Selon Le Figaro, le président américain Donald Trump aurait évoqué ce lundi 11 mai 2026 la possibilité d’intégrer le Venezuela aux États-Unis en tant que 51e État. Cette déclaration intervient près de cinq mois après l’arrestation de l’ex-président vénézuélien Nicolás Maduro à l’issue d’une opération militaire controversée menée sur le territoire vénézuélien. Une telle intégration nécessiterait une annexion territoriale, un processus complexe et politiquement sensible, rarement mis en œuvre depuis l’adhésion de Hawaï en 1959.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a évoqué « sérieusement » l’idée d’intégrer le Venezuela comme 51e État américain, selon des propos rapportés par Fox News.
- Cette déclaration fait suite à la capture de Nicolás Maduro en décembre 2025, après une intervention militaire internationale.
- Le président américain a précédemment mentionné cette possibilité en mars 2026 sur Truth Media, en réaction à la victoire du Venezuela en World Baseball Classic.
- La présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodríguez, a immédiatement rejeté cette idée depuis La Haye, réaffirmant l’attachement du pays à son indépendance.
- Les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela ont été rétablies en mars 2026, après sept ans de rupture sous le régime Maduro.
Une déclaration surprise dans un contexte géopolitique tendu
Donald Trump a confié à un journaliste de Fox News envisager « sérieusement » de faire du Venezuela le 51e État des États-Unis, une proposition qui a immédiatement suscité des réactions en Amérique latine et aux États-Unis. Cette annonce survient cinq mois après la chute de Nicolás Maduro, renversé lors d’une opération militaire menée par une coalition internationale, selon les autorités américaines de l’époque. Le Figaro précise que le locataire de la Maison-Blanche se présente volontiers comme celui qui « contrôle le pays », une formule qu’il utilise régulièrement pour souligner son influence sur la politique intérieure américaine.
Cette déclaration rappelle une publication antérieure de Donald Trump sur son réseau social Truth Media, où il s’était interrogé, le 10 mars 2026 : « De bonnes choses arrivent au Venezuela ces derniers temps (...) État n°51, quelqu’un ? ». Cette publication faisait suite à la victoire de l’équipe nationale vénézuélienne en World Baseball Classic, un sport que le milliardaire américain affectionne particulièrement. À l’époque, le ton employé était plus léger, presque provocateur, mais l’idée d’une annexion territoriale semble désormais envisagée avec un sérieux inattendu.
Delcy Rodríguez rejette catégoriquement l’idée d’une annexion
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a réagi avec fermeté à cette proposition depuis La Haye, où elle participait à une réunion diplomatique. « Cela n'aurait jamais été envisagé, parce que s'il y a bien une chose que nous, Vénézuéliennes et Vénézuéliens, avons, c'est que nous aimons notre processus d'indépendance, nous aimons nos héros et héroïnes de l'indépendance », a-t-elle déclaré. Cette prise de position illustre la sensibilité du sujet en Amérique latine, où l’idée d’une ingérence américaine, même déguisée en intégration territoriale, reste un sujet hautement inflammable.
Delcy Rodríguez a par ailleurs confirmé que son gouvernement travaille à « un agenda diplomatique de coopération » avec les États-Unis, un rapprochement rendu possible par la restauration des relations diplomatiques entre Washington et Caracas en mars 2026. Cette réouverture des canaux diplomatiques avait été saluée par Donald Trump, qui y voyait une avancée majeure après sept années de rupture sous le régime de Nicolás Maduro. Cependant, l’opposition vénézuélienne, toujours active malgré la chute de Maduro, continue de réclamer la tenue d’élections libres et transparentes pour légitimer toute transition politique.
Un processus d’intégration complexe et incertain
Si l’idée d’ajouter un nouvel État à l’Union fait partie des fantasmes politiques américains depuis des décennies, le cas vénézuélien soulève des questions juridiques, logistiques et diplomatiques majeures. Une annexion nécessiterait d’abord une reconnaissance internationale, une consultation populaire au Venezuela — où la population est divisée sur l’avenir du pays — et une validation par le Congrès américain. Or, le Venezuela reste profondément marqué par des années de crise économique, de divisions politiques et de tensions sociales, autant de facteurs qui rendent toute intégration immédiate improbable.
Par ailleurs, les États-Unis ont déjà tenté, par le passé, de transformer des territoires en États fédérés, comme Porto Rico ou Guam, sans succès. Le processus d’adhésion requiert une majorité des deux tiers au Sénat américain, une condition difficile à remplir dans un contexte politique aussi polarisé que celui des États-Unis en 2026. Enfin, l’opinion publique vénézuélienne, malgré son mécontentement envers l’héritage chaviste, reste attachée à sa souveraineté nationale, comme l’a rappelé Delcy Rodríguez.
Un rapprochement diplomatique en trompe-l’œil ?
Malgré les déclarations de Donald Trump et la réouverture des relations diplomatiques entre les deux pays, les tensions persistent sur plusieurs dossiers sensibles. L’opposition vénézuélienne, bien que marginalisée sous Maduro, continue de dénoncer les arrestations arbitraires et le manque de libertés fondamentales. « Tant que les détenus restent derrière les barreaux, il n’y aura pas de démocratie », a rappelé un porte-parole de la coalition démocratique, interrogé par Le Figaro. Par ailleurs, la question de la transition politique reste entière : qui gouvernera le Venezuela une fois les institutions provisoires mises en place ?
Du côté américain, l’administration Trump semble privilégier une approche pragmatique, mêlant soutien à la présidente par intérim et pression pour des réformes structurelles. Cependant, l’idée d’une annexion territoriale, bien que relayée par une partie de l’électorat trumpiste, reste marginale dans les cercles diplomatiques. « Une intégration du Venezuela dans l’Union serait un bouleversement géopolitique sans précédent depuis des décennies », souligne un analyste interrogé par Le Figaro sous couvert d’anonymat.
Alors que les spéculations sur l’avenir du Venezuela s’intensifient, une chose est certaine : toute décision concernant l’intégration du pays aux États-Unis nécessitera un consensus national au Venezuela et une approbation internationale, deux conditions qui semblent, à ce stade, loin d’être réunies.
Plusieurs étapes juridiques et politiques seraient nécessaires : une reconnaissance internationale de l’annexion, une consultation populaire au Venezuela pour valider le projet, une majorité des deux tiers au Sénat américain pour approuver l’adhésion, et enfin une intégration progressive aux institutions fédérales. Ce processus pourrait prendre plusieurs années, voire une décennie.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette déclaration : la chute récente de Nicolás Maduro, qui ouvre une nouvelle ère pour le Venezuela ; la volonté de renforcer l’influence américaine en Amérique latine face à la Chine et à la Russie ; et enfin, une stratégie politique interne visant à mobiliser une partie de l’électorat trumpiste, sensible aux thèmes de la souveraineté et de l’expansion territoriale.