Au cœur de l’Utah, une tradition locale mêle danse synchronisée et discipline quasi militaire. Les Corner Canyon Charelles, une équipe de drill team, se sont distinguées lors du Rocky Mountain Invitational à Sandy le 10 janvier 2026, en participant à une compétition mettant en avant des chorégraphies rigides, des poings serrés et des mouvements de coudes précis. Courrier International revient sur ce phénomène, inspiré des cheerleaders texanes des années 1930, qui a pris une dimension toute particulière dans cet État de l’Ouest américain.
Ce qu'il faut retenir
- Les drill teams de l’Utah se caractérisent par des chorégraphies militaires, incluant poings serrés et mouvements raides des coudes, selon Courrier International.
- Cette pratique trouve ses origines au Texas dans les années 1930, où des équipes de cheerleaders évoluent vers des formations plus disciplinées.
- Le style militaire s’est répandu dans l’Utah, où il coexiste avec le drill down, un jeu rappelant « Jacques a dit » mais adapté à un cadre militaire.
- Les Kilgore Rangerettes, fondées en 1939, sont devenues un modèle emblématique de drill team aux États-Unis.
Selon Courrier International, ces équipes, appelées drill teams, sont nées d’une évolution des cheerleaders traditionnelles. Leur objectif initial ? Animer les mi-temps des matchs de football américain. Mais c’est au Texas, dans les années 1930, que cette pratique a pris une tournure plus structurée. Gussie Nell Davis, une professeure de sport, a créé en 1929 les premières équipes de cheerleaders dans la ville de Greenville, marquant le début d’une tradition toujours vivace aujourd’hui. « Les pep squads, dont sont issues les drill teams, naissent en 1929 de la volonté d’une professeure de sport américaine, Gussie Nell Davis, à Greenville, au Texas. Leur but : danser lors de la mi-temps des matchs de football américain », explique Courrier International.
L’innovation texane a rapidement gagné en popularité. En 1939, le doyen de l’université de Kilgore sollicite Gussie Nell Davis pour une mission précise : réduire les comportements indésirables dans les gradins. « De trop nombreux jeunes hommes buvaient de l’alcool sous les gradins pendant les matchs. Il s’est dit que, s’il y avait plein de jolies filles sur le terrain, les gens ne quitteraient peut-être pas leurs sièges pendant la mi-temps », raconte Courrier International. C’est ainsi que naissent les Kilgore Rangerettes, une équipe devenue emblématique pour ses grands battements de jambes synchronisés et ses bottes de cow-boy. Elles se produisent encore aujourd’hui, comme en témoigne leur prestation avant la première mi-temps du match opposant les Miami Hurricanes aux Ohio State Buckeyes le 31 décembre 2025 au stade AT&T d’Arlington, au Texas.
Parallèlement, une autre figure clé, Kay Teer, a contribué à diffuser ce concept. Originaire de la vallée du Rio Grande, elle a créé une drill team comme « lot de consolation pour les filles qui n’avaient pas été retenues dans l’équipe des cheerleaders ». Son approche a ensuite été importée en Californie du Sud, où elle s’est répandue dans les États voisins. « Kay Teer a importé son concept de drill team lorsqu’elle est venue enseigner dans le sud de la Californie, d’où l’idée s’est répandue aux États voisins », souligne Courrier International.
L’Utah occupe une place à part dans ce paysage. L’État a adopté deux traditions distinctes : le style militaire, avec des chorégraphies hautement synchronisées, et le drill down, une version adaptée de « Jacques a dit » où les mouvements sont exécutés au commandement. Ces pratiques en font un État unique dans le « monde ultracompétitif de la danse dans les lycées » américains. Les équipes locales, comme les Corner Canyon Charelles, participent ainsi à des compétitions où la précision et la discipline priment sur l’aspect spectaculaire des cheerleaders classiques.
« Ça, c’est le style militaire : chorégraphies hautement synchronisées où figurent poings serrés, mains rigides et mouvements raides des coudes », écrit The New York Times, cité par Courrier International.
Les prochaines éditions de ce type d’événements, prévues dans les mois à venir, pourraient ainsi offrir une vitrine supplémentaire à ces équipes, tout en consolidant la réputation de l’Utah comme bastion de cette pratique. Pour l’instant, les drill teams de l’Utah continuent de marquer les esprits par leur professionnalisme et leur discipline, prouvant que leur héritage texan a su s’adapter et prospérer dans un nouvel environnement.
Une drill team se distingue par ses chorégraphies militarisées, incluant des mouvements rigides, des poings serrés et une synchronisation extrême. Contrairement aux cheerleaders traditionnelles, dont le rôle est d’encourager les équipes sportives, les drill teams se concentrent sur des performances artistiques et disciplinées, souvent dans un cadre compétitif.