Deux retraités français contaminés à l’hantavirus lors d’une croisière en Antarctique se retrouvent toujours confinés à l’hôpital parisien Bichat, malgré leur demande de retour à domicile. Julia et Roland Seitre, un couple âgé de plus de 70 ans, ont saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) pour obtenir une levée anticipée de leur quarantaine, qu’ils jugent « assez carcérales ». Selon Ouest France, leur recours vise à leur permettre de terminer leur convalescence dans leur domicile, alors que la situation sanitaire à bord du navire MV Hondius s’est stabilisée.
Ce qu'il faut retenir
- Julia et Roland Seitre, deux retraités français, ont contracté l’hantavirus lors d’une croisière sur le MV Hondius en Antarctique.
- Ils sont actuellement confinés à l’hôpital Bichat à Paris, où ils attendent une décision judiciaire sur leur demande de sortie anticipée.
- Le couple dénonce des conditions de quarantaine qu’ils qualifient de « carcérales », selon leurs déclarations à France 2.
- Ils ont saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) pour obtenir un retour à domicile avant la fin de leur quarantaine.
- L’hantavirus, une maladie rare transmise par les rongeurs, a déjà causé trois décès parmi les passagers du navire.
Un confinement vécu comme une privation de liberté
Julia et Roland Seitre, originaires de la région lyonnaise, faisaient partie des passagers du MV Hondius, un navire de croisière en Antarctique, lorsqu’un foyer de contamination à l’hantavirus a été détecté à bord. Transférés en urgence à leur retour en France, ils ont été placés en quarantaine à l’hôpital Bichat, où ils subissent depuis plusieurs semaines un isolement strict. « On se sent comme en prison », a déclaré Julia Seitre dans un entretien accordé à France 2, soulignant l’absence de contacts avec l’extérieur et les contraintes liées à leur confinement.
Le couple, qui voyageait habituellement à bord de paquebots de croisière, avait prévu de rentrer en France après cette escale polaire. Cependant, la découverte de leur contamination a bouleversé leurs plans, les contraignant à une hospitalisation prolongée. Leur avocat a confirmé à Ouest France que la saisine du JLD avait pour objectif de faire valoir leur droit à une liberté surveillée, voire à un retour à domicile sous certaines conditions.
L’hantavirus, une maladie rare aux conséquences parfois graves
L’hantavirus est une zoonose transmise principalement par les rongeurs, dont les excréments ou l’urine peuvent contaminer l’homme par inhalation. Les symptômes, proches de ceux de la grippe, peuvent évoluer vers une forme sévère, notamment une insuffisance rénale ou respiratoire. Selon les autorités sanitaires, trois passagers du MV Hondius sont décédés des suites de cette infection, tandis que plusieurs autres ont dû être hospitalisés en réanimation.
La croisière, partie de l’Argentine en décembre 2025, avait initialement accueilli 180 passagers. Après l’apparition des premiers cas, les autorités sanitaires françaises et argentines avaient mis en place un protocole strict, incluant un dépistage systématique et une évacuation des malades vers des structures hospitalières adaptées. L’hôpital Bichat, spécialisé dans les maladies infectieuses, a été désigné comme centre de référence pour la prise en charge des cas français.
Une décision judiciaire attendue dans les prochains jours
La saisine du juge des libertés et de la détention par Julia et Roland Seitre intervient alors que la phase aiguë de leur infection semble désormais derrière eux. Leur avocat a indiqué à Ouest France que leur demande reposait sur deux arguments principaux : d’une part, l’absence de danger pour leur entourage, et d’autre part, l’absence de nécessité médicale à prolonger leur hospitalisation. « Ils souhaitent simplement rentrer chez eux, dans un environnement qu’ils connaissent, où ils se sentiraient moins isolés », a précisé leur défenseur.
Le tribunal judiciaire de Paris doit examiner leur recours dans les prochains jours. Si le JLD donne son accord, le couple pourrait être placé sous surveillance médicale à domicile, avec un suivi régulier par les services de santé. En revanche, en cas de refus, ils devront poursuivre leur convalescence à l’hôpital, où les conditions de vie restent difficiles pour des patients en attente de guérison.
Le cas de Julia et Roland Seitre illustre les difficultés rencontrées par les patients atteints de maladies infectieuses rares, dont la prise en charge impose souvent des mesures strictes de confinement. Leur recours judiciaire pourrait, à terme, contribuer à clarifier les modalités d’isolement pour les personnes atteintes d’hantavirus en France.
L’hantavirus est une maladie infectieuse rare transmise principalement par les rongeurs, notamment les souris et les rats. La contamination humaine se produit par inhalation de particules virales présentes dans les excréments, l’urine ou la salive de ces animaux. Les symptômes initiaux ressemblent à ceux de la grippe (fièvre, courbatures, maux de tête), mais peuvent évoluer vers une forme sévère, comme une insuffisance rénale ou respiratoire.