Le général Emmanuel Naëgelen, nouveau commandant de la cyberdéfense française, a dressé un état des lieux des défis actuels en matière de cybersécurité militaire. Ses déclarations surviennent alors que l’exercice Locked Shields, organisé par l’Otan, vient de s’achever en Estonie, où se trouve le centre d’excellence cyber de l’alliance atlantique. Selon Le Figaro, les équipes françaises ont terminé troisièmes de cette compétition annuelle, derrière les Polonais vainqueurs en 2025 et les Suédois cette année.

Ce qu'il faut retenir

  • Les cybercombattants français ont terminé troisièmes de l’exercice Locked Shields 2026, une compétition internationale de cyberdéfense organisée à Tallinn, en Estonie.
  • L’exercice, qui s’est tenu en avril 2026, met en scène des équipes multinationales chargées de protéger des infrastructures critiques dans un environnement simulé.
  • Le général Emmanuel Naëgelen souligne la complexité croissante des réseaux à défendre, incluant des systèmes énergétiques, des hôpitaux et des fournisseurs moins protégés.

Un exercice devenu stratégique pour l’Otan

Lancé en 2008, Locked Shields n’est plus seulement une épreuve technique, mais un outil essentiel pour évaluer la résilience des armées face aux cybermenaces. Selon Le Figaro, l’édition 2026 a mis l’accent sur la protection de réseaux de plus en plus interconnectés, reflétant la réalité des infrastructures modernes. « Les réseaux à défendre sont de plus en plus complexes », a expliqué le général Naëgelen avant le début des hostilités. L’exercice simule des attaques contre des infrastructures critiques, obligeant les participants à réagir en temps réel à des scénarios variés, allant des pannes de réseaux énergétiques aux intrusions dans des systèmes hospitaliers.

Cette année, la France a concouru aux côtés de la Suède, tandis que la Pologne a remporté l’édition 2025. Pour l’état-major français, ces résultats soulignent l’importance de la coopération internationale, mais aussi la nécessité d’adapter en permanence les stratégies de défense. « Défensif, Locked Shields n’est plus seulement un exercice technique, il est devenu aussi… », a indiqué le général Naëgelen, sans préciser la suite de sa phrase dans l’article du Figaro. Autant dire que la compétition dépasse désormais le cadre purement technique pour s’inscrire dans une logique opérationnelle.

Des infrastructures critiques de plus en plus exposées

L’exercice organisé à Tallinn illustre une réalité préoccupante : les cyberattaques ciblent désormais des secteurs autrefois considérés comme secondaires. Selon le général Naëgelen, cité par Le Figaro, les défis incluent la protection de fournisseurs moins bien sécurisés, souvent utilisés comme portes d’entrée par les attaquants. « Dans un environnement simulé, les cyberdéfenseurs doivent protéger des infrastructures critiques, comme des réseaux énergétiques, des systèmes civils cruciaux, comme des hôpitaux », a-t-il détaillé. Cette approche reflète les craintes des autorités françaises, qui ont multiplié les mises en garde ces derniers mois.

En mars 2026, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait déjà alerté sur la menace croissante pesant sur les infrastructures françaises. Ses propos s’inscrivaient dans un contexte où les cyberattaques, qu’elles soient étatiques ou criminelles, se multiplient. Le mois dernier, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) avait révélé avoir déjoué une tentative d’intrusion majeure visant un opérateur énergétique français. Ces incidents rappellent que la France, comme ses alliés, doit anticiper des attaques toujours plus sophistiquées.

L’intelligence artificielle au cœur des nouvelles stratégies

Face à cette menace en constante évolution, le général Bonnemaison, responsable de la cyberdéfense au sein de l’état-major, a récemment souligné le rôle clé de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle permettra d’améliorer notre cyberdéfense », a-t-il déclaré, sans préciser les modalités concrètes de cette intégration. Selon lui, l’IA pourrait aider à détecter plus rapidement les anomalies dans les réseaux ou à automatiser certaines réponses aux attaques.

Cette approche s’inscrit dans une logique de modernisation des outils de défense. En 2025, la France avait déjà annoncé la création d’un centre d’excellence cyber dédié à l’innovation technologique, en collaboration avec des partenaires européens. L’objectif ? Renforcer la capacité à anticiper les attaques et à réduire les temps de réaction. Reste à voir comment ces outils seront déployés à grande échelle et s’ils pourront contrer des menaces toujours plus imprévisibles.

Et maintenant ?

La France devrait prochainement publier sa nouvelle stratégie nationale de cyberdéfense, prévue pour l’automne 2026. Ce document, actuellement en cours de finalisation, intégrera probablement les enseignements tirés de Locked Shields 2026 ainsi que les avancées en matière d’IA. Par ailleurs, les prochaines élections américaines en novembre 2026 pourraient impacter les priorités européennes en matière de cybersécurité, notamment si une nouvelle administration réévalue les engagements de l’Otan. Enfin, les industriels du secteur attendent des clarifications sur les budgets alloués à la modernisation des infrastructures critiques.

Alors que les cybermenaces continuent de se diversifier, la France mise sur l’innovation et la coopération internationale pour maintenir son rang. L’exercice Locked Shields a montré que la compétition reste rude, mais aussi que chaque point gagné aujourd’hui pourrait faire la différence demain.

Locked Shields est une compétition internationale de cyberdéfense organisée chaque année par l’Otan. Elle réunit des équipes multinationales chargées de protéger des infrastructures critiques dans un environnement simulé. Créé en 2008, cet exercice est devenu un outil stratégique pour évaluer la résilience des armées face aux cybermenaces.