Une initiative citoyenne visant à rappeler les automobilistes à l’ordre a tourné court dans le Finistère. Selon Ouest France, des riverains ont installé un faux radar début mai 2026 sur la Départementale 9, à hauteur du lieu-dit de la Croix de Pierre à Plougonven. L’engin, rapidement détruit, illustre l’exaspération des habitants face à des excès de vitesse persistants, malgré les accidents répétés sur ce secteur.
Ce qu'il faut retenir
- 23 accidents matériels enregistrés entre 2019 et 2023 sur 210 mètres de route
- Des vitesses dépassant 110 km/h régulièrement constatées par les riverains
- Un faux radar installé début mai 2026, puis détruit dans la foulée
- La D9 traverse un secteur résidentiel où les nuisances sonores et les risques sont élevés
- Les aménagements municipaux n’ont pas suffi à endiguer le phénomène
Une route à haut risque depuis des années
Le tronçon de la D9 concerné, long de seulement 210 mètres, est tristement connu des habitants de Plougonven. Entre 2019 et 2023, les forces de l’ordre y ont recensé 23 accidents matériels, un chiffre qui, rapporté à la longueur du secteur, en fait une zone à risque disproportionnée. Malgré les interventions de la mairie pour sécuriser le passage — sans doute des marquages au sol ou des panneaux —, la situation reste inchangée.
« Les voitures passent à plus de 100 km/h en permanence, c’est insupportable », a déclaré un riverain à Ouest France. Le bruit des moteurs et le stress généré par cette insécurité quotidienne ont poussé une partie de la population à agir, quitte à franchir la ligne jaune.
L’initiative des riverains, vite neutralisée
Début mai 2026, un faux radar a été installé sur le bas-côté, côté Plougonven. Son objectif ? Rappeler aux conducteurs la limite légale et, surtout, les inciter à ralentir. Mais l’engin n’a pas tenu longtemps : il a été détruit en quelques jours, probablement par des usagers mécontents ou des riverains hostiles à cette méthode.
Cette réaction rapide montre à quel point le sujet divise. Si certains soutiennent ces mesures radicales, d’autres y voient une dérive ou une atteinte à la propriété privée. La mairie, contactée par Ouest France, n’a pas encore réagi officiellement sur l’incident.
Des solutions structurelles en débat
Face à l’échec des aménagements légers, des discussions sont en cours pour envisager des solutions plus radicales. Parmi les pistes évoquées : un contrôle automatisé par caméras, comme c’est déjà le cas sur certaines portions du réseau départemental. Une autre option serait de réduire la vitesse maximale autorisée à 70 km/h, voire moins, pour forcer les conducteurs à adapter leur conduite.
« Il faut une réponse ferme, a souligné un élu local. Les riverains ne peuvent pas rester seuls face à ce problème. » Pour autant, aucune décision n’a encore été prise, et le calendrier reste flou. La préfecture du Finistère, saisie du dossier, n’a pas communiqué sur d’éventuelles mesures à venir.
Reste à savoir si les pouvoirs publics parviendront à trouver une solution avant qu’un drame ne survienne. Car sur cette portion de route, chaque dépassement de la limite de vitesse pourrait avoir des conséquences irréversibles.
Les riverains interrogés par Ouest France estiment que les panneaux et marquages mis en place ne suffisent pas à modifier les comportements. Les vitesses excessives persistent, notamment en raison de la configuration de la route et du manque de contrôles automatisés.