Alors que l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale continue de mobiliser les autorités sanitaires, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a tenu à rassurer sur le risque d’importation du virus à Mayotte. Intervenant ce 22 mai 2026 sur franceinfo, elle a reconnu « l’inquiétude » légitime face à cette maladie, tout en rappelant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie ce risque de « très faible » pour les territoires situés en dehors des zones touchées, comme la République démocratique du Congo ou l’Ouganda.

Ce vendredi, la députée Estelle Youssouffa, élue de la première circonscription de Mayotte, avait dénoncé sur la même antenne « l’impuissance » des autorités face à la menace. Elle reprochait notamment aux pouvoirs publics de vouloir « minimiser » le danger, alors que l’île reçoit régulièrement des migrants en provenance de régions affectées par l’épidémie. Dans ce contexte, la ministre a assuré que « dès l’alerte lancée par l’OMS, le gouvernement a commencé à travailler sur Ebola pour anticiper » tout scénario, y compris les plus pessimistes.

Ce qu'il faut retenir

  • L’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, face à l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale.
  • Le risque d’importation à Mayotte est jugé « très faible » par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, malgré les craintes exprimées par des élus locaux.
  • Dès l’alerte OMS, « on a commencé à travailler sur Ebola pour anticiper », affirme la ministre, avec une surveillance sanitaire renforcée à Mayotte.
  • Des mesures de précaution ont été mises en place dès dimanche 18 mai par l’Agence régionale de santé et le préfet de Mayotte, via une sensibilisation des professionnels.
  • Des soignants humanitaires français sont déployés dans les zones touchées, mais leur nombre exact n’a pas été précisé par la ministre.

Un risque « très faible » selon l’OMS, mais une vigilance accrue

Face à l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement plusieurs pays d’Afrique centrale, l’Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire de niveau international le 17 mai. Une décision prise en raison de la « forte mortalité » associée à ce virus, qui reste l’un des plus redoutés au monde. Pourtant, comme l’a souligné Stéphanie Rist, « l’OMS considère que le risque pour les pays qui sont au-delà des frontières de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda est très faible ».

La ministre a tenu à rappeler ce cadre rassurant, tout en reconnaissant que « c’est un virus qui est inquiétant ». Elle a également indiqué que « dès qu’il y a eu l’alerte de l’OMS, on a évidemment commencé à travailler sur Ebola pour anticiper ». Selon elle, cette anticipation inclut tous les scénarios, « même les pires ». Un travail préparatoire que le gouvernement juge essentiel pour éviter toute importation du virus à Mayotte, territoire ultramarin régulièrement exposé aux flux migratoires en provenance de zones à risque.

Mayotte sous surveillance renforcée depuis dimanche

Pour anticiper toute propagation, les autorités sanitaires ont activé un dispositif de précaution dès le 18 mai, soit le lendemain de l’alerte OMS. « Dès le dimanche, l’Agence régionale de santé de Mayotte et le préfet mettaient en place une sensibilisation des professionnels et des mesures », a expliqué Stéphanie Rist. Parmi ces actions, la ministre a cité le renforcement de la surveillance sanitaire et la préparation de scénarios d’intervention en cas de suspicion de cas importé.

Ce suivi s’inscrit dans une logique de prévention active. « Tout à l’heure, j’aurai l’occasion d’être avec les experts scientifiques pour voir toutes les mesures éventuelles à mettre en place », a-t-elle annoncé. Des décisions qui, selon elle, « peuvent évoluer » en fonction de l’évolution de l’épidémie sur le continent africain. Cette flexibilité est présentée comme un gage de réactivité face à une situation sanitaire par nature imprévisible.

Des soignants français sur le terrain, mais des effectifs non communiqués

Parallèlement aux mesures prises à Mayotte, la France maintient une présence médicale sur les zones touchées par l’épidémie. Stéphanie Rist a confirmé que « des soignants humanitaires français sont sur place » et que leur nombre « est en train d’augmenter ». Sans préciser d’effectifs, elle a indiqué que « les organisations humanitaires sont en train de s’organiser pour répondre à cette demande ».

Cette implication directe sur le terrain reflète la volonté des autorités françaises de contribuer à l’effort international de lutte contre Ebola. Pour autant, la ministre n’a pas détaillé les modalités concrètes de cette mobilisation, ni les protocoles de rapatriement éventuels en cas d’exposition à risque pour des ressortissants français. Une question qui pourrait se poser si la situation venait à se dégrader dans les semaines à venir.

Et maintenant ?

La situation à Mayotte sera suivie de près dans les prochains jours, avec une réunion prévue entre la ministre et les experts scientifiques pour ajuster, si nécessaire, les mesures en place. Par ailleurs, l’évolution de l’épidémie en Afrique centrale pourrait entraîner de nouvelles recommandations de l’OMS d’ici la fin du mois de mai. Aucune date précise n’a encore été avancée pour une réévaluation du risque, mais les autorités sanitaires ont d’ores et déjà acté un principe de précaution maximal.

La vigilance reste donc de mise, même si le risque d’importation à Mayotte est présenté comme « très faible ». Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures prises et l’évolution réelle de la menace épidémique à l’échelle mondiale.

Reste à savoir si cette approche suffira à apaiser les craintes des élus locaux, comme Estelle Youssouffa, qui appellent à une mobilisation plus visible des autorités face à un danger perçu comme imminent.

Dès le 18 mai, l’Agence régionale de santé et le préfet de Mayotte ont lancé une sensibilisation des professionnels de santé et renforcé la surveillance sanitaire. Ces actions s’ajoutent à un dispositif d’anticipation de tous les scénarios, y compris les plus critiques, selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

L’OMS estime que le risque pour les pays situés hors des zones épidémiques (République démocratique du Congo, Ouganda) est « très faible ». La ministre s’appuie sur cette évaluation pour justifier la faible probabilité d’une importation à Mayotte, tout en maintenant une vigilance accrue.