Une frappe aérienne de l’armée nigériane a causé la mort d’au moins 72 civils, majoritairement des habitants du marché de Tumfa, dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria. L’attaque, survenue dimanche 10 mai, a visé un lieu particulièrement fréquenté, aggravant le bilan humain dans une région déjà marquée par l’insécurité. Selon RFI, qui cite un chef communautaire local, la majorité des victimes étaient des civils, bien que les autorités n’aient pas encore réagi officiellement.
Ce qu'il faut retenir
- Une frappe aérienne a touché le marché de Tumfa, dans la ville de Zurmi (État de Zamfara), dimanche 10 mai 2026.
- Le bilan provisoire fait état d’au moins 72 morts, principalement des civils, selon un chef communautaire interrogé par RFI.
- La branche nigériane d’Amnesty International évoque un bilan de 100 morts, tandis qu’un habitant local avance le chiffre de 117 victimes.
Un bilan humain qui s’alourdit selon les sources
Les chiffres avancés par les différentes parties divergent, reflétant l’ampleur du chaos consécutif à l’attaque. Un chef communautaire a confirmé à RFI que 72 personnes avaient péri, principalement des civils présents sur le marché de Tumfa au moment des frappes. Cependant, les organisations locales et les habitants évoquent un bilan bien plus lourd.
Amnesty International Nigeria, citée par RFI, a indiqué que au moins 100 civils auraient été tués. Un témoin, joint par la même source, a pour sa part évoqué un bilan de 117 morts, suggérant que le nombre réel de victimes pourrait encore augmenter avec l’arrivée des secours et des enquêtes complémentaires.
Un marché bondé, cible d’une frappe controversée
Le marché de Tumfa, situé dans la ville de Zurmi, était particulièrement animé au moment de l’attaque. Les frappes aériennes visant des zones civiles sont régulièrement dénoncées comme des erreurs tragiques par les organisations de défense des droits humains. Aucune revendication n’a encore été formulée, mais l’État de Zamfara est connu pour être un foyer d’activité des groupes armés non étatiques, notamment des bandits et des factions liées à Boko Haram.
Les autorités nigérianes n’ont pas encore réagi publiquement à cet événement, laissant planer des interrogations sur les circonstances exactes de cette frappe. Le manque de communication officielle alimente les spéculations et les accusations de négligence, voire de ciblage délibéré.
« Le bilan pourrait encore s’alourdir, car de nombreuses personnes sont portées disparues et les secours peinent à accéder à certaines zones en raison de l’insécurité persistante. »
— Chef communautaire de Zamfara, cité par RFI
Un contexte sécuritaire déjà tendu
L’État de Zamfara, situé dans le nord-ouest du Nigeria, est en proie à une insécurité chronique depuis plusieurs années. Les attaques de groupes armés, les conflits intercommunautaires et les opérations militaires ont fait des milliers de morts et de déplacés. Les marchés et les villages sont souvent pris pour cible, en raison de leur concentration de civils et de leur vulnérabilité.
Cette frappe intervient dans un contexte où les forces armées nigérianes sont régulièrement accusées de violences contre les populations civiles, malgré leurs missions officielles de lutte contre le terrorisme. Les organisations internationales, comme Amnesty International, ont maintes fois dénoncé des bavures militaires, appelant à des enquêtes indépendantes et à une plus grande transparence.
Cette attaque rappelle une fois de plus les défis sécuritaires auxquels le Nigeria est confronté, dans un nord-ouest où les civils paient souvent le prix fort des conflits entre l’armée, les groupes armés et les milices locales.
Les frappes aériennes visant des marchés ou des zones civiles sont généralement présentées par les autorités comme des erreurs ou des bavures, souvent attribuées à des confusions sur les cibles ou à des informations de renseignement erronées. Cependant, aucune explication officielle n’a encore été fournie pour cette attaque spécifique. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, dénoncent régulièrement ces pratiques, soulignant que les civils paient un lourd tribut dans les zones de conflit au Nigeria.