L’Europe accélère le déploiement de ses infrastructures de communication par satellite en inaugurant une nouvelle station terrestre laser en Grèce. Selon Euronews FR, cette installation s’inscrit dans une stratégie continentale visant à moderniser et sécuriser les échanges de données entre les satellites et le sol.

La station terrestre optique de Holomondas, située dans le nord de la Grèce, a été développée en partenariat avec l’Agence spatiale européenne (ESA), le ministère grec de la Gouvernance numérique et l’université Aristote de Thessalonique. Elle vise à soutenir les missions spatiales grecques PeakSat et ERMIS, lancées le 30 mars 2026, qui testeront des transmissions de données par laser entre l’espace et la Terre.

Ce qu'il faut retenir

  • La station de Holomondas est la première du genre en Grèce et sera dédiée aux communications optiques à haut débit.
  • Elle soutiendra deux missions grecques, PeakSat et ERMIS, mises en orbite en mars 2026.
  • Les communications laser permettent des débits jusqu’à 2,5 Gbit/s, soit dix fois plus rapides que les systèmes radio traditionnels.
  • L’Europe compte désormais plusieurs stations optiques, dont Tenerife, Almería et Némée, en plus des sites radio historiques.
  • Le trafic satellitaire en orbite basse devrait augmenter de 190 % d’ici 2036, selon le Forum économique mondial.

Une technologie innovante pour des communications plus rapides et sécurisées

Contrairement aux systèmes traditionnels basés sur les ondes radio, les stations laser utilisent des faisceaux de lumière infrarouge pour transmettre les données. Cette technologie offre plusieurs avantages : des débits bien supérieurs, une meilleure résistance aux interférences et une consommation énergétique réduite. Selon Astrolight, l’entreprise lituanienne qui a fourni les équipements, le système peut atteindre des vitesses de réception de 2,5 Gbit/s, même dans des conditions météorologiques difficiles.

« La mise en service de la station terrestre optique de Holomondas marque une étape clé pour l’Europe, a souligné Frederic Rouesnel, chef de projet Greek Connectivity RRF à l’ESA. Elle permettra d’établir une connectivité plus rapide, plus sécurisée et plus résiliente, tout en renforçant le rôle de la Grèce dans l’écosystème européen des communications optiques. »

Les CubeSats grecs en phase de démonstration contribueront à valider ces technologies, offrant des alternatives aux fréquences radio, de plus en plus saturées. Bref, une révolution pour les missions spatiales européennes.

Un réseau européen en pleine expansion

L’Europe dispose déjà de dizaines de stations terrestres satellitaires, principalement des sites radio traditionnels. Mais depuis quelques années, les stations optiques gagnent du terrain. Parmi les plus emblématiques, on trouve Tenerife (îles Canaries), Almería (Espagne) et Némée (Grèce), en plus des sites radio historiques comme Kiruna (Suède), Redu (Belgique) et Santa Maria (Açores).

L’implantation de ces stations est stratégique. Elles permettent de couvrir l’ensemble du continent et d’assurer une redondance des liaisons en cas de perturbation. « Plus les liens entre les sites du nord, de l’ouest, du sud et de l’est sont solides, plus il est facile de partager rapidement les données et d’éviter les zones non couvertes », explique un expert du secteur. Cette approche est d’autant plus cruciale que le trafic orbital explose.

Un trafic orbital en forte croissance

Le nombre de satellites en orbite basse pourrait bondir de 190 % d’ici 2036, selon les projections du Forum économique mondial. Cette augmentation pose un défi majeur pour les communications radio, dont les fréquences deviennent de plus en plus encombrées. Face à ce constat, les acteurs du secteur misent sur les communications laser pour répondre à la demande croissante.

Astrolight, qui a conçu la station de Holomondas, développe également une infrastructure similaire au Groenland, prévue pour être opérationnelle dès cette année. « Notre objectif est de déployer cette technologie à l’échelle mondiale », a indiqué un porte-parole de l’entreprise. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté européenne de consolider son autonomie stratégique dans l’espace.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité des transmissions laser lors des missions PeakSat et ERMIS. Si les tests s’avèrent concluants, l’Europe pourrait accélérer le déploiement de stations optiques dans d’autres pays membres. Une première évaluation des résultats est attendue d’ici la fin 2026, avec des retombées potentielles pour les services de prévision météorologique, de surveillance climatique et de gestion des urgences.

Cette avancée technologique soulève également des questions sur l’adoption à grande échelle des communications laser. Leur fiabilité dans toutes les conditions météorologiques et leur coût de déploiement à l’échelle continentale restent des défis à surmonter. Autant dire que l’Europe entre dans une nouvelle ère de la connectivité spatiale, où la vitesse et la sécurité des données pourraient redéfinir les standards du secteur.

Les communications laser utilisent des faisceaux de lumière infrarouge, ce qui permet des débits bien plus élevés (jusqu’à 2,5 Gbit/s) et une meilleure résistance aux interférences. Contrairement aux ondes radio, les signaux laser sont très focalisés, ce qui les rend plus difficiles à brouiller et plus sécurisés.