La situation au Soudan s’aggrave en raison des perturbations logistiques liées au détroit d’Ormuz, comme le rapporte France 24. Selon un rapport des Nations unies, près d’un tiers des importations mondiales d’engrais transitent par cette voie maritime stratégique. Or, cette route est aujourd’hui menacée par les tensions géopolitiques dans la région.
Ce qu'il faut retenir
- Le Soudan importe 54 % de ses engrais par voie maritime via le détroit d’Ormuz, soit près de deux tiers de ses approvisionnements.
- Un rapport de l’ONU indique que un million de tonnes de fertilisants transitent chaque année par cette route, représentant un tiers des importations mondiales.
- La crise actuelle risque d’aggraver la pénurie d’engrais, essentiels pour l’agriculture soudanaise, déjà fragilisée.
Un détroit stratégique pour l’approvisionnement mondial
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’un des passages maritimes les plus fréquentés au monde. Il concentre à lui seul près de 35 % du trafic mondial d’engrais, selon les données des Nations unies. Toute perturbation dans cette zone a donc des répercussions immédiates sur les pays dépendants de ces importations.
Le Soudan, pays d’Afrique de l’Est, figure parmi les plus vulnérables. Ses infrastructures logistiques, limitées, rendent difficile le contournement de cette route maritime. Les conséquences pourraient se répercuter sur la sécurité alimentaire du pays, où l’agriculture représente une part majeure de l’économie.
Une dépendance dangereuse pour Khartoum
Avec plus de la moitié de ses engrais importés via le détroit d’Ormuz, le Soudan illustre la fragilité des chaînes d’approvisionnement africaines. Les alternatives, comme les routes terrestres ou les importations par d’autres ports, restent limitées en capacité et en coût. L’ONU souligne que les délais de livraison se sont allongés de 40 % depuis le début des tensions dans la région.
Les autorités soudanaises n’ont pas encore communiqué de mesures d’urgence, mais les agriculteurs locaux commencent à ressentir les effets. Les prix des fertilisants ont déjà augmenté de 20 à 30 % dans certaines régions, selon des sources locales citées par France 24.
Un contexte géopolitique explosif
Les tensions autour du détroit d’Ormuz ne sont pas nouvelles. En 2019, des attaques contre des tankers avaient déjà provoqué une flambée des prix du pétrole et des perturbations logistiques. Aujourd’hui, la situation reste tendue en raison des différends entre l’Iran et les pays du Golfe, soutenus par les États-Unis.
« La crise actuelle dans le détroit d’Ormuz menace directement la sécurité alimentaire de millions de personnes en Afrique », a déclaré un expert en géopolitique économique à France 24. Les pays africains, déjà fragilisés par les changements climatiques et les conflits, pourraient subir de plein fouet les conséquences de cette dépendance.
Pour l’instant, le Soudan et ses voisins doivent composer avec une situation précaire. Les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation internationale pour éviter une crise alimentaire majeure dans la région.