Alors que les débats sur la mémoire coloniale et ses héritages resurgissent régulièrement en France, Emmanuel Macron a appelé, ce 21 mai 2026, à l'abrogation du Code Noir, texte juridique du XVIIe siècle régissant l'esclavage dans les colonies françaises. Cette annonce, rapportée par BFM - Politique, intervient dans un contexte marqué par des revendications croissantes autour de la reconnaissance des crimes historiques et de leurs conséquences contemporaines.
Ce qu'il faut retenir
- Abrogation du Code Noir : Emmanuel Macron a officiellement demandé l'abrogation de ce texte historique, symbole de l'esclavage légalisé sous l'Ancien Régime.
- Contexte mémoriel : L'annonce s'inscrit dans un mouvement plus large de réexamen du passé colonial, porté par des associations et des intellectuels.
- Réactions politiques : Plusieurs responsables, dont Maud Bregeon (porte-parole du gouvernement), ont réagi à cette déclaration dans la journée.
- Annonce gouvernementale : Sébastien Lecornu, Premier ministre, a évoqué l'absence de hausse d'impôts en 2027 et des mesures sur les carburants.
- Mesures sociales : Création d'un programme de leasing automobile social pour les aides à domicile, visant à faciliter l'accès à des véhicules électriques.
- Débat sur le pouvoir d'achat : Le gouvernement a annoncé le doublement de la prime carburant et sa simplification, alors que les prix des carburants restent une préoccupation majeure.
Un texte historique au cœur des débats contemporains
Le Code Noir, édicté en 1685 sous Louis XIV, était un ensemble d'articles réglementant la vie des esclaves dans les colonies françaises. Son abrogation symbolique aujourd'hui pose la question de la reconnaissance des crimes de l'esclavage et de leur héritage dans la société française. Emmanuel Macron, qui s'est déjà exprimé sur la mémoire coloniale en 2017 lors de son discours à l'université de Ouagadougou, semble vouloir relancer ce dossier sensible.
Selon BFM - Politique, cette déclaration s'inscrit dans une série d'annonces gouvernementales visant à répondre aux attentes sociales, alors que les tensions sur le pouvoir d'achat et les inégalités persistent. L'abrogation pure et simple du Code Noir relève davantage d'un symbole que d'un acte juridique, le texte ayant déjà été abrogé par la Révolution française en 1794, puis rétabli sous Napoléon en 1804 avant sa suppression définitive en 1848.
Les réactions politiques et les annonces gouvernementales
Dans la foulée de cette déclaration, plusieurs responsables politiques ont réagi. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a rappelé que « le choix qui est fait, c’est d’aider les Français qui travaillent », en référence aux annonces sur les carburants. Elle a également confirmé qu'« il y a un problème sur les prix et les Français le voient bien dans leur quotidien ».
Côté opposition, Manuel Bompard, député La France insoumise, a estimé que « je n’ai entendu aucune annonce susceptible de répondre à l’urgence de la situation », critiquant l'absence de mesures structurelles. Charles Consigny, chroniqueur politique, a pour sa part jugé que « c’est un gouvernement qui fait ce qu’il peut parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre ».
Pouvoir d’achat et carburants : les mesures annoncées
Pour répondre à la crise sociale liée au coût de la vie, le gouvernement a dévoilé plusieurs mesures. Parmi elles, le doublement de la prime carburant, passée de 100 à 200 euros annuels, ainsi que sa simplification administrative. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a également promis qu'« il n’y aura pas de hausse d’impôts en 2027 », tout en reconnaissant que « on paye cash notre dépendance » à l'égard des énergies fossiles.
Autre annonce : la création d’un programme de leasing automobile social dédié aux aides à domicile, permettant l’accès à des véhicules électriques. Cette mesure, portée par Stéphanie Rist, ministre de la Santé, vise à faciliter la mobilité des travailleurs essentiels, souvent en première ligne des inégalités sociales.
Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte où les questions mémorielles et sociales se croisent, sans que l’on sache encore si elles suffiront à apaiser les tensions actuelles.
Le Code Noir a déjà été abrogé à plusieurs reprises dans l’histoire française (en 1794, puis définitivement en 1848). Son abrogation aujourd’hui relèverait donc davantage d’un geste politique et mémoriel que d’un acte juridique contraignant. Elle permettrait cependant de marquer une reconnaissance officielle des crimes de l’esclavage et de leurs conséquences actuelles.