Depuis plusieurs semaines, le hantavirus fait l’objet d’une couverture médiatique soutenue sur Franceinfo - Santé, notamment autour de l’épidémie liée à un paquebot accosté à Tenerife. Pourtant, les spécialistes interrogés rappellent systématiquement que le risque pour la population française reste limité. Cette contradiction apparente interroge les auditeurs, qui s’interrogent sur la pertinence de cette médiatisation.

Ce qu'il faut retenir

  • 23 nationalités étaient représentées parmi les passagers du paquebot concerné par l’épidémie de hantavirus.
  • 9 correspondants à l’étranger sont mobilisés par Radio France pour suivre l’évolution de la situation.
  • Un service dédié « sciences santé environnement » alimente quotidiennement l’antenne d’expertises sur le sujet.
  • Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, a été sollicité pour évaluer les risques de propagation.
  • 2026 marque une période où la mémoire de la pandémie de Covid-19 influence encore les choix éditoriaux.

Un sujet sanitaire qui questionne les choix éditoriaux

Selon Franceinfo - Santé, les auditeurs ont réagi à la couverture intensive du hantavirus, un virus dont les spécialistes rappellent régulièrement qu’il présente un risque limité pour la population. Emmanuelle Daviet, médiatrice de l’antenne, a reçu Richard Place, directeur de la rédaction de franceinfo, pour éclaircir les raisons de cette médiatisation. « Ce virus est-il vraiment dangereux ? Sa propagation est-elle comparable à celle du Covid ? » : ces questions, initialement posées en interne, ont rapidement émergé dans le débat public, poussant la rédaction à interroger chercheurs et médecins pour évaluer le niveau de risque en temps réel.

La couverture en direct, un impératif journalistique

Pourquoi une présence sur place à Tenerife, alors que les experts soulignent l’absence de danger majeur ? Richard Place justifie ce choix par la mission même du journalisme : « S’approcher au plus près des événements. » Il évoque les difficultés rencontrées pour couvrir des crises comme celle de Gaza ou de l’Iran, où l’accès des journalistes est restreint. « Dès qu’il est possible de se rendre sur les lieux, nous le faisons », a-t-il déclaré. Caroline Félix, reportrice de franceinfo, a ainsi pu témoigner des conditions sanitaires mises en place à l’arrivée du paquebot et des opérations d’évacuation des passagers.

Éviter la dramatisation : un équilibre délicat

Comment informer sans alarmer ? La répétition des informations, inhérente à une chaîne d’information en continu, peut donner l’impression d’une dramatisation. Franceinfo - Santé précise qu’elle s’appuie sur des experts pour « poser la question au mieux placé pour y répondre ». Par exemple, Yazdan Yazdanpanah, directeur du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, a été sollicité pour expliquer l’état des connaissances sur le virus, sa dangerosité et les mesures de prévention à adopter. « Nous lui avons posé les questions que tout le monde se pose », a souligné Richard Place. Cependant, l’impact de ces informations sur l’opinion publique reste difficile à anticiper.

« Dans ces moments-là, la question est d’estimer notre niveau de connaissance, en France et dans le monde, sur ce virus et sur la manière de lutter contre sa propagation. Comment les gens perçoivent ces informations, malheureusement nous ne sommes pas capables de l’anticiper. »
— Richard Place, directeur de la rédaction de franceinfo

Un suivi international pour un virus aux multiples visages

La situation des passagers du paquebot, représentant 23 nationalités, illustre la complexité de ce suivi. Franceinfo - Santé précise que la rédaction s’appuie sur ses 9 correspondants à l’étranger et sur son service « sciences santé environnement » pour obtenir des informations fiables. « Dès que nous parviendrons à obtenir des données sur le sort de ces passagers ou de ces malades, nous les transmettrons à l’antenne », a assuré Richard Place. Cette organisation permet de croiser les sources et d’éviter les informations non vérifiées.

Le poids de la mémoire du Covid dans les choix éditoriaux

La pandémie de Covid-19 a laissé des traces durables dans les rédactions. « Nous avons encore en mémoire les débuts de la crise sanitaire », a rappelé Richard Place. Face à l’émergence du hantavirus, les questions sur sa dangerosité et sa propagation ont émergé aussi bien en interne qu’auprès du public. « On commence à les poser aux chercheurs, et à leur tour, les États concernés et l’OMS s’emparent du sujet », a-t-il expliqué. Cette approche proactive vise à anticiper les interrogations de la société française et à y répondre de manière transparente.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir se préciser l’évolution de la situation sanitaire liée au hantavirus, notamment concernant le suivi des passagers du paquebot. Les autorités sanitaires internationales et françaises devraient publier des bilans réguliers, tandis que les experts continueront d’évaluer les risques de propagation. La rédaction de franceinfo maintient sa couverture, en équilibrant information et vigilance contre toute forme de dramatisation.

Dans leurs messages, certains auditeurs saluent le travail de la rédaction, tandis que d’autres s’interrogent sur la pertinence d’une médiatisation aussi poussée. Franceinfo - Santé indique qu’elle continuera à adapter sa couverture en fonction de l’évolution des connaissances et des recommandations des autorités sanitaires.

Selon les experts interrogés par Franceinfo - Santé, le risque pour la population française reste limité. Le virus se transmet principalement par contact avec les excréments de rongeurs infectés, et non par transmission interhumaine comme le Covid-19. Les cas graves restent rares et concernent surtout des personnes exposées professionnellement.

La rédaction s’appuie sur un réseau de 9 correspondants à l’étranger et sur des experts locaux pour obtenir des informations fiables. Lorsque l’accès est possible, des reporters sont déployés sur place, comme ce fut le cas à Tenerife. En cas d’impossibilité d’accès, les informations sont croisées avec des sources officielles et des organisations internationales.