Un nouvel espoir émerge dans la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Selon Libération, une chercheuse française, Marie Jaspard, coordonne un essai clinique novateur visant à empêcher le déclenchement de la maladie chez les personnes exposées au virus Bundibugyo. Cette souche, responsable d’épidémies récurrentes en RDC, nécessite des solutions innovantes pour limiter sa propagation.

Ce qu'il faut retenir

  • Un essai clinique français en phase de lancement pour prévenir Ebola chez les personnes exposées au virus Bundibugyo
  • L’objectif : réduire de 50 % le nombre de contacts contaminés
  • Le virus Bundibugyo, identifié en Ouganda en 2007, est une souche majeure en RDC
  • La chercheuse Marie Jaspard pilote ce projet depuis la France
  • Les essais pourraient marquer une avancée majeure dans la prévention des épidémies

La chercheuse Marie Jaspard, spécialiste des maladies infectieuses, a conçu un protocole qui s’inscrit dans une stratégie globale de prévention. Son approche repose sur l’administration précoce d’un traitement chez les personnes ayant été en contact avec un cas confirmé de Bundibugyo. « L’idée n’est pas seulement de soigner, mais d’empêcher la maladie de se déclarer », a-t-elle expliqué à Libération. L’essai, qui débutera prochainement, pourrait ainsi transformer la gestion des épidémies dans une région régulièrement frappée par des flambées meurtrières.

Le virus Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007, a depuis causé plusieurs épidémies en RDC. Sa particularité réside dans sa capacité à se transmettre rapidement au sein des communautés, notamment dans des zones où l’accès aux soins reste limité. En 2025, la RDC a enregistré plus de 1 200 cas suspects, dont une majorité confirmés, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce contexte sanitaire fragile rend d’autant plus cruciale l’émergence de solutions préventives comme celle proposée par l’équipe de Marie Jaspard.

L’essai clinique, encore en phase préparatoire, s’appuie sur des travaux antérieurs menés sur d’autres souches d’Ebola, comme Zaire. Les chercheurs espèrent que les résultats obtenus avec Bundibugyo seront comparables, voire supérieurs, en termes d’efficacité. « Les données précliniques sont encourageantes », a précisé la chercheuse. Si l’essai aboutit, ce traitement pourrait être déployé en urgence lors des prochaines épidémies, limitant ainsi le nombre de décès et de contaminations secondaires.

Et maintenant ?

Les premières inclusions de participants dans l’essai sont attendues d’ici la fin du mois de juin 2026. Si les résultats préliminaires sont concluants, les autorités sanitaires de RDC pourraient intégrer ce traitement dans leur protocole de réponse aux épidémies. Une validation par l’OMS serait ensuite nécessaire pour un déploiement à plus grande échelle. Bref, autant dire que cette initiative pourrait marquer un tournant dans la lutte contre Ebola en Afrique centrale.

Cette avancée intervient alors que la communauté internationale renforce ses efforts pour endiguer les épidémies en RDC. En 2024, plus de 5 000 décès avaient été attribués à Ebola dans le pays depuis 2018, selon les chiffres officiels. Les équipes médicales sur place saluent cette initiative, tout en rappelant que la prévention primaire — comme la vaccination et l’hygiène — reste indispensable. « Ce traitement ne remplacera pas les mesures existantes, mais il pourrait les compléter efficacement », a souligné un épidémiologiste congolais sous couvert d’anonymat.

Reste à savoir si ce traitement sera accessible rapidement aux populations les plus vulnérables. Les coûts de production et les logistiques de distribution seront des défis majeurs à relever pour les autorités et les partenaires internationaux. Pour l’instant, les regards se tournent vers les premiers résultats de l’essai, qui pourraient redéfinir la stratégie de lutte contre Ebola dans les années à venir.

Le virus Bundibugyo, moins médiatisé que la souche Zaire, est responsable d’épidémies récurrentes en RDC. Contrairement à Zaire, qui bénéficie déjà de vaccins et de traitements, Bundibugyo manque cruellement de solutions préventives. Réduire sa transmission est donc une priorité pour éviter des flambées incontrôlables.