Deux activistes italiens, membres du mouvement Global Sumud, ont fait état de violences sexuelles et d’actes de torture lors de leur détention de deux jours en Israël, avant leur libération jeudi 21 mai 2026. Selon Libération, ces témoignages s’ajoutent à ceux d’autres militants internationaux arrêtés alors qu’ils manifestaient en soutien à la bande de Gaza.

Ce qu'il faut retenir

  • 480 activistes ont été détenus par les autorités israéliennes avant leur libération progressive à partir du 21 mai 2026.
  • Deux militants italiens ont dénoncé des violences sexuelles et des actes de torture pendant leur incarcération.
  • Ces déclarations interviennent alors que des ONG et gouvernements européens s’interrogent sur les conditions de détention des prisonniers politiques en Israël.
  • Le mouvement Global Sumud, à l’origine de cette mission de solidarité, n’a pas encore réagi officiellement.

Parmi les 480 activistes libérés jeudi, deux Italiens, revenus dans leur pays, ont accepté de témoigner. Leurs déclarations, rapportées par Libération, décrivent un traitement qualifié de « brutal » et « systématique ». L’un d’eux, Marco Bianchi (nom fictif à la demande de l’intéressé), a affirmé avoir subi des « violences sexuelles répétées » lors des interrogatoires menés par des agents israéliens. « On nous a infligé des douleurs physiques et psychologiques, comme si nous étions des criminels », a-t-il déclaré à son arrivée à Rome.

Le second militant, Sofia Marchetti, a évoqué des « actes de torture » visant à obtenir des aveux ou des informations sur les réseaux de soutien au Hamas. « Ils nous ont maintenus dans des positions douloureuses pendant des heures, et nous avons été privés de sommeil », a-t-elle expliqué. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur les lieux de détention, mais les autorités israéliennes n’ont pas encore réagi à ces accusations.

Cette affaire survient dans un contexte de tensions accrues entre Israël et les organisations pro-palestiniennes. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs missions de solidarité vers Gaza ont été entravées par les autorités israéliennes, qui justifient ces mesures par des « risques sécuritaires ». Pourtant, aucune preuve n’a été avancée pour étayer ces détentions massives, soulignent des observateurs. Le mouvement Global Sumud, connu pour ses actions non violentes, dénonce une « criminalisation de l’aide humanitaire » et exige des éclaircissements.

Et maintenant ?

Les autorités israéliennes n’ont pas encore communiqué sur ces accusations, mais des diplomates européens devraient exiger des explications dans les prochains jours. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être convoquée si les témoignages se multiplient, d’autant que d’autres militants en provenance de France et d’Espagne sont attendus dans les prochaines 48 heures. Pour l’heure, aucune enquête indépendante n’a été annoncée par Israël.

Cette affaire relance également le débat sur la protection des défenseurs des droits humains. Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, appellent à une enquête transparente. « Si ces allégations sont confirmées, cela constituerait une violation grave du droit international », a rappelé une porte-parole de l’ONU. Les autorités israéliennes, de leur côté, continuent de présenter ces détentions comme des « mesures préventives » contre les activités pro-palestiniennes.

Reste à savoir si ces témoignages isolés déboucheront sur une remise en cause des pratiques israéliennes. En attendant, les deux militants italiens ont annoncé qu’ils porteraient plainte pour « violences et tortures » une fois leurs déclarations officielles enregistrées. Leur avocat, Giovanni Rossi, a indiqué qu’il saisirait la Cour pénale internationale si aucune réponse n’était apportée par Israël d’ici la fin du mois.

Le mouvement Global Sumud est une organisation internationale qui milite pour la levée du blocus de Gaza et la défense des droits des Palestiniens. Fondée en 2020, elle organise régulièrement des missions de solidarité, souvent bloquées par les autorités israéliennes.