Le Tour d’Italie 2026 a connu une 4e étape marquée par une échappée décisive et un changement de leadership au classement général. Jhonatan Narváez (UAE Team Emirates) s’est imposé à l’arrivée de l’étape entre Catanzaro et Cosenza, soit la première étape disputée sur le sol italien après le Grand Départ en Bulgarie. Dans un groupe réduit, le coureur équatorien a devancé au sprint Orluis Aular (Movistar) et le nouveau maillot rose, Giulio Ciccone (Lidl-Trek), selon RMC Sport.
Cette victoire intervient après une étape intense, où les sprinteurs ont été rapidement distancés dans le Cozzo Tunno, l’unique col de la journée (14,4 km à 5,9 % de moyenne). Paul Magnier, déjà vainqueur de deux étapes en Bulgarie, n’a ainsi pas pu jouer sa carte dans le final. La course a été animée par plusieurs attaques, dont celle de Jan Christen (UAE Team Emirates), qui a mis à mal l’organisation de l’équipe Movistar en vue d’un sprint classique.
Ce qu’il faut retenir
- Victoire de Jhonatan Narváez à Cosenza, après un sprint dans un groupe réduit de 30 coureurs.
- Giulio Ciccone prend le maillot rose grâce aux bonifications, alors qu’il avait terminé 3e de l’étape.
- Tous les sprinteurs ont été lâchés dans le Cozzo Tunno, une ascension de 14,4 km à 5,9 %, réduisant le groupe de tête à une poignée de coureurs.
- Abstention d’Arnaud De Lie, malade depuis le départ de la course, après une chute lors du premier week-end en Bulgarie.
- Egan Bernal en difficulté dès le premier col du Giro, pointé à 30 secondes du peloton avant de tenter de revenir.
- Paul Magnier garde le maillot cyclamen malgré la menace de Tobias Lund Andresen, grâce à une avance confortable de 41 points.
Une étape aux multiples rebondissements
Dès le départ fictif à Catanzaro, les coureurs ont entamé une étape de 138 kilomètres en direction de Cosenza. Après 50 km de plat, le peloton a abordé le Cozzo Tunno, une montée classée en catégorie 2 qui a fait office de juge de paix. Selon les informations rapportées par RMC Sport, six coureurs – dont Martin Marcellusi, Darren Rafferty, Warren Barguil, Mattia Bais, Niklas Larsen et Johan Jacobs – ont formé l’échappée du jour, creusant jusqu’à 2 minutes et 15 secondes d’avance sur le peloton.
Dans la descente, Darren Rafferty (EF Education-EasyPost) a temporairement porté le maillot rose virtuel, avec 1 minute et 40 secondes d’avance sur Ciccone. Mais c’est finalement dans l’ascension finale que les choses se sont jouées. Jan Christen a tenté une attaque depuis l’arrière du peloton, perturbant la stratégie de la Movistar, qui comptait sur Orluis Aular pour le sprint. Trop tôt lancé, le Vénézuélien a été dépassé par Narváez, qui attendait son heure dans un groupe réduit de six coureurs.
Ciccone en rose, une première pour l’Italien
Malgré une troisième place à l’arrivée, Giulio Ciccone a profité des bonifications distribuées au sprint intermédiaire et à l’arrivée pour s’emparer du maillot rose. Il devient ainsi le premier Italien à porter la tunique de leader du Giro 2026, devant Jan Christen (à 4 secondes) et Florian Stork (à 4 secondes également). Le classement général voit également Egan Bernal, troisième du général, pointé à 4 secondes, tandis que Thymen Arensman et Giulio Pellizzari complètent le top 6 à 6 secondes.
Selon les observations des suiveurs, Ciccone a bénéficié du travail de ses coéquipiers pour limiter l’écart dans les derniers kilomètres, tout en profitant des erreurs tactiques de ses adversaires. Guillermo Thomas Silva, qui portait le maillot rose avant cette étape, a été relégué à la 11e place du général, à 10 secondes du nouveau leader. Paul Magnier, qui avait porté la tunique rose après les trois premières étapes, conserve quant à lui le maillot cyclamen, malgré la pression exercée par Tobias Lund Andresen.
Les sprinteurs en difficulté, les grimpeurs en lice
L’étape a confirmé la hiérarchie dans les différents classements. Du côté des sprinteurs, Paul Magnier (41 points d’avance sur Milan au classement du maillot cyclamen) et Jonathan Milan ont été parmi les premiers à craquer dans le Cozzo Tunno. Arnaud De Lie a quant à lui abandonné la course en raison d’une maladie contractée dès le Grand Départ en Bulgarie, marquant la fin d’un Giro 2026 qui s’annonçait prometteur pour le Belge. Kaden Groves, victime d’une lourde chute lors de la première étape, avait déjà quitté la course la veille.
Côté grimpeurs, Egan Bernal a montré des signes de faiblesse dès le premier col, pointé à 30 secondes du peloton avant de tenter de revenir avec l’aide de ses coéquipiers. Son état de forme reste une question majeure pour la suite du Giro, alors que Lennert Van Eetvelt (10e du général) et Enric Mas (8e) se positionnent comme des outsiders sérieux. Diego Pablo Sevilla, meilleur grimpeur de l’étape, a également été distancé, tout comme Dylan Groenewegen et Michael Valgren.
Cette 4e étape a confirmé que le Giro 2026 s’annonce comme l’un des plus ouverts de ces dernières années, avec une lutte serrée au classement général et plusieurs coureurs en lice pour les différents maillots. Les prochaines étapes, notamment celles de montagne, pourraient rebattre les cartes avant l’arrivée finale à Rome, prévue le 1er juin 2026.
Ciccone devra défendre sa tunique de leader lors des prochaines étapes de montagne, notamment la 7e étape entre L’Aquila et Foligno, qui pourrait déjà voir un changement de hiérarchie au classement général.
Rien n’est moins sûr. Bien qu’il dispose d’une avance confortable, le sprint intermédiaire de la 5e étape et les bonifications pourraient permettre à des sprinteurs comme Tobias Lund Andresen de réduire l’écart.