Dans le cadre de l’émission Good Morning Business diffusée ce mardi 12 mai 2026 sur BFM Business, Marie-Odile McKeeney, directrice générale et cofondatrice de la startup H'ability, a présenté une solution innovante de rééducation basée sur la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR). Selon BFM Business, cette technologie vise à transformer les protocoles de soins en proposant des expériences immersives, plus motivantes pour les patients et moins douloureuses que les méthodes traditionnelles.
L’invitée a détaillé comment les casques VR d’H’ability permettent aux patients de s’engager dans des exercices thérapeutiques à travers des environnements interactifs, réduisant ainsi la perception de la douleur et améliorant l’adhésion aux traitements. Cette approche s’inscrit dans une tendance croissante du secteur médical, qui intègre de plus en plus les nouvelles technologies pour optimiser les soins et le confort des patients.
Ce qu'il faut retenir
- H'ability propose une solution de rééducation utilisant la réalité virtuelle et augmentée, présentée par Marie-Odile McKeeney, directrice générale et cofondatrice, dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business ce 12 mai 2026.
- L’objectif est d’offrir des expériences immersives pour rendre les séances de rééducation plus engageantes et moins douloureuses pour les patients.
- Les casques VR d’H’ability permettent aux patients de suivre des exercices thérapeutiques dans des environnements interactifs, améliorant ainsi leur motivation et leur participation.
- Cette innovation s’inscrit dans une dynamique plus large d’intégration des technologies avancées dans le domaine médical.
Une technologie au service des patients et des soignants
Marie-Odile McKeeney a souligné que les protocoles de rééducation classiques peuvent parfois être perçus comme monotones ou douloureux par les patients, ce qui peut nuire à leur engagement dans le processus de guérison. « Avec notre solution, on transforme l’expérience en quelque chose de plus ludique et moins intimidant », a-t-elle déclaré lors de l’émission. « Les patients oublient souvent qu’ils sont en train de faire de la rééducation, tant l’immersion est forte. »
Les casques VR d’H’ability sont conçus pour s’adapter à différents types de rééducation, qu’il s’agisse de récupération motrice après un accident vasculaire cérébral (AVC), de rééducation post-opératoire ou encore de gestion de la douleur chronique. Selon la cofondatrice, les premiers retours d’expérience montrent une amélioration significative de la compliance des patients, avec une réduction moyenne de 30 % de la perception de la douleur pendant les séances.
Un marché en pleine expansion
Le secteur de la santé digitale, et plus particulièrement celui de la rééducation assistée par technologie, connaît une croissance rapide en Europe et en Amérique du Nord. Des études récentes indiquent que le marché de la réalité virtuelle dans le domaine médical devrait atteindre plus de 2,5 milliards de dollars d’ici 2028, avec une adoption croissante dans les hôpitaux et centres de réadaptation. H’ability, fondée en 2022, se positionne comme l’un des acteurs clés de cette transition, aux côtés d’autres startups comme XRHealth ou Vret.
« On observe une véritable prise de conscience des professionnels de santé sur le potentiel des technologies immersives », a expliqué Marie-Odile McKeeney. « Les établissements médicaux sont de plus en plus ouverts à l’idée d’intégrer ces outils, d’autant plus qu’ils permettent de réduire les coûts à long terme en optimisant les durées d’hospitalisation. » L’entreprise, basée en France, a déjà noué des partenariats avec plusieurs centres de rééducation en Europe et prévoit une expansion en Amérique du Nord d’ici fin 2026.
Des défis à relever pour une adoption généralisée
Malgré les avantages évidents, l’adoption massive de la VR dans le domaine médical se heurte encore à quelques obstacles. Le coût des équipements reste un frein pour certains établissements, bien que les prix aient considérablement baissé ces dernières années. « Un casque VR haut de gamme coûte aujourd’hui entre 1 000 et 2 000 euros, un investissement accessible pour les grands hôpitaux, mais encore prohibitif pour les petites structures », a précisé McKeeney.
Autre enjeu : la formation des soignants. « Il ne suffit pas d’acheter un casque et de lancer un programme. Il faut former les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et les médecins à l’utilisation de ces outils pour qu’ils en tirent pleinement profit », a-t-elle ajouté. H’ability propose ainsi des modules de formation en ligne et en présentiel pour accompagner les professionnels dans cette transition.
Enfin, des questions persistent autour de la sécurité des données et de la protection de la vie privée des patients, un sujet particulièrement sensible dans le domaine de la santé. « Nous avons mis en place des protocoles stricts pour garantir la confidentialité des données de nos utilisateurs, avec un chiffrement de bout en bout et une conformité au RGPD », a rassuré la dirigeante.
Côté réglementaire, McKeeney a indiqué que des discussions sont en cours avec les autorités sanitaires françaises et européennes pour obtenir le marquage CE en tant que dispositif médical de classe IIa, une certification qui renforcerait la crédibilité d’H’ability auprès des professionnels de santé. « Une fois cette homologation obtenue, nous pourrons accélérer notre commercialisation en Europe », a-t-elle conclu.
D’après Marie-Odile McKeeney, les casques VR d’H’ability sont adaptés à une large gamme de pathologies, notamment les suites d’AVC, les rééducations post-opératoires (orthopédie, chirurgie), la gestion de la douleur chronique, ainsi que certaines maladies neurologiques comme la sclérose en plaques ou les traumatismes médullaires. Les exercices sont personnalisables en fonction des besoins spécifiques de chaque patient.