Un spécimen de 1,84 mètre de zostère, une plante marine essentielle à l’écosystème côtier, a été mesuré mercredi 10 juin 2026 dans la baie de Morlaix, en Finistère. Selon Ouest France, cette découverte réalisée par des plongeurs bénévoles marque un record pour cette espèce, dont les herbiers jouent un rôle clé dans la captation du carbone et le soutien à la faune sous-marine.

Ce qu'il faut retenir

  • Un spécimen de 1,84 m de zostère, plante marine essentielle à la biodiversité, a été mesuré en baie de Morlaix (Finistère) le 10 juin 2026.
  • Les herbiers de zostères agissent comme des « poumons du littoral », capturant le carbone et offrant refuge et nourriture à la faune marine.
  • La baie de Morlaix abrite 10 % des herbiers de zostères recensés en France.
  • Depuis trois ans, des plongeurs bénévoles surveillent l’état de ces herbiers, selon Ouest France.

Les zostères, ces plantes indispensables à l’équilibre des écosystèmes côtiers

Les herbiers de zostères, souvent comparés à des « poumons du littoral » en raison de leur capacité à filtrer l’eau et à stocker du carbone, constituent un maillon essentiel de la biodiversité marine. Ces écosystèmes sous-marins, présents principalement dans les zones tempérées, servent de nurseries pour de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés. Leur rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique est également reconnu, puisque ces plantes absorbent le CO₂ présent dans l’eau. Autant dire que leur préservation est un enjeu majeur pour les scientifiques et les gestionnaires du littoral.

La baie de Morlaix, en Bretagne, abrite à elle seule 10 % des herbiers de zostères français, selon les données disponibles. Cette concentration exceptionnelle en fait un site d’étude privilégié pour les chercheurs et les associations environnementales. Depuis 2023, des plongeurs bénévoles, en collaboration avec des scientifiques, suivent l’évolution de ces herbiers afin d’évaluer leur santé et leur expansion.

Un record mesuré lors de la dernière campagne de surveillance

Mercredi 10 juin 2026, lors de leur troisième campagne annuelle, les plongeurs bénévoles ont fait une découverte remarquable : un spécimen de zostère mesurant 1,84 mètre, une taille inédite pour cette espèce en Bretagne. « Ce record confirme l’excellente santé de nos herbiers, mais il rappelle aussi l’importance de les protéger », a souligné Marie Le Goff, coordinatrice du réseau de surveillance des zostères en Bretagne. Elle a ajouté que ces mesures permettent d’adapter les stratégies de conservation en fonction des évolutions observées.

Les campagnes de suivi, menées en partenariat avec l’Agence française pour la biodiversité et des associations locales, combinent observations visuelles et prélèvements d’échantillons. Les données recueillies sont ensuite analysées pour évaluer la densité des herbiers, leur taux de couverture et leur résilience face aux changements environnementaux, notamment la hausse des températures et l’acidification des océans.

La Bretagne, un territoire clé pour la préservation des zostères

Avec plus de 3 000 hectares d’herbiers de zostères répertoriés le long de ses côtes, la Bretagne se positionne comme un territoire prioritaire pour la préservation de ces écosystèmes. Les zones humides et les estuaires, comme celui de la baie de Morlaix, offrent des conditions idéales pour leur développement. Cependant, ces milieux restent vulnérables aux activités humaines, telles que le dragage, la pollution ou encore l’aménagement côtier.

Pour limiter ces pressions, des mesures de protection ont été mises en place, comme la création de zones de protection renforcée ou l’encadrement des pratiques de pêche. Malgré ces avancées, les experts insistent sur la nécessité de renforcer la surveillance et d’intensifier les efforts de sensibilisation auprès des acteurs locaux et des touristes. « La préservation des zostères passe aussi par une meilleure connaissance de leur rôle et de leur fragilité », a rappelé Jean-Pierre Hussenot, biologiste marin à l’Université de Bretagne Occidentale.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure l’extension des zones de suivi à d’autres sites bretons d’ici la fin de l’année 2026, afin d’établir un état des lieux plus complet. Une étude sur l’impact des changements climatiques sur ces herbiers devrait également être lancée au premier semestre 2027. Enfin, une campagne de sensibilisation auprès des plaisanciers et des pêcheurs est envisagée pour limiter les perturbations mécaniques dans les zones sensibles.

Les herbiers de zostères, souvent discrets mais d’une importance écologique majeure, continuent de révéler leurs secrets. Leur suivi régulier pourrait bien offrir des clés pour comprendre les effets du réchauffement climatique sur les écosystèmes côtiers, alors que les scientifiques alertent sur la dégradation accélérée de ces milieux naturels.

Les principales menaces incluent la pollution des eaux, notamment par les rejets agricoles ou urbains, les aménagements côtiers qui modifient les courants, le dragage pour la navigation, ainsi que l’acidification des océans et la hausse des températures liées au changement climatique.