peaux claires, qui brûlent facilement, doivent opter pour un FPS 50 ou 50+, tandis que les peaux mates ou noires peuvent se contenter d’un FPS 30 en cas d’ensoleillement modéré. Pour les enfants, dont la peau est particulièrement fragile, un FPS 50+ est systématiquement recommandé. « À cet âge-là, l’exposition intense et les coups de soleil qui s’ensuivent représentent un risque majeur d’apparition d’un mélanome cutané à l’âge adulte », met en garde l’Assurance Maladie.
Les pièges à éviter et les bonnes pratiques
Plusieurs erreurs courantes peuvent réduire l’efficacité d’une crème solaire. D’abord, ne pas réutiliser un tube de l’année précédente : une fois ouvert, le produit se dégrade avec le temps, surtout s’il a été exposé à la chaleur ou au soleil. Ensuite, ne pas confondre les crèmes solaires avec les produits accélérateurs de bronzage, qui ne protègent pas des UV et peuvent même augmenter les risques de coups de soleil. Enfin, l’application doit être généreuse et couvrir toutes les zones exposées : oreilles, tempes, nuque, dos des mains et dessus des pieds sont souvent oubliés.
L’INC recommande d’appliquer une couche de 2 mg/cm² de peau, soit environ six cuillères à café ou une demi-balle de ping-pong pour un adulte. Le produit doit être étalé 20 à 30 minutes avant l’exposition et renouvelé toutes les deux heures, ainsi qu’après chaque baignade ou activité physique intense, même si le produit est résistant à l’eau. Refermer soigneusement le tube et éviter de l’exposer directement au soleil prolonge également sa durée de vie.
« Un produit solaire à indice de protection solaire haute ou très haute ne permet pas une exposition plus longue. »
— Assurance Maladie
Une protection solaire qui s’étend au-delà des vacances
Contrairement aux idées reçues, la crème solaire n’est pas réservée aux plages ou aux randonnées estivales. L’exposition aux UV est quotidienne : en ville, lors d’une balade, en faisant du sport ou même en conduisant, la peau est soumise à des rayonnements. Les dermatologues recommandent d’intégrer l’application de crème solaire dans sa routine matinale, surtout en période d’indice UV élevé. Les produits solaires sous forme de brume ou de stick, plus pratiques à transporter, facilitent cette habitude.
Enfin, il est important de rappeler que aucune crème solaire ne filtre 100 % des UV. L’appellation « écran total » est d’ailleurs interdite en France, car elle peut induire en erreur. Pour compléter la protection, le port de vêtements couvrants, de lunettes de soleil certifiées CE et d’un chapeau à large bord est conseillé, surtout aux heures où le soleil est à son zénith (entre 12h et 16h).
Que retenir pour bien se protéger ?
En résumé, voici les étapes clés pour une protection solaire efficace :
— Choisir un FPS adapté à son type de peau (50+ pour les peaux claires, 30 pour les peaux mates ou noires).
— Vérifier que le produit protège des UVB et des UVA (mention « large spectre »).
— Appliquer une quantité suffisante (2 mg/cm²) et renouveler l’application toutes les deux heures.
— Associer la crème solaire à d’autres protections (vêtements, lunettes, chapeau).
— Adapter son comportement en limitant l’exposition aux heures où l’indice UV est le plus élevé.
Oui, on peut bronzer avec une crème solaire, quel que soit son indice de protection. Une crème solaire ne bloque pas les UVB de manière totale, mais les filtre suffisamment pour permettre un bronzage progressif sans coup de soleil. Le bronzage reste un signe d’aggression de la peau par les UV.
Oui, même par temps couvert, jusqu’à 80 % des UV traversent les nuages. Une exposition prolongée sans protection peut donc provoquer des coups de soleil ou des dommages cutanés à long terme. L’application de crème solaire est donc recommandée toute l’année, surtout en cas d’indice UV élevé.
Avec l’arrivée des fortes chaleurs en cette fin mai 2026, l’usage de la crème solaire s’impose comme une mesure de santé publique. En adoptant les bons réflexes, chacun peut profiter du soleil en limitant les risques pour sa peau.