Un foyer d'hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius, évacué dans l'archipel espagnol des Canaries, a entraîné le placement en quarantaine de plusieurs passagers et membres d'équipage, dont certains ont contracté la maladie. Selon BMF - International, trois passagers sont décédés, dont deux des suites d'une infection confirmée à l'hantavirus, tandis qu'un cas a été identifié en France chez une femme ayant voyagé à bord du navire. Le MV Hondius a quitté les Canaries lundi soir et fait désormais route vers les Pays-Bas, où il devrait accoster dimanche soir.
Ce qu'il faut retenir
- Trois décès sur le MV Hondius, dont deux confirmés comme liés à l'hantavirus, selon BMF - International.
- Un cas confirmé en France chez une femme ayant voyagé à bord du navire, prise en charge à l'hôpital Bichat à Paris.
- 12 membres du personnel d'un hôpital néerlandais placés en quarantaine après des erreurs de procédure dans la prise en charge d'un patient positif.
- Une réunion interministérielle organisée ce mardi à 8h30 à Matignon, suivie d'une seconde réunion dans l'après-midi.
- Le risque épidémique jugé faible par l'OMS, qui exclut une pandémie, selon les déclarations de son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Le MV Hondius en route vers les Pays-Bas après l'évacuation des passagers
Le navire de croisière MV Hondius a quitté lundi soir l'archipel des Canaries après l'évacuation de l'ensemble de ses passagers et d'une partie de son équipage. Selon les informations rapportées par BMF - International, 25 membres d'équipage et deux membres du personnel médical restent à bord, accompagnés du corps d'une passagère allemande décédée des suites de l'hantavirus. Le navire devrait accoster aux Pays-Bas dimanche soir, a indiqué son armateur. Les conditions sanitaires à bord restent sous haute surveillance, alors que les autorités sanitaires tentent de contenir la propagation du virus.
Trois décès et sept cas confirmés, dont un en France
Selon les dernières informations communiquées par BMF - International, trois passagers du MV Hondius sont décédés, dont deux en raison d'une infection confirmée à l'hantavirus. Sept autres cas ont été confirmés depuis le début de l'épidémie à bord du navire, dont une patiente française hospitalisée à l'hôpital Bichat à Paris. Les autorités sanitaires françaises ont commencé à placer en quarantaine les cas contacts identifiés sur le territoire, une mesure renforcée en milieu hospitalier et dont la mise en œuvre a débuté dès hier soir pour certains, et ce matin pour d'autres.
Un hôpital néerlandais en quarantaine après des erreurs de procédure
Douze membres du personnel d'un hôpital néerlandais ont été placés en quarantaine après que des procédures de sécurité n'ont pas été correctement suivies lors de la prise en charge d'un patient positif à l'hantavirus évacué du MV Hondius. L'établissement a précisé dans un communiqué que cette mesure, bien que préventive, s'appliquerait pendant six semaines. « En raison de ces circonstances, 12 employés vont être placés en quarantaine pendant six semaines à titre de précaution, même si le risque d'infection est faible », a indiqué l'hôpital, selon BMF - International.
L'OMS minimise le risque de pandémie et appelle au calme
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tenu à rassurer la population française sur la situation. Au micro de BFMTV, il a déclaré : « Je souhaite que les citoyens français ne s'inquiètent pas de cette situation. Le risque est faible et nous ne prévoyons pas de pandémie. Le danger pour la population est également faible, c’est ce que nous avons toujours dit et c’est ce que montrent nos analyses. Je souhaite que les Français le comprennent, le risque pour eux est faible, je le répète. » Ces propos visent à éviter toute panique alors que les mesures de précaution se multiplient en Europe.
« Le risque est faible et nous ne prévoyons pas de pandémie. Le danger pour la population est également faible, c’est ce que nous avons toujours dit et c’est ce que montrent nos analyses. Je souhaite que les Français le comprennent, le risque pour eux est faible, je le répète. »
— Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS
Comparaison avec le Covid-19 : des différences majeures
Le docteur Aurel Guedj, chroniqueur santé de BFMTV, a expliqué que l'hantavirus présente des caractéristiques très différentes de celles du Covid-19. La période d'incubation de l'hantavirus varie entre une et six semaines, contre deux à quatorze jours pour le Covid-19. De plus, le Covid-19 est bien plus transmissible, car il se propage par voie aérienne, tandis que l'hantavirus nécessite un contact étroit et prolongé avec une personne infectée. Enfin, le taux de mortalité de l'hantavirus s'élève à environ 30 %, selon les dernières études disponibles, contre un taux bien inférieur pour le Covid-19. Autant dire que les deux virus ne présentent pas les mêmes enjeux sanitaires.
Une réunion interministérielle à Matignon pour coordonner la réponse
Face à cette situation, le gouvernement français a organisé une première réunion interministérielle ce mardi à 8h30 à Matignon. Une seconde réunion est prévue dans l'après-midi afin d'évaluer les mesures à mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus et assurer le suivi des cas contacts. Ces réunions s'inscrivent dans une logique de coordination entre les différents ministères concernés, notamment la Santé, les Affaires étrangères et les Transports. L'objectif est de garantir une réponse rapide et efficace, tout en évitant toute propagation incontrôlée.
Alors que l'OMS continue de minimiser le risque de pandémie, les autorités sanitaires restent en alerte maximale pour éviter toute propagation supplémentaire. La situation reste sous étroite surveillance, et de nouvelles annonces pourraient intervenir dans les prochaines heures ou les prochains jours.
L'hantavirus est une maladie virale rare qui se transmet principalement par inhalation de particules infectieuses présentes dans les déjections (urine, salive, excréments) de rongeurs infectés. Contrairement au Covid-19, il ne se propage pas par voie aérienne et nécessite un contact étroit avec une personne ou un animal infecté. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires, pouvant évoluer vers une forme sévère de la maladie.