Le conseiller régional normand Guillaume Pennelle, membre du Rassemblement national, a été relaxé ce mardi 9 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Rouen. Il était poursuivi pour diffamation par la députée LFI Alma Dufour et son parti, après avoir qualifié ces derniers de « danger pour la France » dans un tract distribué lors de la campagne des législatives de 2024. Selon Ouest France, les juges ont estimé que les propos, bien que polémiques, relevaient de la liberté d’expression politique.
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal correctionnel de Rouen a relaxé Guillaume Pennelle, élu RN en Normandie, ce 9 juin 2026.
- Il était poursuivi pour diffamation par la députée LFI Alma Dufour après une qualification de « danger pour la France » dans un tract de 2024.
- Les juges ont considéré que les propos relevaient de la liberté d’expression politique.
- La plainte avait été déposée par Alma Dufour et son parti, La France Insoumise.
Un tract controversé lors des législatives de 2024
Le 9 juin 2026, le tribunal correctionnel de Rouen a rendu son verdict dans l’affaire opposant Guillaume Pennelle, alors en campagne pour les élections législatives de 2024, à Alma Dufour et à La France Insoumise. Le conseiller régional RN avait, dans un tract distribué à cette période, qualifié les deux cibles de « danger pour la France ». Cette formule, jugée particulièrement forte, avait suscité une vive polémique et motivé le dépôt d’une plainte pour diffamation de la part de la députée LFI et de son parti.
D’après Ouest France, le tribunal a estimé que les propos de Pennelle, bien que controversés, s’inscrivaient dans un débat politique légitime. Les juges ont ainsi considéré que la qualification de « danger » relevait d’une opinion politique et non d’une allégation de fait susceptible de caractériser la diffamation.
La notion de liberté d’expression au cœur du débat
Cette décision judiciaire soulève à nouveau la question des limites de la liberté d’expression en période électorale. Guillaume Pennelle, par la voix de ses avocats, a toujours défendu l’idée que ses propos relevaient du débat politique et de la critique des idées portées par LFI. Pour lui, cette formule était une manière de stigmatiser ce qu’il présentait comme une menace idéologique pour le pays.
Alma Dufour, de son côté, avait réaffirmé dans sa plainte que ces propos visaient à discréditer son parti et à semer la confusion dans l’opinion publique. La députée LFI avait dénoncé une instrumentalisation politique de la part de son adversaire, estimant que l’accusation de « danger » portait atteinte à son honneur et à sa réputation. Le tribunal a finalement tranché en faveur de la liberté d’expression, sans pour autant valider le fond de l’argumentaire de Pennelle.
« Nous saluons cette décision qui reconnaît que la politique ne peut être muselée par des poursuites abusives », a déclaré Me Jean-Martin A., avocat de Guillaume Pennelle. « Les juges ont bien compris que le débat d’idées ne saurait être criminalisé. »
Un verdict qui divise
Si la relaxe de Guillaume Pennelle a été accueillie favorablement par les instances du Rassemblement national, elle a également suscité des réactions contrastées parmi les observateurs politiques. Certains y voient une confirmation que les tribunaux protègent le débat démocratique, quand d’autres s’inquiètent d’une possible banalisation des discours les plus virulents en période électorale.
Pour Alma Dufour, cette décision ne change rien à sa détermination à poursuivre son engagement politique. Dans un communiqué diffusé ce soir, elle a réaffirmé que « la lutte contre les discours de division » restait une priorité pour son parti. Son avocat a quant à lui indiqué qu’« une réflexion était en cours sur un éventuel recours », sans plus de précision sur les voies juridiques envisagées.
Reste à voir si ce verdict influencera les stratégies de communication des partis politiques à l’approche des prochaines échéances électorales. Une chose est sûre : le débat sur les limites de la liberté d’expression en politique est loin d’être clos.
Pour l’instant, aucune décision n’a été annoncée concernant un éventuel recours. L’avocat d’Alma Dufour a évoqué une « réflexion en cours », sans préciser si un appel ou une autre procédure serait engagée. La députée LFI a quant à elle réaffirmé son engagement politique et son opposition aux discours qu’elle considère comme dangereux.