Ce vendredi 22 mai, l’émission « Tout pour investir, la masterclass » diffusée sur BFM Business a consacré une partie de son édition à l’analyse de l’impact des conflits géopolitiques sur l’économie russe. Christopher Dembik, expert économique, et Ulrich Bounat, chercheur chez Euro Créative, ont échangé sur les conséquences des tensions actuelles pour Moscou, alors que le pays reste sous le coup de sanctions internationales.

Ce qu'il faut retenir

  • L’émission « Tout pour investir, la masterclass » sur BFM Business a analysé ce 22 mai l’impact des tensions géopolitiques sur l’économie russe, avec Christopher Dembik et Ulrich Bounat.
  • Les experts ont évoqué les conséquences des sanctions internationales et des conflits armés sur la croissance du PIB russe, alors que le pays tente de s’adapter à un environnement économique dégradé.
  • Les discussions ont porté sur les prévisions du Conference Board, un institut américain spécialisé dans l’étude des cycles économiques, concernant l’évolution du PIB américain et français.
  • L’émission est diffusée chaque vendredi à 11h sur BFM Business, avec des rediffusions disponibles en ligne pour les internautes.
  • Parmi les sujets abordés, on retrouve aussi l’analyse des marchés financiers, des valeurs défensives et des chaînes d’approvisionnement.

Une analyse des conséquences économiques des tensions géopolitiques

Dans le cadre de l’émission « Tout pour investir, la masterclass », Christopher Dembik et Ulrich Bounat ont présenté une analyse détaillée des répercussions des conflits en cours sur l’économie russe. Selon les deux experts, les sanctions imposées par les pays occidentaux, notamment en réponse à l’invasion de l’Ukraine, continuent de peser sur la capacité de Moscou à maintenir une croissance stable. « Le PIB russe reste sous pression en raison des restrictions commerciales et des incertitudes liées aux tensions militaires », a souligné Dembik.

Les deux analystes ont également évoqué les prévisions du Conference Board, qui anticipe un ralentissement de l’activité économique en Europe et aux États-Unis. Ces estimations pourraient aggraver les difficultés de la Russie, dont les exportations vers ces marchés sont déjà fortement réduites. « Les tensions actuelles affectent non seulement la Russie, mais aussi ses partenaires commerciaux traditionnels, ce qui crée un effet domino sur les chaînes d’approvisionnement », a précisé Bounat.

Les marchés financiers sous surveillance : l’exemple des valeurs défensives

Un autre volet de l’émission a été consacré à l’étude des marchés financiers, avec un focus sur les valeurs défensives, ces actions considérées comme moins sensibles aux fluctuations économiques. Christopher Dembik a expliqué que ces titres, souvent liés à des secteurs comme la santé ou l’agroalimentaire, atteignent des niveaux historiquement bas. « Les investisseurs se tournent vers des actifs plus sûrs en période d’incertitude, mais même ces valeurs ne sont pas épargnées », a-t-il déclaré.

Cette analyse s’inscrit dans un contexte où les marchés restent volatils en raison des incertitudes géopolitiques et des politiques monétaires des banques centrales. Les experts ont rappelé que les décisions de la Banque centrale russe en matière de taux d’intérêt pourraient jouer un rôle clé dans la stabilisation de l’économie nationale. « La politique monétaire sera déterminante pour limiter l’impact des sanctions », a ajouté Dembik.

Les chaînes d’approvisionnement au cœur des préoccupations

Ulrich Bounat a également abordé la question des chaînes d’approvisionnement, un sujet qui reste critique pour de nombreux secteurs. Il a cité l’exemple de la pénurie de Coca-Cola Zéro en Inde, un phénomène lié aux perturbations logistiques mondiales. « Les conflits et les sanctions perturbent les flux de marchandises, ce qui peut entraîner des ruptures d’approvisionnement même dans des pays tiers », a-t-il expliqué.

Les experts ont souligné que ces difficultés pourraient s’aggraver si les tensions géopolitiques persistent. Ils ont également évoqué l’impact des politiques industrielles mises en place par la Russie pour contourner les sanctions, comme le développement de productions locales en remplacement des importations. « Moscou mise sur l’autonomie stratégique, mais cela prend du temps et nécessite des investissements massifs », a précisé Bounat.

Les prochaines étapes : quelles perspectives pour l’économie russe ?

Alors que l’économie russe tente de s’adapter à un environnement international de plus en plus hostile, les experts ont évoqué plusieurs scénarios pour les prochains mois. Selon Dembik, la croissance du PIB russe devrait rester atone en 2026, avec un taux de croissance annuel estimé entre 1 % et 2 %. « Ces chiffres sont en dessous de la moyenne historique, mais ils reflètent la réalité des sanctions et des dépenses militaires », a-t-il indiqué.

Les analystes ont également souligné que la capacité de la Russie à diversifier son économie, notamment dans les secteurs technologiques et énergétiques, sera un facteur clé pour son avenir. « Le pays mise sur des partenariats avec des pays comme la Chine ou l’Inde pour compenser les pertes commerciales avec l’Europe et les États-Unis », a ajouté Bounat.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’économie russe, notamment avec les annonces attendues de la Banque centrale et du gouvernement concernant les dépenses publiques et la politique monétaire. Une réunion du G20 prévue en juin pourrait également offrir une tribune pour discuter des tensions commerciales et des sanctions, même si les positions restent très divisées entre les grandes puissances économiques.

Côté marchés, les investisseurs devront surveiller de près l’évolution des valeurs défensives et des secteurs industriels russes, tandis que les consommateurs pourraient ressentir les effets des pénuries persistantes dans certains domaines.

L’émission « Tout pour investir, la masterclass » continue d’offrir chaque vendredi à 11h sur BFM Business une analyse approfondie des enjeux économiques, avec des rediffusions disponibles pour les téléspectateurs et les internautes.

Les valeurs défensives, comme celles du secteur de la santé ou de l’agroalimentaire, sont perçues comme moins sensibles aux cycles économiques car elles répondent à des besoins de base. Leur performance reflète souvent la confiance des investisseurs dans l’économie réelle, d’où leur utilisation comme indicateur de tendance. Leur baisse actuelle pourrait donc signaler une prudence accrue des marchés face aux incertitudes géopolitiques et économiques.