Les Gardiens de la révolution iraniens envisagent désormais ouvertement l’instauration de permis et de péages sur les câbles sous-marins transitant par le détroit d’Ormuz, selon Libération. Cette annonce, qui intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, pourrait avoir des répercussions majeures sur le trafic internet mondial et les communications internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Les Gardiens de la révolution évoquent publiquement la mise en place de permis et péages sur les câbles sous-marins du détroit d’Ormuz.
- Le détroit d’Ormuz est un point stratégique pour les câbles de communication reliant l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
- Une telle mesure pourrait perturber le trafic internet et les échanges de données à l’échelle mondiale.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques déjà élevées entre l’Iran et plusieurs pays occidentaux.
- Les câbles sous-marins transportent plus de 95 % des communications internationales, selon les estimations du secteur.
Un détroit sous haute tension
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’une des zones maritimes les plus surveillées au monde en raison de son importance stratégique. Plus de 20 % du trafic maritime mondial transite par cette voie, et près de 40 % du pétrole mondial y est acheminé, rappelle Libération. Mais au-delà des flux pétroliers, le détroit abrite également des câbles sous-marins essentiels aux communications mondiales.
Selon des rapports du secteur, plus de 95 % des échanges de données internationaux – incluant internet, appels téléphoniques et transactions financières – empruntent ces infrastructures. Une interruption ou une restriction de leur utilisation pourrait donc avoir des conséquences en cascade sur l’économie et les relations internationales.
Des déclarations qui s’intensifient
Les Gardiens de la révolution, branche armée idéologique du régime iranien, multiplient ces dernières semaines les déclarations sur ce sujet. « Nous avons le droit de contrôler les câbles passant dans nos eaux territoriales », a affirmé un haut responsable sous couvert d’anonymat, cité par Libération. « Cela fait partie de notre souveraineté, et nous pourrions exiger des péages pour leur utilisation. »
Cette position s’inscrit dans la continuité d’une stratégie plus large visant à renforcer le contrôle iranien sur les flux régionaux. En 2024 déjà, Téhéran avait menacé de bloquer l’accès au détroit en cas de conflit armé avec Israël ou les États-Unis. Aujourd’hui, la menace se précise et cible désormais les infrastructures numériques, un domaine où l’Iran cherche à s’imposer comme un acteur incontournable.
Un risque pour l’internet mondial ?
Les câbles sous-marins, bien que souvent méconnus du grand public, sont les artères vitales de l’économie numérique. Selon les données de l’entreprise de télécommunications SubCom, 17 câbles majeurs transitent par le détroit d’Ormuz, reliant des continents entiers. Leur perturbation, même temporaire, pourrait entraîner des ralentissements généralisés ou des pannes ciblées dans des régions dépendantes de ces liaisons.
« Une telle mesure aurait un impact immédiat sur les échanges bancaires, les services cloud ou encore les communications gouvernementales », explique un expert en cybersécurité interrogé par Libération. « Cela reviendrait à couper une autoroute numérique à plusieurs pays simultanément. »
Réactions internationales attendues
Cette annonce iranienne devrait logiquement susciter des réactions de la part des États-Unis, de l’Union européenne et des pays du Golfe. Les États-Unis, déjà en première ligne sur les tensions régionales, pourraient renforcer leur présence militaire dans la zone pour protéger leurs infrastructures critiques. « Nous surveillons de près cette situation », a indiqué un porte-parole du département d’État, sans plus de précisions.
Côté européen, la Commission a rappelé que « la liberté de circulation des données est un principe fondamental » et que toute mesure unilatérale contraignante serait « inacceptable ». Des consultations sont prévues entre Bruxelles et les pays riverains du détroit dans les semaines à venir.
D’après les données du secteur, 17 câbles majeurs – dont les noms techniques sont FA-1, EA-1 et ME-NA – relient l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord via le détroit. Ces infrastructures sont gérées par des consortiums internationaux incluant des acteurs comme Orange Marine, SubCom ou NEC.