Alors que le Sénégal fait face à une dette publique en forte hausse, des économistes et experts africains et asiatiques se sont retrouvés hier à Dakar pour échanger sur des solutions concrètes. Selon RFI, cette rencontre, organisée lundi 11 mai 2026, s’inscrit dans un contexte où la soutenabilité de la dette du pays est plus que jamais au cœur des débats. L’objectif affiché : proposer des pistes pour sortir de la crise financière inédite qui touche le pays, en s’appuyant sur des alternatives aux politiques d’austérité portées par les institutions financières internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Une rencontre d’économistes et d’experts d’Afrique et d’Asie s’est tenue à Dakar lundi 11 mai 2026.
- Le Sénégal fait face à une dette publique vertigineuse, dont la soutenabilité est remise en cause.
- Les participants cherchent des alternatives aux politiques d’austérité promues par le FMI et la Banque mondiale.
- Le Premier ministre Ousmane Sonko doit assister mardi 12 mai 2026 à une conférence liée à ces échanges.
Un forum pour repenser la gestion de la dette publique
La réunion de lundi s’est tenue en prélude à une conférence plus large, prévue ce mardi 12 mai, à laquelle participera le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko. Comme le rapporte RFI, l’enjeu est de taille : trouver des solutions viables pour réduire l’endettement du pays sans recourir systématiquement aux mesures d’austérité exigées par les institutions internationales. Ces dernières, comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale, sont souvent pointées du doigt pour leurs plans d’ajustement structurel, accusés d’aggraver les inégalités sociales.
Les experts présents lors de ce forum ont échangé sur des mécanismes de financement alternatifs, tels que des partenariats public-privé ou des mécanismes de dette souveraine innovants. L’idée n’est pas seulement de réduire le poids de la dette, mais aussi de réorienter les dépenses publiques vers des secteurs porteurs de croissance, comme l’éducation ou les infrastructures.
La soutenabilité de la dette, un débat brûlant au Sénégal
Le Sénégal n’est pas le seul pays africain confronté à une dette publique élevée, mais la situation y est particulièrement préoccupante. Selon les dernières estimations, la dette publique sénégalaise aurait atteint plus de 100 % du PIB en 2025, un niveau jugé insoutenable par de nombreux économistes. D’après RFI, ce chiffre place le pays dans une situation de vulnérabilité accrue, notamment en cas de choc économique ou de remontée des taux d’intérêt.
Les participants au forum ont souligné l’urgence de trouver un équilibre entre remboursement de la dette et investissements dans des secteurs stratégiques. Certains ont plaidé pour une renégociation des dettes existantes, tandis que d’autres ont proposé des mécanismes de conversion de dette en investissements locaux, notamment dans les énergies renouvelables ou l’agriculture durable.
« Les politiques d’austérité ne sont plus une option viable. Il faut imaginer des solutions qui préservent à la fois la stabilité macroéconomique et le bien-être des populations. »
— Un économiste participant au forum, cité par RFI
Quel rôle pour les institutions financières internationales ?
Le forum de Dakar s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des recettes imposées par le FMI et la Banque mondiale. Ces dernières années, plusieurs pays africains ont dénoncé les conditions attachées aux prêts accordés, jugées trop rigides et souvent défavorables à leur développement. Comme le révèle RFI, certains experts présents à la réunion ont proposé de réformer les mécanismes de prêt pour les rendre plus adaptés aux réalités locales.
La conférence de mardi, à laquelle participera le Premier ministre Ousmane Sonko, pourrait être l’occasion d’officialiser certaines propositions. Parmi les pistes évoquées, on trouve la création d’un fonds souverain dédié au financement des infrastructures ou encore la mise en place de partenariats avec des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde, pour diversifier les sources de financement.
Cette réunion s’ajoute à une série d’initiatives régionales visant à repenser la gestion de la dette en Afrique. D’autres pays, comme le Ghana ou le Kenya, ont également lancé des réflexions similaires ces derniers mois. Autant dire que la question de la dette publique africaine pourrait s’imposer comme un enjeu central des prochains sommets économiques internationaux.