Le président gabonais, le général Brice Oligui Nguema, a annoncé son intention d’entrer au capital de la multinationale française Eramet, selon RFI. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la transformation locale du manganèse, un minerai stratégique utilisé notamment dans la production d’acier. Actuellement, l’État gabonais détient déjà 29 % du capital de Comilog, filiale d’Eramet spécialisée dans l’exploitation du manganèse à Moanda, dans l’est du pays.

Cette prise de participation supplémentaire marquerait une volonté d’accentuer le contrôle des ressources minières nationales, tout en stimulant l’industrie locale. D’après RFI, Libreville cherche ainsi à transformer davantage le minerai sur place, plutôt que de l’exporter brut. Une décision qui pourrait avoir des répercussions sur les partenariats industriels et économiques entre le Gabon et la France.

Ce qu'il faut retenir

  • 29 % du capital de Comilog, filiale d’Eramet exploitant le manganèse à Moanda, est déjà détenu par l’État gabonais.
  • Le président gabonais, le général Brice Oligui Nguema, souhaite entrer au capital de la maison mère, Eramet, pour accélérer la transformation locale du minerai.
  • Moanda, située dans l’est du Gabon, est le principal site d’exploitation du manganèse du pays.
  • Le manganèse est un minerai clé pour la production d’acier, un secteur stratégique pour l’industrie mondiale.

Une stratégie axée sur la valorisation locale des ressources

Depuis plusieurs années, le Gabon mise sur la valorisation de ses ressources minières pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux exportations de matières premières brutes. La transformation locale du manganèse permettrait au pays de capter une part plus importante de la valeur ajoutée, tout en créant des emplois et en développant des compétences industrielles. Selon RFI, cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de souveraineté économique.

Comilog, filiale historique d’Eramet au Gabon, est l’un des principaux acteurs mondiaux de la production de manganèse. Le site de Moanda, l’un des plus grands gisements au monde, produit un minerai de haute qualité, très recherché par les sidérurgistes. En cherchant à devenir actionnaire d’Eramet, Libreville entend donc peser davantage sur les décisions stratégiques de l’entreprise, notamment en matière d’investissements locaux.

Un rapprochement entre le Gabon et Eramet sous le signe de la souveraineté économique

Le général Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir en août 2023 à l’issue d’un coup d’État contre l’ancien président Ali Bongo Ondimba, a fait de la souveraineté économique une priorité. En ciblant Eramet, un groupe français dont les racines au Gabon remontent à plusieurs décennies, le Gabon envoie un signal fort : celui d’une volonté de rééquilibrer les relations économiques avec ses partenaires traditionnels. D’après RFI, cette démarche pourrait aussi s’accompagner de discussions sur les modalités de partenariat, incluant des transferts de technologie et des formations pour la main-d’œuvre locale.

Pour Eramet, qui réalise une part significative de son chiffre d’affaires grâce à ses activités gabonaises, cette perspective pourrait représenter à la fois une opportunité et un défi. L’entreprise, cotée en Bourse, devra évaluer les implications financières et stratégiques d’une participation accrue de l’État gabonais dans son capital. À ce stade, aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant le pourcentage envisagé pour cette nouvelle prise de participation.

Et maintenant ?

Plusieurs étapes devront être franchies avant que cette prise de participation ne devienne effective. Des négociations entre les autorités gabonaises et les dirigeants d’Eramet devront s’engager dans les prochains mois pour définir les modalités financières et juridiques de l’opération. Une annonce officielle pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier interrogées par RFI. Parallèlement, le Gabon devrait préciser les projets concrets de transformation locale du manganèse, afin de justifier cette prise de participation auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

Cette initiative soulève également des questions sur l’avenir des relations économiques entre la France et le Gabon. Alors que Paris cherche à renforcer ses liens avec ses anciennes colonies, notamment dans le secteur minier, Libreville pourrait utiliser cette manne pour négocier des accords plus avantageux, tant sur le plan industriel que diplomatique. Une chose est sûre : cette annonce marque une nouvelle étape dans la stratégie gabonaise de maîtrise de ses ressources naturelles.

Le Gabon cherche à accélérer la transformation locale de son manganèse, un minerai stratégique pour la production d’acier. En devenant actionnaire d’Eramet, l’État gabonais souhaite peser davantage sur les décisions de l’entreprise, notamment pour développer des infrastructures locales et capter une part plus importante de la valeur ajoutée, selon RFI.

L’État gabonais détient déjà 29 % du capital de Comilog, la filiale d’Eramet qui exploite le manganèse à Moanda, dans l’est du pays. Ce pourcentage pourrait augmenter si Libreville parvient à entrer au capital de la maison mère.